Vers une lutte prolongée

Vers une lutte prolongée

La journée de mobilisation d’hier a vu le déploiement impressionnant des forces de répression. Même les effectifs en repos ont été rappelés pour tenter de briser le mouvement. Des centaines d’arrestations ont été effectuées avant même le début des manifs. Des arrestations ciblant tout potentiel « casseurs ». En fin de journée, on comptait près de 1939 arrestations dont 1700 gardes à vue ! Ces nombres énormes soulignent l’importance donnée au mouvement par l’Etat, qui a dû déployer des efforts logistiques importants. Rien que sur Paris, le nombre de gardes à vue n’aurait pas pu être pris en charge par les commissariats d’arrondissement, il y a donc nécessairement eu un recours aux commissariats de banlieue ce qui représente une forte débauche de moyens. A Paris, Bordeaux et Marseille, des véhicules blindés étaient mobilisés. Sur la capitale seulement, il y avait déjà 8000 forces de répression (89 000 sur l’ensemble du territoire).

Il aura fallu ça pour que le niveau de violence à Paris soit “moins important” que celui du 1er décembre. La différence principale pour l’Etat, c’est l’absence d’attaque symbolique, comme les images de l’Arc de Triomphe la semaine dernière. Et pourtant, tout ne s’est pas passé comme prévu pour le gouvernement. Plus étalés dans les beaux quartiers qu’il y a une semaine, les dégâts sont plus importants dans la capitale selon la mairie de Paris. Dans de nombreuses villes, la colère s’est une nouvelle fois exprimée et les affrontements ont été encore plus violents que la semaine dernière comme à Toulouse, Saint Etienne et Bordeaux notamment. Au Puy, « capitale » du sinistre Laurent Wauquiez, artisan des rapprochements pour un front électoral alliant l’aile droite de LR, le Rassemblement National (ex-FN) ou des forces plus réduites comme les Patriotes (Philippot ex-FN), la contestation n’a pas baissé de ton et la préfecture a de nouveau été attaquée.

Mais de manière générale, on peut en effet dire que la violence des manifestations a été plus contrôlée, car plus attendue. Celle de l’État en revanche a été encore plus grande avec ce déploiement de forces inédit. Et c’est ainsi que le gouvernement se satisfait des appels au calme, nous raconte qu’il s’agit d’un « coup d’arrêt de la violence ». Mais c’est se fourrer le doigt dans l’oeil ! C’est encore une fois la preuve d’un énorme mépris et d’une grande arrogance ! Que va faire le gouvernement ? Remettre l’ISF ? Augmenter le SMIC et le RSA ? Assurer une meilleure assurance chômage ? Augmenter les retraites de nos anciens ? Evidemment que non ! Il pense avoir gagné la bataille de la violence, et par là, avoir gagné la bataille politique.

D’une certaine façon, c’est vrai que l’Etat bourgeois a pour l’instant gagné la bataille de la violence, puisqu’il l’exerce dans chaque instant de nos vies : quand on se lève le matin avec un corps douloureux à cause du boulot qui nous détruit la santé ; quand on n’est pas embauché parce qu’on n’habite pas le bon quartier et/ou qu’on a pas la « bonne » couleur de peau ; quand on nous cantonne à des tâches de second ordre et qu’on est moins bien payée parce qu’on est une femme ; quand on hésite entre acheter des cadeaux pour les enfants ou partir en vacances parce qu’on sait qu’on ne pourra pas faire les deux voire aucun des deux ; quand la voiture ne passe pas le contrôle technique mais qu’on doit quand même rouler avec parce que sinon on perd le taf ; quand on se fait licencier et qu’on touche que dalle en indemnités et qu’on sait de toute façon que ça va vraiment être dur de retrouver du boulot ; quand on perd l’usage d’une main, d’un pied, ou pire parce qu’on a un accident du travail ; quand on est expulsé du logement parce qu’on a accumulé les crasses et qu’on arrive plus à sortir la tête de l’eau ; quand avant la fin du mois, on creuse juste notre découvert ; quand on voit les suicides autour de nous parce que les gens ne peuvent plus faire face ; quand on doit passer notre vie à travailler et baisser la tête pendant que d’autres se gavent sur notre dos… Ça c’est la violence, la vraie violence qu’on subit tous les jours et dont l’État et le gouvernement sont responsables parce qu’ils protègent et entretiennent ce système d’humiliation, d’oppression et d’exploitation.

