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Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie IV

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec la Politique Nationale péruvienne. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Toutes et tous en manif pour Adama Traoré le 20 juillet à 14h30 !

Il y a 3 ans,  Adama Traoré est tué pendant une interpellation par les gendarmes de Beaumont, le jour de son anniversaire. L’Etat, la gendarmerie, la “justice” et les médecins… tous vont nier le crime. Des mensonges sont créés pour faire passer le décès d’Adama Traoré pour une mort due à un problème médical, le procureur allant même jusqu’à déclarer que des “traces de cannabis” auraient pu jouer un rôle. Tout est fait pour transformer la victime, Adama Traoré, en coupable. Mais la famille Traoré s’est soulevée contre ces mensonges ! Elle a pu bénéficier de soutien de proches et amis, comme Dooums, ami d’Adama condamné pour sa lutte aux côtés des Traoré, dans leur combat très difficile face à l’Etat et aux fausses versions des gendarmes, soutenues par toutes les institutions : juristes, médecins, forces de l’ordre etc…

Depuis ces 3 ans, la répression judiciaire n’a pas cessé contre la famille Traoré, avec des condamnations pour Bagui, Youssouf, Cheikne, Yacouba Traoré… la liste est longue. La “justice” bourgeoise ne peut pas accepter cette lutte juste, menée avec détermination, alors elle attaque avec toute la force de son rouleau compresseur judiciaire celles et ceux qui osent relever la tête, comme Assa Traoré, la soeur d’Adama.

Le 12 mars 2019, plusieurs mois après le dernier rapport demandé par la justice, une contre-expertise réalisée à la demande de la famille Traoré a balayé les accusations de maladie à l’encontre d’Adama. Selon ces nouvelles informations, c’est clair : c’est l’arrestation qui a entraîné la mort, et pas un précédent médical d’Adama. Les médecins en charge du rapport ont remis en cause l’éthique médicale des experts de la justice, qui ont couvert pendant près de trois ans les gendarmes avec rapport sur rapport, les dédouanant de toute responsabilité.

A la lumière de ces nouvelles informations, l’avocat qui représente la famille a annoncé qu’il n’y aurait “pas d’autre solution que de poursuivre les gendarmes”. C’est une victoire, car depuis 2016, la famille d’Adama se bat sans répit et a réussi à mobiliser un mouvement de masse pour la vérité et la justice. A Beaumont-sur-Oise et ailleurs, plusieurs milliers de personnes marchent pour Adama, et luttent contre les violences policières. Cette lutte est juste pour l’ensemble des  victimes de violences policières. Rien que ces derniers mois, Lakhdar Bey, père de famille, est mort tué à Chambéry par la police en défendant son logement contre l’expulsion. Zineb Redouane à Marseille, Fatih et Adam à Grenoble, Steve à Nantes pour la Fête de la Musique… les exemples sont nombreux et passés sous silence. Ce sont les luttes de nombreuses familles qui sont ignorées par les médias et la justice lorsqu’elles ne soulèvent pas, comme la famille Traoré, de grands efforts. Dans tous ces meurtres, la police essaie évidemment de faire comme si elle n’avait pas de responsabilité.

Aujourd’hui, les gendarmes et la justice s’acharnent toujours sur Bagui Traoré, qui était avec son frère Adama au moment où les gendarmes l’ont interpellé. Traité comme un grand bandit, 60 gendarmes portent plainte contre lui pour des faits remontant à 2016, une situation absurde qui vise à isoler Bagui Traoré et à l’emprisonner sans preuve. Il suffit de comparer avec la situation des meurtriers d’Adama pour voir à quoi mène la “justice” bourgeoise. Pendant que Bagui est harcelé, le Tribunal de Paris étouffe l’affaire et laisse les gendarmes qui ont tué Adama vivre librement, sans mise en examen. Pas d’arrestation, pas de procès, pas d’enquête pour les meurtriers, mais bien l’acharnement contre les témoins qui osent se lever contre l’injustice.

La vie du quartier de Boyenval a été profondément impactée par le combat de la famille Traoré, et depuis des années la solidarité s’y exprime avec toutes les luttes légitimes des masses lors d’événements, de discussions, de matchs de foot, de rencontres avec des collectifs et personnes d’ailleurs. Tout ça montre aux masses qu’il ne faut pas plier face à la “justice” bourgeoise, qu’on a raison de relever la tête et de se battre, et que c’est en luttant qu’on trouve des frères et sœurs de lutte à nos côtés.

Cette Marche pour Adama du 20 juillet a un caractère particulier, car le Comité pour Adama avait appelé dés le 1er décembre 2018 à rejoindre le Mouvement des Gilets Jaunes. Depuis, la répression s’est abattue de manière considérable sur les participantes et participants du mouvement, comme nous en parlions ici. Par exemple Téo et Tristan, à Clermont-Ferrand, enfermés pour des peines de prison pour leur implication dans le mouvement. Le 20 juillet, c’est donc une marche pour Adama Traoré, mais aussi une marche pour toutes les victimes de violences policières, des violences systématiques dans les quartiers, qui sont principales, mais aussi des violences répressives que subissent les grands mouvements comme les Gilets Jaunes, des violences qui touchent d’un coup plusieurs milliers de personnes.

