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Communiqué : Inscriptions pour la Palestine sur la permanence LREM à Clermont-Ferrand

La permanence LREM de Clermont-Ferrand du candidat Eric Faidy a été recouverte de tags défendant la Palestine occupée dans la nuit du 23 au 24 janvier. Cette action est en répercussion de la politique de l’impérialisme français et de son gouvernement dirigé par Macron, récemment parti en Palestine occupée pour soutenir le sionisme.

Le projet de l’impérialisme français, c’est de faire appliquer dans son Etat que l’antisionisme, la lutte contre la politique coloniale d’occupation en Palestine, est la forme que prend l’antisémitisme aujourd’hui.

Cette falsification, Macron tente de l’avancer conjointement avec les alliés sionistes de l’impérialisme français, à l’occasion du 75ème Anniversaire de la libération du Camp d’Auschwitz I et Auschwitz II – Birkenau, les camps de la mort fascistes-nazis, le 27 janvier 1945, par l’Armée Rouge héroïque. La mémoire collective des mort.es d’Auschwitz, en grande majorité juifs, assassinés le plus brutalement par des fascistes criminels, n’a rien à voir avec le sionisme et l’honteux Etat d’Israël. Les sionistes n’ont aucun droit à capter la mémoire du
génocide nazi : Netanyahou, leur premier ministre, déclarait en 2015 que le génocide des juifs avait été inspiré par le mufti de Jérusalem et pas par les fascistes dirigés par Hitler. Bien plus que leurs déclarations, la politique fasciste des sionistes en Palestine, avec leur occupation, leurs colonisations, assassinats, évictions, déportations, extorsions de terres et emprisonnements, est totalement étrangère aux millions de victimes juives de la Shoah, tombées dans la résistance héroïque à la barbarie fasciste-nazie partout en Europe, y compris dans l’Etat français représenté par Macron.

Ainsi, nous dénonçons la politique de l’impérialisme français et de ses alliés en Palestine occupée.
Nous affirmons notre solidarité indéfectible à la lutte armée du peuple palestinien pour sa libération et celle de tous les peuples. Que l’intifada mène à la guerre populaire ! Palestine vaincra ! A bas l’impérialisme français ! A bas Israël !

Nous affirmons également que cette action est en solidarité à la lutte du prisonnier communiste révolutionnaire Georges Ibrahim Abdallah, enfermé dans les geôles de l’impérialisme français depuis 1984 pour avoir lutté contre l’impérialisme en général, et le sionisme en particulier. Libérons Georges Abdallah !

Entre la chute du mur et le pacte germano-soviétique : le révisionnisme historique de la bourgeoisie, Partie III

Nous proposons dans ce texte en 3 parties une réponse claire à la conception du monde de la bourgeoisie sur le communisme et l’histoire récente, notamment mise en avant lors de l’année 2019 par le “Parlement Européen” de Bruxelles et les différentes bourgeoisies d’Europe, notamment française.

L’UNION EUROPÉENNE, MACHINE ANTICOMMUNISTE ? GRANDE NOUVELLE !

 

Comme expliqué auparavant, la manière de comprendre et concevoir le monde dans les manuels scolaires peut se résumer comme ceci : Une première guerre mondiale affreuse, avec ses poilus et ses soldats morts pour rien, un entre deux guerre passé au hachoir qui se résume le plus souvent à expliquer que le totalitarisme hitlérien et stalinien mettait en péril le devenir du monde, puis à partir de 1945 la sortie du totalitarisme et la construction européenne, véritable havre de paix et d’entente avec les peuples. Mais il faudra attendre 1991 et la chute du communisme pour que cette unité puisse être pleinement réalisée. Si l’on peut se plaindre qu’il existe un “roman national” dans l’État Français (Une “France” mythique qui va de Vercingétorix à Clovis, de Philippe Auguste à Napoléon puis de De Gaulle à Macron), il existe également un roman supranational dans l’histoire de la “construction européenne”, rempart contre le totalitarisme et œuvre bienfaitrice qui ne visait qu’à rapprocher les peuples entre eux. Guère étonnant donc que l’Union Européenne puisse adopter un texte comme celui du 19 Septembre dernier, intitulé “Importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe”. Si cette résolution pose problème, c’est parce qu’elle entérine finalement une conception du monde qui prédomine depuis maintenant quasi trente ans : Le nazisme et le communisme sont l’un et l’autre le mal incarné, ils ont l’un et l’autre commis des génocides, il faut s’en souvenir comme deux frères qui marchaient main dans la main contre la liberté et la démocratie.