Concernant la violence de la rue, la violence des masses populaires, c’est un tout autre sujet. La violence populaire est légitime. Elle est même nécessaire pour peu qu’on veuille réellement « changer les choses ». Elle l’est encore plus si on veut la révolution. Et par révolution, il ne s’agit pas de changement de gouvernement. Ça n’est pas ça une révolution. Une révolution c’est quand une classe chasse une autre classe du pouvoir. C’est ce qu’il s’est passé en 1789 quand la bourgeoisie a chassé la noblesse du pouvoir avec l’aide de la paysannerie et du prolétariat embryonnaire. C’est ce qu’il s’est passé en 1871 -la Commune de Paris-, en 1917 –la Révolution russe, en 1949 –la Révolution chinoise, quand le prolétariat a chassé la bourgeoisie du pouvoir. Et la révolution aujourd’hui, c’est forcément le prolétariat qui chasse du pouvoir la bourgeoisie. Sinon, on ne parlerait pas de révolution. Regardons les révoltes des pays arabes qui étaient décrites comme des révolutions par la plupart des « observateurs ». Soit l’impérialisme est intervenu directement et alors ça a été la guerre totale (Libye, Syrie), soit au final, le système s’en est bien remis et il y a eu juste un changement de têtes (et encore…).

Nous ne pouvons donc pas nous contenter d’une « révolution citoyenne », d’une « 6ème République » ou d’un autre objectif sans intérêt pour qui veut réellement transformer la société profondément. Transformer le monde c’est faire en sorte que tout le monde puisse vivre de son travail selon ses possibilités et que ce soit la classe ouvrière, celle qui produit toutes les richesses, qui soit au pouvoir. Nous devons clairement montrer que la seule voie est la révolution prolétarienne. C’est la seule révolution possible qui donne la démocratie aux masses populaires -l’ensemble des travailleurs et travailleuses incluant celles et ceux privés d’emploi, la petite paysannerie, les petits commerçants et petits artisans. C’est la seule qui impose sa volonté par tous les moyens aux dirigeants d’aujourd’hui -les rentiers et actionnaires, le patronat, les grands propriétaires terriens et immobiliers, la caste des hauts fonctionnaires administrant l’Etat bourgeois.

Et cette lutte, elle est forcément prolongée. On l’a vu ce week-end, l’ennemi est puissant et ne lâchera pas tout seul, juste parce qu’on le lui demande. Il choisit le terrain, il filtre les forces, il nous oriente vers l’échec et l’épuisement pour la démobilisation. Il ne comprend que le langage du rapport de force. Et si nous voulons gagner, alors il faut s’en donner les moyens. Ce n’est pas avec les marches pacifiques qu’on y arrivera. Si c’était le cas, ça aurait déjà eu lieu vu le nombre de ce genre de manifs qu’ont déjà fait les syndicats et autres associations. La seule voie est celle de la violence révolutionnaire de masse engagée sur une longue durée : la guerre populaire prolongée. Et les expériences révolutionnaires passées l’ont démontré, un tel processus n’est possible qu’avec les trois instruments de la révolution : le Parti, la Force Combattante et le Front. Voilà notre voie, notre engagement quotidien, notre priorité de développement. Notre méthode, c’est de construire les 3 instruments dans le feu de la lutte des classes, en lien étroit avec les masses.

Nous continuerons donc de nous investir pleinement dans le mouvement des Gilets Jaunes avec cet objectif : GAGNER !

Tout le pouvoir à la classe ouvrière !
Vive les luttes des masses populaires !
A bas l’impérialisme, stade suprême du capitalisme !
On a raison de se révolter !
Oser lutter, oser vaincre !

Avec les masses partout et toujours ! Samedi journée de lutte partout dans le pays !