Nous appelons à rejoindre cette marche, à l’appuyer et à la renforcer, à montrer notre solidarité avec la famille Traoré et avec toutes les victimes des violences policières, des meurtres et des viols des criminels en uniforme. Les quartiers populaires sont la place forte du prolétariat. Il n’y a pas d’autre voie pour les communistes dans l’Etat français que celle qui consiste à axer notre travail sur les quartiers populaires, à lutter concrètement pour y servir le peuple dans tous les domaines, y compris le domaine très important du harcèlement policier et des violences des “forces de l’ordre” contre les masses. Les luttes justes des familles de victimes de violences policières nous montre bien l’appel criant parmi les masses pour une vie débarrassée du pouvoir d’Etat bourgeois, sa violence de classe et son isolation.

Le Parti Communiste, armé du marxisme-léninisme-maoïsme, a pour tâche l’organisation des masses les plus larges, et c’est seulement par cette voie que l’on pourra atteindre l’objectif le plus important de la lutte contre les violences policières, l’objectif de toutes les familles et proches en lutte, la fin de toutes les violences par le renversement de l’Etat bourgeois qui les dirige. Dans la construction des trois instruments de la révolution, le Parti, la Force Combattante et le Front Uni, le Parti Communiste agit pour la destruction totale de l’Etat bourgeois impérialiste français. A la fois, cette destruction est nécessaire pour la fin des violences au sein de l’Etat français, mais elle est aussi nécessaire pour la fin des violences impérialistes de l’Etat français dans ses colonies occupées (comme à la Réunion, où la répression a été extrême pour endiguer l’ouragan des Gilets Jaunes) et dans les semi-colonies qu’il exploite de par le monde, comme au Mali, au Burkina Faso, en Centrafrique, au Niger, et dans bien d’autres pays.

3 ans de combat, justice pour Adama !

Justice pour toutes les victimes des violences policières !

Arrêt de l’acharnement contre Bagui et tous les prisonniers politiques !

Unis contre la répression !

Force à la famille d’Adama et à toutes les autres familles des victimes !

Contre les violences policières, préparons l’autodéfense populaire !

Toutes et tous à la manifestation samedi 20 juillet, 14H30 à Beaumont-sur-Oise !

Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie III

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec la Guerre Populaire. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Au sujet de la police

Au sujet de la police

Assassinats impunis et racisme quotidien dans les quartiers, trafic organisé par des membres de la BAC, violences policières systématiques contre les Gilets Jaunes, viols et stockage d’images pédophiles par un officier de la DGSI, agression aux ciseaux d’un mineur, charge contre des fêtards lors de la Fête de la Musique ayant entrainé une disparition à Nantes… : la liste des crimes policiers s’allonge chaque jour, et chaque jour, de plus en plus de personnes perdent leurs illusions concernant les forces de l’ordre. A tel point que le slogan « tout le monde déteste la police » commence à décrire une réalité.

La question de la police est donc très importante sur le plan politique, mais souvent mal traitée. Il y a d’abord une ligne politique réformiste que l’on peut rapidement évacuer, qui consiste à dire que les policiers seraient des « travailleurs en uniforme », qu’il faudrait convaincre de nous rejoindre car « eux aussi, ils souffrent ». Il est vrai que le taux de suicide des policiers est extrêmement élevé (il reste cependant plus bas que celui des agriculteurs, par exemple). Qu’est-ce que cela nous apprend ? Cette profession est de plus en plus coupée de la vie du peuple. Les flics vivent entre eux, sortent entre eux, ne fréquentent plus que leurs collègues de travail, conscients de leur rôle social abject et de la juste haine qu’il provoque. Nous n’allons donc pas les plaindre, ni verser une larme sur les suicides de flics.

Croire qu’il est possible de travailler avec la police est une dangereuse illusion. Ce ne sont pas des camarades. Ni même des prolétaires. La police fait objectivement partie de l’encadrement du prolétariat : c’en est la partie la plus violente, qui apparaît historiquement non pas pour défendre la justice, mais pour protéger l’ordre dominant contre les rébellions. C’est le rôle des milices bourgeoises puis des différentes forces de maintien de l’ordre qui sont apparues dans l’Etat français, notamment sous Pétain (futurs CRS) et dans les colonies (futures BAC). Il n’y a rien à attendre de ces pourris qui ont participé avec enthousiasme à la déportation des Juifs, des Tsiganes et des communistes, qui ont massacré les colonisés comme en 1967 en Guadeloupe, qui ont noyé les Algériens, brisé les grèves, mutilé, tué, violé, et qui continuent à le faire.