Si l’on y réfléchit un peu, il s’agit de l’aboutissement dans l’État Français des conceptions de François Furet et de Stéphane Courtois et en Allemagne d’un Ernst Nolte : Ce dernier expliquant clairement que le nazisme n’est finalement que le miroir déformant du bolchevisme et qu’il n’y a eu le fascisme qu’en réaction à la Révolution d’Octobre 1917. En gros, c’est à cause de Lénine et des bolcheviks qu’il y a eu Auschwitz… Ou comment en clair réhabiliter en douceur le nazisme. Si l’historiographie marxiste a souvent identifié le fascisme comme répondant avant tout à la nécessité d’écraser la classe ouvrière et la possibilité d’une révolution (Les mots de Clara Zetkin, communiste allemande, qui déclarait que le fascisme était finalement le châtiment pour le mouvement révolutionnaire de ne pas avoir accouché d’une révolution), il est également intéressant de replacer le fascisme dans un contexte de durcissement de l’impérialisme et de la grave crise qui se produit lors de l’après-guerre et qui va en s’amplifiant jusqu’au krach de 1929. En Italie comme en Allemagne, il s’agit principalement en plus d’écraser définitivement tout mouvement révolutionnaire, de réorienter une économie chancelante, de briser les salaires, les syndicats et de rouvrir des perspectives de conflits ouverts impérialistes dans un repartage du monde.

Ce qui permet d’expliquer plusieurs choses : Pourquoi la bourgeoisie des pays impérialistes “démocratique” considéraient un Mussolini ou un Hitler comme “garant de la civilisation” ou des “redresseurs de la morale européenne” ? Encore une fois, il n’y avait rien de bien choquant dans ses régimes et plus particulièrement le régime hitlérien avant qu’il ne se lance dans la solution finale. Dans l’Etat Français, même l’extrême-droite germanophobe des Maurras, La Rocque ou des Bainville qui vitupéraient la République de Weimar comme un avatar du militarisme prussien responsable du premier conflit mondial, louèrent le redressement moral, politique et économique de Hitler pour son pays. Qu’est-ce qui différenciait fondamentalement les lois de Nuremberg en Allemagne, des lois raciales qui étaient appliqués par exemple aux États-Unis, pays de ségrégation par excellence ? Pas grand-chose, si l’on pense que le concept de sous-homme (Untermensch) a été théorisé par un américain du nom de Lothrop Stoddard, membre du Ku Klux Klan qui sera d’une grande influence dans les théories raciales nazis. Les théories eugénistes développés par les nazis n’étaient également pas étrangères aux conceptions que pouvaient en avoir les classes dominantes anglaises ou américaines. (Il suffit de songer à Théodore Roosevelt, Président des États-Unis qui était en faveur de l’eugénisme et très loin de pouvoir être qualifié de nazi !) A terme, ce que reprochait finalement l’Allemagne Nazi à l’Angleterre ou aux Etats-Unis c’était d’être “abatardi” par la “juiverie internationale” alors qu’ils représentaient la race conquérante blanche anglo-sxonne ou encore que la France était devenue “nègre” en employant ses troupes coloniales lors de la guerre ou encore lors de l’occupation de la Rhénanie, favorisant le début de “l’invasion de l’Europe par l’Afrique” (Thèse qui finalement pourrait rejoindre celle du “Grand Remplacement” si à la mode par les temps qui courent…)

Le fascisme et sa version allemande qu’est le national-socialisme n’est donc pas une “anomalie” de l’histoire pour reprendre les analyses de Johann Chapoutot, ce dernier considérant que « les nazis n’ont rien inventé, ils ont puisé dans la culture dominante de l’Occident libéral ». Les références d’Hitler en matière de politique coloniale sont basées sur l’expérience américaine. La “Destinée Manifeste” de la Grossdeutschland vers l’est est l’équivalente de celle des colons allant vers l’ouest américain. Hitler identifiera d’ailleurs la Volga comme le Mississippi et les populations slaves comme ses propres “indianer”, c’est à dire les natifs amérindiens. Des références parfaitement modernes et qui sont des mythes fondateurs pour un pays de colons comme les États-Unis. S’il fallait donc chercher une parenté entre un système comme le nazisme avec un autre système, il devrait être cherché avant tout dans la modernité capitaliste. Bien évidemment, l’on imagine mal l’Union Européenne pouvoir écrire cela, puisque les historiens du consensus sont d’accord pour admettre que le nazisme n’est rien d’autre qu’une folie collective temporaire mettant en péril le rapprochement européen et qu’après tout dans national-socialisme il y a socialisme…