 

Le 1er décembre, le mouvement des Gilets Jaunes a franchi un palier avec une confrontation de plus en plus forte avec l’Etat bourgeois et sa police. Toute la semaine, le mouvement des jeunes a alimenté la mobilisation, avec des centaines d’arrestations dont l’infâme humiliation violente de lycéens mis à genoux par les flics à Mantes-le-Jolie. Ce samedi, une journée de lutte nationale est annoncée.

D’un mouvement cyber, on est passé à un large mouvement de masse constituant une force réelle. Alors que beaucoup de militants syndicalistes et politiques professionnels se désolaient de la « passivité » des masses, la vérité éclate : les masses se révoltent ! Ces professionnels, rentiers du syndicalisme et/ou de la politique, ces défaitistes professionnels, chargés de canaliser les luttes, ont d’abord été jaloux de cette mobilisation. Ensuite, ils ont tenté de faire croire que le mouvement des gilets jaunes était dirigé par l’extrême droite. Enfin, ils se rappliquent et cherchent à en tirer les bénéfices sans la moindre honte. Pour preuve, syndicats et partis politiques sont prêts à aller discuter avec le premier ministre, alors qu’ils n’ont rien fait pour mobiliser.

Les masses ne sont pas dupes et s’en souviendront. Mais ce qui est le plus important, c’est qu’on assiste à la fin de cette idée qu’il est impossible de bouger, qu’on ne peut rien faire. Maintenant, les spectateurs, les partisans de la théorie du complot, espérant l’échec de toute initiative pour justifier leur lâcheté, se cachent.

De larges masses prennent part à la lutte, des gens qui apprennent en quelques semaines ce qu’il a fallu des années pour synthétiser. Qu’il faut oser lutter pour pouvoir vaincre, qu’il faut combattre la répression de l’Etat par tous les moyens si l’on veut gagner. Elles expérimentent et renouent avec différentes formes de lutte et s’aguerrissent en surmontant leurs erreurs. Quelles que soient leurs revendications, les masses savent que c’est en bloquant l’économie qu’elles auront une chance d’être entendues. Les masses se sont dès le départ attaquées à ce qui les opprime le plus directement et ont par exemple généralisé la destruction des radars, les blocages de centre commerciaux ou les attaques des centres publics.

Aujourd’hui, d’autres ennemis se dévoilent à leurs yeux. C’est le cas des flics et des juges, qui empêchent de manifester, tabassent et répriment à tour de bras.
C’est le cas des patrons qui appellent les flics pour faire débloquer leurs entreprises, dépôts ou les routes.

D’un autre côté, les réformistes et les politiciens demandent le départ de l’un ou l’autre ministre, voire du président pour les plus « radicaux ». Certains réclament des élections et cherchent à prendre les places de leurs anciens amis alors que c’est de système économique qu’il faut changer pour qu’enfin les richesses aillent aux travailleurs et travailleuses qui les produisent.

Le système vacille. Seulement, pour vaincre, pour balayer ce système, il nous faut une organisation forte, cohérente et lucide : le parti communiste !

Même si notre implication dans le mouvement est totale, nous savons aussi que cette bataille contre la bourgeoisie n’est qu’une partie de la guerre contre le capitalisme, qu’il y aura bien d’autres batailles à mener. Nous renforcer dans cette lutte, qui forge notre Parti, c’est renforcer le camp de la révolution pour pouvoir enfin gagner !

Si tu as compris qu’on ne peut pas vaincre pacifiquement
Si tu veux relever durablement la tête,
Si tu veux vraiment changer les choses,
Rejoins-nous !

Résolutions de la IIIème Rencontre des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes-Maoïstes d’Europe

Notre Parti a participé à la IIIème Rencontre des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes-Maoïstes d’Europe. Nous y avons lutté pour l’unité des communistes du continent et du monde entier. Voilà les trois résolutions prises à cette rencontre.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Résolution de la IIIème Rencontre des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes en Europe
IIIème Rencontre des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes en Europe

Nous, partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes, avons tenu notre IIIème Réunion, continuant sur la trajectoire des Ière et IInde Réunions, préparées à l’initiative de la Vème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes d’Amérique latine. La conclusion réussie de la IIIème Réunion marque une nouvelle étape dans le processus en cours d’unité par le débat théorique et la pratique commune. Sur la base du marxisme-léninisme-maoïsme, principalement le maoïsme dans notre lutte pour l’unité idéologique en cours, toujours implacablement liée à la lutte contre le révisionnisme, nous intensifierons nos efforts au service de la révolution prolétarienne mondiale.