La seconde position est une position opportuniste de gauche, dans sa variante anarchiste, consistant à faire de la police un ennemi principal. Elle apparait à première vue plus correcte que la précédente, mais cache des limites. On a souvent entendu des Gilets Jaunes dire que « la police on s’en fout, il faut viser le pouvoir ». C’est une position populaire qui exprime une idée juste. La police est effectivement un obstacle, un adversaire sur la route vers le pouvoir. Ce n’est pas en soi le principal ennemi des révolutionnaires. Elle personnalise l’ordre en place, c’est son rempart, mais il faut toujours être capable de voir à travers elle les cibles qui nous intéressent : les différentes composantes de la bourgeoisie. Se concentrer seulement sur une lutte « antipolice » ne peut pas permettre d’obtenir des victoires décisives dans la lutte de classe et à terme, la guerre de classe.

Nous comprenons la colère et la haine sans borne qui se développe contre les flics. C’est justement le travail des révolutionnaires d’organiser cette colère suivant un plan rationnel partant de la révolte spontanée des masses pour aboutir au renversement du système en place. La situation est à ce sujet excellente. Le mouvement des Gilets Jaunes a amené de grandes parties des masses populaires à se confronter à la police. Il y avait notamment parmi ces masses de nombreuses personnes qui ne subissaient pas les contrôles racistes au quotidien, qui ne participaient pas aux manifestations traditionnelles – bref, qui ne connaissaient ni la répression systématique du prolétariat (en partie issu des “ex”-colonies), ni la culture de « gauche » anti-police. Ceci est particulièrement vrai pour les prolétaires vivant dans les périphéries des métropoles, dans les pavillons et les villages dortoirs où domine la figure du gendarme qui ne s’occupe pas trop de politique. La dure répression du mouvement a conduit à montrer le vrai visage de la police : plus aucune personne en révolte ne sera épargnée, même si elle est blanche et qu’elle agite le drapeau tricolore, tandis que la violence systématique dans les quartiers continue.

La police tend d’ailleurs à s’autonomiser. Tous les indicateurs le montrent. L’IGPN et le gouvernement couvrent chaque crime policier sans même faire semblant de le condamner. Les critiques des instances internationales bourgeoises, pourtant très tolérantes avec le maintien de l’ordre dans leurs pays-membres, ne sont plus écoutées par les responsables politiques. Les pires attitudes de la police sont encouragées ou au moins tolérées. La bourgeoisie se sent en effet menacée, et le rapport de force entre la police et les donneurs d’ordre s’est inversé au profit de la flicaille.

Un exemple : deux syndicats représentant la majorité des policiers (Alliance et le SCPN) ont pu directement menacer le gouvernement et la justice. La raison de leur colère ? La simple perspective que la justice puisse sanctionner des crimes policiers. Ces syndicats peuvent donc se permettre ce qui serait considéré comme de la subversion dans un Etat de droit. Alliance parle dans un récent communiqué en termes très clairs : « si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… Et notre colère, personne ne pourra la contenir ». On parle bien d’une profession arrosée d’argent public, dont les membres rackettent sous prétexte d’outrages des personnes arrêtées, qui peut tout se permettre sans jamais être stoppée. Même des infractions aussi facilement contrôlables que l’absence de matricule, les insultes quotidiennes et les mensonges sont tolérés. En 2016 déjà des policiers masqués et armés manifestaient vers l’Elysée pour demander plus d’armes, plus d’argent. Et ce fut un succès. Ayant l’oreille du pouvoir, cette profession est la seule à obtenir des victoires syndicales… Mais qui vont toujours contre l’intérêt du peuple.

Car il s’agit par essence d’une profession parasitaire. Cela nous ramène à la question des suicides de policiers. Les flics ont de plus en plus conscience d’être des tiques posées sur le corps social. Ils n’empêchent ni les viols, ni le trafic de drogue, ni les meurtres. Pire, ils se rendent coupables de ces crimes. Leur vie ne vaut rien, leur activité est dénuée de sens, et ne profite qu’aux exploiteurs. D’où la dérive, la fuite en avant fasciste d’une police votant largement pour l’extrême droite (jusqu’à 40% selon les estimations lors des présidentielles). La police tend à s’autonomiser, à se politiser. Certains de ses membres et ex-membres vont jusqu’à rejoindre des groupes fascistes clandestins tels que l’Action des Forces Opérationnelles, inquiétant les services de renseignement. C’est une tendance de fond au fascisme. Rappelons que l’ex députée Marion Maréchal est aujourd’hui invitée à l’université d’été du principal syndicat patronal, le Medef – ce qui n’était jamais arrivé. L’autonomisation des forces de police s’inscrit dans cette tendance générée par la crise générale du système capitaliste.

Il est donc du devoir des révolutionnaires conséquents de mettre en lumière le rôle criminel de la police, d’informer et d’agiter autour de ses agissements, pour maintenir et accentuer une pression constante sur ses rangs et l’isoler toujours plus du peuple. Et cela, tout en gardant un cap clair, ne faisant pas de la police le seul ennemi mais une composante bien identifiée d’un ordre social intolérable dirigé par la classe bourgeoise dominante.

Flic, parasite, trouve toi un vrai métier !

Contre les ennemis du peuple, autodéfense populaire !

Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie II

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec Sur le Parti. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie I

 

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons tous les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous commençons par les Questions Idéologiques. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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