Là où le révisionnisme historique devient abject même dans les sphères académiques “raisonnables”, c’est de mettre finalement sur le même plan les nazis qui sont responsables d’Auschwitz et les soviétiques qui ont libéré Auschwitz. Au prix de 25M de morts, les peuples soviétiques dans ce que l’on nomme la “Grande Guerre Patriotique” ont évité à l’Europe et sans doute au monde la domination du nazisme, ainsi que la non-réduction en esclavage de leurs peuples respectifs par la race des seigneurs. La contribution à l’effort de guerre en Europe de la part de l’URSS est de loin supérieur à ce que les alliés (principalement les américains puis les anglais) pouvaient offrir. Aujourd’hui pourtant, l’on peut encore lire des absurdités qualifiant Staline d’incapable dans la direction de son armée, que les soldats de l’Armée Rouge étaient davantage tués par les leurs et que le Prêt-Bail a été la seule caution pour la victoire de l’Armée Rouge contre la Wehrmacht et la machine de guerre allemande. Non seulement cette vision est typiquement de “guerre froide”, mais elle est surtout l’alibi utilisé par les anciens officiers de la Wehrmacht après la guerre. Ces officiers d’extractions prussiennes ne pouvant accepter d’être battu par des moujiks, il fallait nécessairement que l’aide matériel et technologique américaine permette à ces derniers de vaincre… Un junker prussien ne peut décidément pas être vaincu par un sous-homme slave. Il serait intéressant d’étudier comment la propagande nazie de l’entre-deux guerres puis de la guerre est aujourd’hui réutilisée dans l’historiographie dominante : Le simple fait que Goebbels pouvait dire que l’URSS avait déjà tué entre 40 à 50 millions de personnes (au bas mot !) devrait nous faire réfléchir sur la propagande actuelle des “100 millions de morts du communisme”.

Dans le point numéro 3, le texte nous dit : “3.  rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle; rappelle que le régime nazi est coupable de ce crime abject qu’est l’Holocauste; condamne sans réserve les actes d’agression, les crimes contre l’humanité et les atteintes aux droits de l’homme à grande échelle perpétrés par les régimes totalitaires nazi, communistes et autres ;” L’on peut légitimement se demander qui sont ces “autres “? Peut-être l’Empire Britannique qui a affamé volontairement les Indiens en provoquant une famine qui tuera 2 à 4M de Bengalis en 1943 ? Peut-être l’État Français qui dès le lendemain de la guerre, s’est lancé dans des répressions tous azimuts en Algérie, au Cameroun, à Madagascar ou au Vietnam ? Peut-être qu’au final, le véritable pêché du nazisme est tout simplement d’avoir pratiqué en Europe ce que les pays impérialistes faisaient dans leurs colonies… Comment ne pas penser dans ces “autres”, à la manière dont l’Italie fasciste a envahi et occupé l’Éthiopie ? Comment ne pas penser à l’Empire du Japon qui a massacré ouvertement et sans vergogne en Chine pendant quasiment une dizaine d’années ? La liste serait longue, mais dans ce cas-là elle clouerait certainement au pilori l’impérialisme comme étant responsable de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle…

L’Union Européenne peut par exemple très bien se lamenter que dans certains pays, des cérémonies et des hommages appuyés sont de plus en plus rendus à d’anciens collaborateurs et nazis, principalement dans les Pays Baltes ou en Ukraine. Dans le sens inverse, les monuments à l’effigie des soldats soviétiques, des partisans ou autres grandes figures de la résistance antifasciste disparaissent de la mémoire collective. Quand l’on sait les liens qui unissent par exemple l’impérialisme américain avec la Division Azov ou les néo-bandéristes en Ukraine, ce que raconte l’Union Européenne nous semble être tout au plus de l’hypocrisie. Cette même hypocrisie qui après-guerre, a fait que des réseaux entiers appuyés par les Alliés ont pu extrader des criminels de guerre nazis via le Vatican, pour les envoyer en Amérique Latine ou tout simplement les remettre en service sur d’autres latitudes  :  L’équipe de von Braun pour la NASA, Klaus Barbie qui sera conseiller pour des dictatures d’Amérique Latine ou encore Reinhard Gehlen, ancien nazi qui sera à la tête des services de renseignements de la RFA et de l’Organisation Gehlen, officine de recyclage d’anciens nazis menant des opérations de sabotage dans les pays du bloc de l’est. Le retour des vieilles élites au pouvoir après 1991 a sans doute également favorisé le processus que l’on connaît actuellement, c’est à dire la réhabilitation de figures nationales ouvertement nazis voir collaborationnistes.