Sur la base de ces principes, l’unité entre les Partis et les organisations participantes a été renforcée et nous nous engageons à lutter pour inclure tous les Partis et organisations du continent désireuses de s’unir à nous. Nous adressons nos salutations en particulier aux Partis et organisations d’autres pays qui, bien qu’invités, n’ont pas pu participer en raison de problèmes spécifiques. Nous saluons les engagements pris dans leurs déclarations et nous continuons à lutter pour les inclure avec les autres forces communistes de tout le continent dans nos efforts communs.

Nous adressons également nos salutations les plus sincères aux partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes des centres de la tempête de la révolution prolétarienne dans les pays opprimés et en particulier à ceux qui sont au premier plan des luttes. Les guerres populaires au Pérou, en Inde, en Turquie et aux Philippines sont une source d’inspiration et renforcent notre détermination révolutionnaire. Notre position est claire et tout le monde doit savoir que nous voyons ces guerres populaires comme notre propre lutte. Par conséquent, toute attaque à leur encontre est rejetée catégoriquement comme une attaque contre le cœur même de notre engagement révolutionnaire. Nous refusons toute position capitulationniste d'”Accords de Paix”, toute liquidation de la lutte armée ou autre collaboration avec l’impérialisme, le révisionnisme et la réaction. Dans le cas de la guerre populaire en Turquie, en raison de sinistres événements récents, nous estimons qu’il est essentiel de souligner que c’est un principe fondamental pour tout parti, organisation, mouvement ou individu communiste, révolutionnaire et même soutien des révolutionnaires, qu’il est impossible de collaborer avec l’ancien État afin d’attaquer des forces au sein des rangs des masses populaires, que ce soit dans les pays impérialistes ou semi-coloniaux semi-féodaux. Le faire est un crime et nous condamnons donc fermement ceux qui ont dénoncé nos camarades turcs à la police et à d’autres responsables de l’État, et demandons le retrait immédiat de ces accusations. Nous soutenons fermement la lutte des forces révolutionnaires en Turquie.

Nous voyons très clairement comment les communistes dans le monde progressent avec audace et rapidité, que ce soit les partis menant la guerre populaire ou ceux qui luttent pour constituer ou reconstituer leurs partis en vue de déclencher la guerre populaire. Le maoïsme avance de plus en plus en direction de la nouvelle grande vague de la révolution prolétarienne mondiale. Il y a un besoin criant d’intensifier cette impulsion et de développer les efforts en cours pour unir les communistes du monde. Nous nous engageons fermement à lutter pour la Conférence maoïste internationale unifiée et à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer à son succès.

Unissons-nous sous le maoïsme!

Victoire aux guerres populaires!

En avant dans la lutte pour la reconstitution des partis communistes!

En avant à la Conférence internationale maoïste unifiée!

Novembre 2018

Signataires:
Parti communiste maoïste
Tjen Folket – Ligue Communiste, Norvège
Collectif Drapeau Rouge, Finlande
Comités pour la fondation du parti communiste (maoïste), Autriche
Comité Drapeau Rouge – RFA
Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste
Mouvement Populaire Pérou (Comité de réorganisation)

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Résolution pour défendre les prisonniers politiques révolutionnaires et prisonniers de guerre et tous ceux qui ont disparu à cause de la réaction
IIIème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes en Europe

Nous, les Partis et les organisations participant à la IIIème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes prenons fermement position en faveur des prisonniers politiques révolutionnaires et des prisonniers de guerre du monde entier et nous leur adressons nos salutations les plus chaleureuses. En défendant notre position de classe, leur détermination à ne pas succomber à la trahison et leur attitude indéfectible dans les luttes qui les ont menés à la merci de l’ennemi sont une véritable inspiration pour les révolutionnaires du monde entier.