Il est donc aujourd’hui plus que vital de maintenir une analyse claire et matérialiste, défendant une vision communiste du monde contre les attaques de plus en plus fortes de la bourgeoisie. Il est évident ici qu’il ne s’agit pas de nier quelques crimes que ce soit, de passer sous silence ce qui nous semble dérangeant et condamnable durant les expériences socialistes du siècle passé. Les clauses secrètes entre l’URSS et l’Allemagne Nazi durant la période 1939 et 1941 ne peuvent pas être défendues unilatéralement, tout comme il est impossible de ne pas condamner les déportations et transferts de populations opérées par l’Union Soviétique à l’intérieur de ses frontières. Il n’est pas possible de laisser de côté ce qui s’est produit à Katyn, ni même de minimiser qu’il existe des crimes de guerres qui ont été commis par l’Armée Rouge, ou tout simplement l’antisémitisme qui était toujours présent après la guerre et qui ira en s’amplifiant. C’est en ayant bien en vue tout cela que nous saurons répondre aux attaques de nos ennemis et maintenir haut le drapeau rouge de la révolution !

Entre la chute du mur et le pacte germano-soviétique : le révisionnisme historique de la bourgeoisie, Partie II

Nous proposons dans ce texte en 3 parties une réponse claire à la conception du monde de la bourgeoisie sur le communisme et l’histoire récente, notamment mise en avant lors de l’année 2019 par le “Parlement Européen” de Bruxelles et les différentes bourgeoisies d’Europe, notamment française.

L’ALIBI DU PACTE GERMANO-SOVIÉTIQUE : LA FAUSSE ÉQUATION NAZISME = COMMUNISME

 

La signature d’un pacte de non-agression il y a maintenant 80 ans entre l’Union Soviétique et le Troisième Reich continue de servir d’argument pour expliquer que les deux régimes se valaient et qu’ils étaient l’un et l’autre totalitaire. Si l’utilisation du terme totalitaire est fortement décriée dans le milieu universitaire (principalement anglo-saxon), cette grille de lecture purement idéologique continue d’être utilisée jusque dans les manuels scolaires : Après tout, les lois de Nuremberg vaudraient bien la politique contre les koulaks mené en URSS au moment de la collectivisation. Ce qui frappe pourtant le plus, c’est que 80 ans après la signature de ces accords, l’on continue de nous mentir sur ce qui a emmené deux puissances opposées à conclure un tel pacte. L’explication de la proximité de deux dictateurs qui “s’aimaient finalement bien” ne tient pas la route si l’on se penche sur la politique de sécurité collective que l’URSS porte depuis son entrée à la SDN (Société des Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU mais à tête anglaise à l’époque) en 1934, c’est à dire restreindre et refreiner la montée en puissance d’une Allemagne qui n’a que comme souhait de détruire l’URSS et de mettre en esclavage les slaves la constituant.

Faire uniquement peser le déclenchement du second conflit mondial sur la signature du pacte germano-soviétique, c’est purement et simplement oublié que les germes du second conflit mondial trouvent ses racines dans l’immédiate après-guerre. Entre la révolution d’Octobre et l’intervention impérialiste dans la guerre civile, le redécoupage hasardeux des frontières suite à la paix de Versailles ou encore la prise de pouvoir des fascistes en Italie, puis en Allemagne, tous les ingrédients étaient réunis pour permettre une reprise des hostilités. Il suffit de porter rapidement attention à la situation dans les années 20 sur deux Etats qui sont littéralement des parias : D’une part l’URSS pour des raisons idéologiques et politiques évidentes, mais également la République de Weimar, sur qui pèse la responsabilité de la première guerre mondiale et qui doit expiée ses fautes. Ce qui explique entre autres pourquoi les deux pays vont décider de signer le Traité de Rapallo en 1922, permettant une entraide économique mais aussi militaire. (Qui prendra fin à la toute fin des années 20 et au début des années 30 avec l’accession au pouvoir de Hitler) Mais la donne va changer à la fin des années 20 et plus précisément en 1927, quand la Pologne des Colonels va subitement rompre ses relations avec l’URSS et la Grande-Bretagne rompre son partenariat économique et sa reconnaissance diplomatique suite à l’affaire de l’ARCOS, augurant possiblement un conflit sur la frontière ouest de l’URSS que la direction soviétique prenait très au sérieux. Vis à vis de l’Allemagne, les plans successifs Young et Dowes vont permettre de remettre à flot l’économie allemande afin que l’Allemagne puisse rester un débiteur important, avant que le krach de 1929 ne mette un terme définitif à l’espoir de solvabilité des deux plans successifs.

Pour bien comprendre le cheminement qui va conduire à la seconde guerre mondiale, il faut jeter un coup d’œil rapide à la multiplication des conflits inter-impérialistes dans les années 30 : L’invasion de la Mandchourie par l’Empire du Japon en 1931, puis l’invasion du reste de la Chine en 1937. L’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste en 1935. (Avec la bénédiction de la France, puisque l’on ne parle jamais du “Front de Stresa” ni du pacte Hoare-Laval qui reconnaît définitivement la main-mise de l’Italie sur l’Éthiopie récemment conquise) La guerre du Chaco entre 1932 et 1935 entre la Bolivie et le Paraguay qui voit s’opposer l’impérialisme anglais et l’impérialisme américain. (Ce conflit est notamment caricaturé par Hergé dans l’Oreille Cassée, une aventure de Tintin) La Guerre d’Espagne va également être un terrain de chasse pour l’impérialisme allemand et italien pour le contrôle de la Méditerranée face à l’impérialisme anglais. A côté de ces conflits, il y a une multiplication de pactes qui vont se faire avec l’Allemagne d’Hitler, qui sont souvent purement et simplement non mentionné : Si tout le monde connaît le pacte d’assistance mutuelle liant la France et l’URSS signé en 1935, peu savent que l’Allemagne a conclu des pactes de non-agression notamment avec la Pologne en 1934, qu’en 1935 elle s’accorde sur un traité naval avec l’Angleterre permettant le réarmement d’une partie de sa flotte de guerre. L’Angleterre conclura d’ailleurs en 1938 un pacte de non-agression avec l’Allemagne, juste après le Traité de Munich. En 1936, l’Allemagne, le Japon et l’Italie signent le Pacte anti-komintern, résolument tourné contre l’URSS. En 1939, l’Allemagne signera des pactes de non-agression avec la plupart de ses voisins, allant jusqu’à la Roumanie, la Hongrie ainsi que les Pays Baltes. Seul le pacte germano-soviétique d’Août 1939 est constamment mit en avant, laissant de côté d’autres pactes qui auront une conséquence concrète sur le déclenchement de la seconde guerre mondiale.

Il faut à ce stade, prendre un peu de recul. Si aujourd’hui l’accession au pouvoir de Hitler et du NSDAP est vécue comme une tragédie par la bourgeoisie et sa réécriture de l’histoire, il n’en était pas de même en 1933. Réfléchissons un peu : Qu’est-ce qui différencie à ce moment-là Hitler d’un Mussolini en Italie, d’un Horthy en Hongrie ou de la Pologne des Colonels ? A vrai dire, la mise en place des programmes d’exterminations des juifs et des “sous-hommes”, l’Aktion T4 et tout ce qui s’ensuivra n’est pas encore proclamé, ni même en action. Hitler ressemble à s’y méprendre à énormément de ses contemporains en Europe, à la tête d’une dictature qui est avant tout viscéralement anticommuniste. Le nazisme n’est donc pas comme on peut l’entendre une “catastrophe dans l’histoire”, ou un “moment incompréhensible de terreur et de barbarie”. Si l’on regarde bien les bases idéologiques du nazisme, il est parfaitement contemporain à sa période : Le nazisme n’est rien d’autre que la crise de l’impérialisme et de la bourgeoisie suite au krach de 1929. Il n’est en rien un “corps étranger” qui viendrait se greffer sur le peuple allemand (“un peuple d’artistes et de philosophes”), le nazisme est avant tout le produit de la réaction politique et donc de l’impérialisme, la “dictature des éléments terroristes et réactionnaires du grand capital” pour reprendre la définition scientifique du fascisme énoncé par Dimitrov en 1935 lors du 7ème Congrès de l’Internationale Communiste. Rien de plus normal donc que de signer des pactes avec lui, de s’entendre économiquement et même de l’aider à son redressement. Hitler est avant tout vu comme le bélier qui servira certainement à écraser l’URSS. Si les puissances impérialistes le savent, l’URSS le sait également…