Ceux qui combattent l’impérialisme aux côtés des exploités et des opprimés deviennent nécessairement des cibles de persécution pour les forces contre-révolutionnaires. Par tous les moyens possibles, la réaction tente de soumettre toutes les formes de lutte révolutionnaire. À travers l’emprisonnement, les disparitions forcées, la torture, les menaces ou le déni des droits fondamentaux, la réaction s’efforce de briser ou de tuer les révolutionnaires et de les enfermer dans ses prisons.

Dans le monde entier, nous pouvons voir des exemples de camarades qui mettent en danger leur liberté et leur santé pour lutter contre l’exploitation et l’oppression. En Norvège comme en France, nous voyons comment de jeunes antifascistes sont poursuivis et persécutés pour leur lutte sans relâche contre le fascisme. Aux États-Unis, les révolutionnaires qui émergent sont couverts de nombreuses accusations, car l’État espère les décourager d’aller de l’avant. Au Mexique, de fausses accusations motivées par des raisons politiques sont inventées pour enfermer les dirigeants et les militants populaires qui ont consacré leur vie au service des populations, comme le Dr Ernesto Sernas García, disparaissant sans laisser de trace, par la pratique commune des disparitions forcées. Dans la célèbre affaire des 23 au Brésil, l’État s’efforce, avec des accusations fabriquées de toutes pièces, de faire un exemple de 23 jeunes manifestants, activistes et révolutionnaires accusés au nom de toute la jeunesse rebelle et combative face aux difficultés imposées aux Brésiliens pour le service de l’impérialisme. En défendant les camarades révolutionnaires attaqués par la réaction, nous voulons également exprimer notre dégoût envers tous ceux qui utilisent la “solidarité”, en particulier avec les 23, pour semer la confusion dans le Mouvement communiste international et le Mouvement populaire afin de masquer leur propre capitulation. Le gouvernement turc, réputé pour ses massacres de révolutionnaires emprisonnés, en collaboration avec l’État allemand, va jusqu’à traquer et persécuter des militants démocrates et révolutionnaires même à l’étranger, comme l’a encore montré l’emprisonnement des dix révolutionnaires de 2015. Aux Philippines, l’ancien État pourri utilise la loi martiale pour détenir et tuer illégalement des activistes des droits démocratiques et des dirigeants révolutionnaires du peuple Lumad. Le cas du professeur indien GN Saibaba est synonyme des crimes commis par la réaction sur tous ceux qui sont emprisonnés dans des cellules pour leur travail démocratique dans cette prison des peuples. Des militants communistes comme le camarade Ajith sont traqués et, si laissés en vie, enfermés par un système judiciaire cynique, où une fois que chaque peine a été purgée, de nouveaux chefs d’accusations sont immédiatement assénés sur les personnes libérées afin de les empêcher à jamais de quitter la prison, jusqu’à ce que les maladies accumulées de force les condamnent à mourir dans un lit d’hôpital gardé par l’armée.

Et bien que l’État, avec toutes ses forces, essaie de faire plier ces camarades et de passer un marché avec ces révolutionnaires, ils restent fermes pour leurs convictions et ne succombent pas face à des accords avec ces institutions. L’exemple le plus frappant de cette position héroïque est celui de la base navale de Callao, où le président Gonzalo, dirigeant du Parti communiste du Pérou, est actuellement emprisonné depuis plus de 20 ans sans rompre, mais en persistant dans l’isolation à transformer sa cellule de haute sécurité sous terre en le plus éclatant front de combat.

La lutte à l’extérieur et à l’intérieur des prisons face à la réaction n’est pas vaine, mais se manifeste et se répercute au cœur de nos luttes. Nous estimons qu’il est de notre devoir de maintenir leurs sacrifices, de nous battre pour leur libération et de protéger leurs vies en défendant, en popularisant et en participant à leurs justes luttes, afin qu’ils puissent être accueillis dès que possible dans les bras de leurs familles, amis et camarades et puissent rejoindre à nouveau les rangs de la révolution.