Poussons le cheminement encore plus loin. Lors de la signature du pacte germano-soviétique, qui est le plus coupable selon la bourgeoisie ? Staline ? Mais non, c’est un communiste sanguinaire qui assassine son propre peuple. C’est plutôt Hitler qui est le plus coupable, pourquoi va-t-il signer un pacte de non-agression avec cet Etat honni, ces liquidateurs de propriété privée ? Il faut bien comprendre qu’à ce moment-là, se pose la question importante des conflits inter-impérialistes brièvement énoncé plus haut, chose que le Komintern et la direction soviétique prendront très au sérieux. L’impérialisme français et anglais ont d’abord essayé de s’attirer les faveurs de l’Italie, car cette dernière s’opposait aux visées de l’impérialisme allemand sur l’Autriche (Qui a connu une guerre civile opposant l’armée aux sociaux-démocrates, qui va conduire à l’instauration d’un régime fasciste très proche de celui en Italie) : Ce qui explique les mains libres qui sont laissés à l’Italie en Éthiopie et les accords entre la France et l’Italie à propos des sphères d’influences en Afrique (Notamment à propos de Djibouti ou de la frontière entre le Tchad et la Lybie sous domination italienne), mais comme mentionné plus haut les Anglais vont rompre le “Front de Stresa” notamment en signant un accord naval avec l’Allemagne en vue de son réarmement. L’échec du “Front de Stresa” et les sanctions anglaises contre Mussolini vont pousser ce dernier à se rapprocher d’Hitler. Le problème de fond qui se pose dans les relations inter-impérialistes est le suivant : Peut-on laisser à Hitler carte blanche ? Si l’impérialisme français est prêt à des concessions (Comme nous le verrons avec la Tchécoslovaquie et ses alliés à l’est), l’Angleterre l’est tout autant et semble prête à se détourner de l’Europe tant que l’Allemagne puisse lui garantir ses colonies et son empire. (Rappelons ici que l’abdication de Edouard VIII en décembre 1936 du trône de de Royaume-Uni ne provient pas de son remariage avec une divorcée du nom de Wallis Simpson, mais bien de ses sympathies pour le nazisme qu’il partageait avec sa nouvelle femme…)

Après l’Anschluss de l’Autriche en 1934, l’Allemagne se tourne vers la région des Sudètes et réclame le rattachement des allemands vivant dans cette zone. Si l’Allemagne par les accords de Locarno en 1925 garantissait ses frontières occidentales (Elle violera les accords en remilitarisant la Rhénanie en 1936 sous prétexte du pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique), il n’en était pas de même pour ses frontières orientales. S’attaquer à la Tchécoslovaquie, c’était s’attaquer à un allié de la France. Cette dernière avait contracté avec la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie une alliance militaire baptisée la “Petite Entente”, devant lutter contre la résurgence de l’Autriche-Hongrie puis de la Hongrie fasciste de Horthy qui voulait briser le Traité de Trianon et recouvrir ses frontières “naturelles”. On tergiverse donc pour trouver une solution et le pauvre Edouard Benes dirigeant de la Tchécoslovaquie, va lâchement se faire abandonner par ses alliés quand les Français et les Anglais vont signer le Accords de Munich. Sous le signe de “l’Apaisement” tant vanté par Neville Chamberlain, c’est en fait la porte ouverte laissée à l’impérialisme allemand pour se tourner vers l’est et donc vers l’URSS… Comment cette dernière doit se positionner vis à vis de tout cela ?