Novembre 2018

Signataires:
Parti communiste maoïste
Tjen Folket – Ligue Communiste, Norvège
Collectif Drapeau Rouge, Finlande
Comités pour la fondation du parti communiste (maoïste), Autriche
Comité Drapeau Rouge – RFA
Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste
Mouvement Populaire Pérou (Comité de réorganisation)

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Résolution de solidarité de classe avec les guerres populaires à travers le monde

IIIème Réunion des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes en Europe

Les partis et organisations du IIIème meeting adressent leurs salutations communistes les plus chaleureuses aux partis communistes du monde entier qui mènent une guerre populaire pour la révolution de Nouvelle Démocratie dans leurs pays respectifs au service de la révolution prolétarienne, ainsi qu’à tous les combattants et les masses qu’ils dirigent. Dans les guerres populaires au Pérou, en Inde, en Turquie et aux Philippines, les camarades sont au cœur de la lutte pour faire disparaître l’impérialisme de la surface de la terre, osant se battre et payant le prix avec leur sang précieux. Leur détermination inébranlable à réaliser, avec le principe et la forme la plus développée de la lutte des classes qu’est la guerre populaire, la révolution de Nouvelle Démocratie, la progression sans interruption de la révolution socialiste, pour avancer ensuite vers le communisme par le biais de multiples révolutions culturelles, est un phare pour le prolétariat international et les peuples du monde.

Au milieu de la nouvelle incarnation du marxisme-léninisme-maoïsme au sein du prolétariat international et de la montée de nouvelles organisations et de nouveaux partis qui se manifestent dans le cadre de la nouvelle grande vague de la révolution prolétarienne mondiale, les Partis communistes à la tête de la guerre populaire jouent un rôle de premier plan, en particulier ceux des nations opprimées qui sont les centres de la tempête de la révolution prolétarienne mondiale. Une victoire dans l’une de ces guerres populaires fera pencher la balance encore plus en faveur de la révolution et aura de grandes répercussions sur l’équilibre entre révolution et contre-révolution à l’échelle mondiale.

Chaque action, chaque pas en avant vers le nouveau pouvoir et chaque coup porté contre la réaction nous permettent de nous réjouir; chaque camarade tombé au combat nous remplit avec plus de détermination à travailler et à lutter plus fort pour accélérer la chute de l’impérialisme. Depuis l’Europe, nous nous engageons à intensifier nos efforts pour les soutenir de toutes les manières nécessaires pour que les guerres populaires soient victorieuses, et nous redoublerons d’efforts pour faciliter le développement des guerres populaires dans chaque pays.

Vive les guerres populaires dans le monde!

Novembre 2018

Signataires:
Parti communiste maoïste
Tjen Folket – Ligue Communiste, Norvège
Collectif Drapeau Rouge, Finlande
Comités pour la fondation du parti communiste (maoïste), Autriche
Comité Drapeau Rouge – RFA
Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste
Mouvement Populaire Pérou (Comité de réorganisation)

A notre Camarade Pierre

A notre Camarade Pierre

Voilà un an que notre Camarade Pierre est parti. Et sa présence à nos côtés nous fait défaut, c’est certain. Il aurait été là au sein des Gilets Jaunes, lui qui avait une foi totale dans le pouvoir des masses. Il aurait été sur les blocages et au cœur même de la révolte car malgré son âge avancé, rien ne lui faisait peur. Il aurait dit « les gaz lacrymos, ça pique un peu au début mais on s’habitue vite ! ». Il aurait soutenu sans faille la juste révolte en cours. Il aurait couru de manif en manif, de blocages en blocages. Il aurait combattu ouvertement, « devant les masses » comme il disait, les éléments réactionnaires présents dans le mouvement. Lui qui s’était politisé avec mai 68, il aurait été fier de voir cette révolte de la classe laborieuse 50 ans plus tard.

Les jeunes Camarades qui n’ont pas -ou trop peu- connu notre Camarade Pierre doivent s’inspirer de l’énergie qu’il nous a transmis. Un engagement sans faille et permanent au coeur de la lutte des classes et en lien étroit avec les masses. Une confiance absolue dans les masses populaires pour reconnaître leurs amis et combattre leurs ennemis. Notre Camarade Pierre avait foi dans la capacité des masses à se révolter, d’apprendre en très peu de temps les rouages de la lutte des classes, comme cela s’est produit autour de lui à de nombreuses reprises.