C’est grâce à l’intervention de Louis Barthou, ministre des affaires étrangères de la France, que l’URSS est admise à la SDN en 1934. Barthou est un conservateur et un anticommuniste, mais il est conscient de la menace que fait peser l’Allemagne d’Hitler. Pour le vaincre, il faut renouer les anciennes alliances comme celle de 1914 : Un front commun de la France, de l’Angleterre et de la Russie. Barthou meurt en Octobre 1934 en même temps que le Roi Alexandre I de Yougoslavie, assassiné par des Oustachis lors de sa visite à Marseille. Son remplacement par Laval qui passe encore pour un homme de gauche à ce moment-là, conduit au pacte d’assistance mutuelle de 1935 qui ne restera qu’un morceau de papier. L’URSS cependant, se fait championne de la sécurité collective. Elle est la seule à condamner l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie par exemple, ou encore à s’opposer à l’Anschluss. Lorsque Hitler revendique les Sudètes, l’URSS contacte les Alliés Occidentaux et leur fait savoir qu’elle est prête à intervenir. En effet, elle dispose d’un pacte d’assistance mutuelle avec la Tchécoslovaquie et pour assurer sa sécurité, l’URSS est prête à faire bouger des divisions de l’Armée Rouge. Un seul problème : Il n’y a pas de lien terrestre et frontalier direct entre l’URSS et la Tchécoslovaquie, le passage ne peut s’effectuer que par la Roumanie ou par la Pologne. La Pologne des Colonels (Que nous aborderons un peu plus tard) refuse de laisser passer les troupes soviétiques. Il en est de même pour la Roumanie, bien qu’elle paraisse moins timide. Dans l’impossibilité d’intervenir, l’URSS doit se résigner. Insulte suprême, elle ne sera d’ailleurs pas invitée à participer aux Accords de Munich, preuve de plus que l’on ne souhaite pas la voir s’ingérer dans les affaires européennes. Winston Churchill, anticommuniste notoire, sera célèbre pour avoir déclaré “Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez quand même la guerre !” mais également pour avoir analyser froidement le résultat des Accords de Munich. Dans ses mémoires, il expliquera qu’il s’agissait là d’une véritable gifle adressée à Staline, une gifle qu’il n’était pas près d’oublier.

Après l’occupation totale de la Tchécoslovaquie, il devient clair pour l’URSS que le conflit avec l’Allemagne Nazie éclatera sous peu. Quelles étaient les alternatives pour les soviétiques ? Faire cavalier seul et se lancer à l’assaut de l’Allemagne ? Peu de chance, il y aurait eu une coalition antibolchévique bien plus puissante que celle qui avait émergée après Octobre 1917 et qui aurait très certainement mise à genoux l’Union Soviétique. Laisser les choses se faire ? Une position d’attente impossible, pas après la politique d’apaisement de l’impérialisme anglais et la mollesse de l’impérialisme français qui a accepté que son arrière cours en Europe Orientale passe sous contrôle allemand. Restait donc une dernière possibilité, celle de chercher coûte que coûte un accord avec les Alliés… Ou bien avec Hitler. Durant l’année 1939, l’Union Soviétique relance les Alliés Occidentaux pour constituer une alliance militaire et de revers pour contraindre Hitler à arrêter ses plans d’expansions impérialistes. Contre toute attente, les Alliés acceptent d’envoyer une mission militaire pour discuter d’une telle éventualité. Mais pour montrer leur peu d’empressement, ils affrètent un navire des plus lents qui doit conduire la délégation à Leningrad, de quoi perdre encore quelques semaines. Pendant ce temps, les entretiens entre Halifax et Ribbentrop se poursuivent et un possible accord se dessine entre l’impérialisme anglais et l’impérialisme allemand. Jusqu’aux derniers instants, Chamberlain maintiendra ouvert des pourparlers avec l’Allemagne pour un possible partage des sphères d’influences en Europe. Le double-jeu des Occidentaux est complet et les soviétiques ne sont plus dupes. Devant Voroshilov (Commissaire du Peuple à la Défense) et le Maréchal Shaposhnikov, les représentants militaires français et anglais n’ont aucun pouvoir pour signer quoi que ce soit et n’ont pas grand-chose à proposer à leurs interlocuteurs soviétiques. S’en est fini, l’URSS comprend définitivement qu’elle n’arrivera à aucun accord avec les Alliés occidentaux. (Ces derniers ont d’ailleurs proposé une série de clauses pour les soviétiques, dans le cas où l’Allemagne venait à envahir la Roumanie ou la Pologne, voir les Pays Baltes. Mais quand les soviétiques ont demandé des contreparties si jamais elle se faisait attaquer, les Alliés ont systématiquement fait la sourde oreille. Ce qui fera dire à Staline lors du XVIIIème Congrès du Parti Communiste qu’il était hors de question de “tirer les marrons du feu pour les autres”)