Cet engagement personnel et cette confiance dans les masses ne viennent pas de nulle part. Cela découle de l’idéologie que notre Camarade Pierre avait fait sienne : le marxisme-léninisme-maoïsme. C’est à dire l’idéologie de la classe ouvrière à travers le monde, l’idéologie du prolétariat international. Toute sa vie il a cherché la voie juste, cherchant à approfondir sa connaissance de l’idéologie, non seulement en étudiant la théorie mais surtout en la mettant à l’épreuve de la pratique ; au travers d’un long chemin tentant inlassablement de regrouper autour de lui de nouveaux et nouvelles Camarades sur une ligne juste, la ligne de la reconstruction d’un Parti Communiste authentique, un Parti Communiste maoïste.

Ce faisant, il a nagé toute sa vie à contre-courant, a affronté les réactionnaires, a participé au niveau international à la reconstruction du mouvement, a organisé des jeunes malgré la grande différence d’âge, leur montrant la voie en allant là où la classe ouvrière vit, travaille et lutte : sur les piquets de grève, les occupations d’usine, au cœur même de la révolte des banlieues de 2005, sur les marchés des quartiers populaires, dans les foyers de jeunes travailleurs, dans les foyers de travailleurs immigrés, dans les logements occupés,…

Partout, dans toutes les rencontres, il appuyait la nécessité d’édifier un Parti Communiste authentique, un Parti Communiste maoïste, se développant dans le feu de la lutte des classes, préparant la Guerre Populaire, processus prolongé devant mener à la victoire de la classe ouvrière et des masses populaires sur la bourgeoisie impérialiste. Aux Camarades internationaux qu’il rencontrait, il répétait avec détermination : “Construisez le Parti !”.

Aujourd’hui, dans la révolte des Gilets Jaunes, il aurait été le premier à aller clamer la nécessité du Parti pour que cette révolte se transforme en révolution. Et évidemment il aurait eu raison.

Malgré sa cruelle absence, cette tâche est portée par ce qu’il appelait « la relève ». Oui Camarade Pierre, chaque Camarade du Parti a bien conscience de la nécessité de continuer le combat de toute une vie : affirmer dans la théorie et dans la pratique la nécessité du Parti Communiste d’aujourd’hui, le Parti Communiste maoïste, « ne pas mettre le drapeau dans la poche » comme tu disais. Quelles que soient les circonstances, quelle que soit l’adversité, il n’y a qu’une voie à la libération de notre classe -et par conséquent de l’humanité toute entière- la révolution prolétarienne. Nous assumons donc notre rôle, dans la révolte des Gilets Jaunes en cours bien sûr, mais également dans sa continuité, qui prendra nécessairement bien d’autres formes.

Camarade Pierre, présent !

Continuons l’édification du Parti Communiste maoïste dans le feu de la lutte des classes en lien étroit avec les masses !

Vive le marxisme-léninisme-maoïsme, l’idéologie qui guide notre action au quotidien !

Sur la révolte des gilets jaunes

Ce qui s’est passé aujourd’hui a eu, a et aura un grand impact sur la pratique des mouvements de masse dans l’État français. Aujourd’hui, c’est la colère de l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui a éclaté, en prenant pour cible les lieux de pouvoir centraux, concentrés dans quelques arrondissements à Paris et incarnés par les préfectures dans les régions.

Le gouvernement, au travers de la porte parole de la préfecture de police de Paris, a été obligé de reconnaître que les masses de gilets jaunes étaient solidaires de ce qu’ils appellent les « casseurs ». Et nous l’avons vu également dans tant d’endroits. Les gens comprennent la colère et la violence des masses contre ce système injuste. Qu’est ce qu’on peut bien en avoir à faire qu’une Porsche brûle à part se réjouir de penser au grand patron qui voit son joujou partir en flammes ? Qu’est ce qu’on peut bien en avoir à faire des incendies dans ces quartiers où se concentrent tous les exploiteurs et oppresseurs en tout genre à part se dire que c’est enfin dans leur sale quartier de riches que ça se passe ?

Aujourd’hui, ce sont les larges masses qui se sont révoltées et pas « l’ultra droite » comme aimerait nous faire croire le gouvernement en se servant d’eux comme des épouvantails. Bien sûr, les fascistes étaient là, essayant de tirer leur épingle du jeu. Mais ce que l’on voit sur le terrain c’est qu’ils sont ultra-minoritaires, qu’ils se font dégager des blocages, que certains de leurs drapeaux ont aussi brûlé aujourd’hui et que là où ils sont le plus « implantés », le mouvement a une dynamique beaucoup moins importante qu’ailleurs. Alors arrêtons de leur donner plus d’importance qu’ils n’en n’ont réellement. A nous de faire le ménage où ils se trouvent et de les dévoiler aux yeux des masses pour ce qu’ils sont : des garants du système d’exploitation capitaliste, pour la plupart fils et filles de bourgeois.

La révolte d’aujourd’hui s’est caractérisée par un fort sentiment anti-bourgeois et anti-flic ; les deuxièmes étant les chiens de garde des premiers, on comprend bien qu’on ne peut lutter contre les uns sans lutter contre les autres. A Paris, c’était très mélangé avec des jeunes, des vieux, des gens venus de loin, et une forte présence des villes de banlieue. A noter que le Collectif Justice et Vérité pour Adama faisait également partie des gilets jaunes. Dans les régions, il y a eu beaucoup de jonctions avec des cortèges qui ont fusionnés : CGT, lycées, paysannerie, tout le monde uni sous le gilet jaune et rouge.

De nombreux affrontements ont eu lieu avec une liste non exhaustive : Avignon, Charleville-Mézières, Dijon, Le Puy-en-Velay, Marseille, Nantes, Narbonne, Tarbes, Toulouse, Tours. Plusieurs voitures de police ont brûlé, des banques, des véhicules et boutiques de luxe, plusieurs préfectures ont été attaquées, un fusil d’assaut a été volé aux flics et la préfecture du Puy-en-Velay a été incendiée ! Nous comptons dans nos rangs de nombreux blessés dont un très grave à Paris, et un jeune avec la main partiellement arrachée à Tours. Il y a également 300 arrestations environ et il y a tout à parier que la répression sera sévère. Mais ces tactiques ont porté leurs fruits car selon le gouvernement, c’est la quasi totalité des effectifs de police qui étaient mobilisés aujourd’hui partout en France.

Les masses font leur apprentissage de la violence en la pratiquant. Quelques semaines de mobilisation ont suffit pour comprendre l’antagonisme qu’il peut y avoir entre les masses en lutte et les forces de répression. Les discours « la police avec nous » ne prennent plus aussi bien qu’avant. Nous devons donc continuer notre travail patient d’organisation et de conscientisation au coeur de la lutte de classe et en lien étroit avec les masses. Chaque jour sur les blocages forge pour la lutte, chaque révolte prépare au prochain combat, chaque échange tisse la solidarité de classe.

Les blocages et actions du mouvement de révolte sont des lieux où se concentrent les plus éléments les plus déterminés. Et on voit bien qu’il s’agit ultra majoritairement de la classe ouvrière. Un exemple est le blocage d’un rond point à Rouen où les ouvriers de Renault se sont impliqués, ainsi que les gens du quartier populaire d’à côté. Là, deux fascistes se sont fait virer. Là, les flics ne sont plus les bienvenus. Voilà ce qu’est aujourd’hui cette lutte. C’est la classe ouvrière qui n’en peut plus que tout le système repose sur son dos et qu’elle n’en récolte même plus les miettes.

Nous continuerons évidemment d’être aux côtés des masses en lutte, car la révolte ne fait que commencer et pour qu’elle aboutisse, il nous faut l’organiser de manière prolongée et la faire passer à la révolution. C’est un long chemin, qui prendra des formes multiples et qui sera semé d’embûches et de zigzag. Mais n’oublions pas qu’une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine.

Solidarité avec les victimes de la répression !

Vive le torrent des luttes qui emporte tout sur son passage !

De la révolte à la révolution !