Reste alors l’Allemagne d’Hitler. Il faut ici cependant, clarifier notre point de vue : Nous ne fantasmons pas le pacte germano-soviétique tout comme nous ne le défendons pas bec et ongle. Il s’agit d’un sujet non seulement délicat, mais qui regorge d’événements qui laissent encore une trace indélébile sur le mouvement communiste international. Ce choix a été imposé à l’URSS, tout comme on lui a imposé de force le traité de Brest-Litovsk. Ceci étant dit, il faut revenir sur la position allemande à ce moment-là. Hitler suivait avec attentions les pourparlers entre l’URSS et les Alliés Occidentaux grâce à ses services de renseignements. Quand il a su qu’il y avait la possibilité de pouvoir discuter avec l’URSS une fois les Alliés hors-jeu, il a sauté sur l’occasion. C’est ainsi qu’à la fin d’Août 1939, Ribbentropp alors ministre des affaires étrangères de l’Allemagne Nazie, s’envole pour Moscou. Des discussions qui vont suivre, va naître le pacte germano-soviétique. Rappelons d’abord de manière préliminaire qu’il s’agit d’un pacte de non-agression, c’est à dire que les deux États signataires reconnaissent exclure un possible Etat de guerre. Parler d’alliance est absurde, en plus d’être fallacieux : Si l’URSS avait été allié avec l’Allemagne, elle aurait envahi conjointement la Pologne début Septembre 1939 et les Alliés lui aurait déclaré la guerre. Chose qui jusqu’à preuve du contraire, ne s’est pas produit. Des protocoles secrets qui vont en découler, l’URSS va arracher des territoires qui vont lui être précieux pour organiser davantage sa défense : Toute la partie orientale de la Pologne qui lui avait été prise suite au Traité de Riga va revenir à la Biélorussie et l’Ukraine. Elle va également recouvrir la Béssarabie, que la Roumanie avait envahie en pleine guerre civile en Russie. Elle va étendre son influence dans les Pays Baltes, au nez et à la barbe des nazis, en incorporant ses pays au sein de l’URSS. Finalement, elle se tournera vers la Finlande pour sécuriser Leningrad. Nous y reviendrons. Il ne faut pas oublier que si les yeux sont rivés sur le pacte germano-soviétique en cet fin d’Août 1939, la situation en extrême-orient aurait pu dégénérer entre l’Empire du Japon et l’Union Soviétique. Depuis 1931 et l’invasion de la Mandchourie, le Japon s’infiltre et provoque des conflits frontaliers avec la République Populaire de Mongolie. En 1939, les conflits dégénèrent en affrontement armés violents autour de Khalkin Gol. Joukov dépêché sur place, va battre les Japonais et freiner définitivement toute tentation de l’impérialisme japonais de chercher à poursuivre vers la Sibérie pour son expansion. La signature du pacte germano-soviétique va également convaincre le Japon de se détourner de l’URSS, pour se concentrer sur son expansionnisme en Asie du Sud-Est.

Le cas de la Pologne ainsi que le cas de la Finlande sont à étudier avec beaucoup d’attention. La Pologne qui surgit après plus d’un siècle et demi de non-existence en 1918 est dirigé par Josef Pilzudski, qui cherche à restituer le grand-duché de Pologne-Lituanie. C’est bel et bien la Pologne qui déclare la guerre à la jeune Russie soviétique en 1920 et non l’inverse ! C’est elle qui impose avec l’aide des Français et des Anglais le Traité de Riga et la ligne Curzon, incorporant en son sein une partie importante de la Biélorussie et de l’Ukraine. Régime autoritaire, dictature militaire après le coup de Pilzudski en 1926 : Si l’historiographie dominante représente la Pologne comme un État certes autoritaire, elle oublie volontairement d’expliquer en quoi cette Pologne réactionnaire est très liée avec l’Allemagne et qu’elle n’est pas prise entre deux États totalitaires, mais qu’elle s’est entièrement liée à l’Allemagne Nazie contre l’URSS. (Ce qui peut s’expliquer par la russophobie et le passé entre les deux pays, notamment la domination russe) Des études sérieuses chez des historiens allemands et polonais tendent à démontrer que si la Pologne avait accepté de céder le Corridor de Danzig, peut-être que cette dernière aurait tout simplement acceptée de rejoindre l’Axe et de participer à la curée contre l’Union Soviétique. N’oublions pas également que la Pologne va participer activement au dépeçage de la Tchécoslovaquie, s’arrogeant la région de Teschen. Ce n’est finalement que le refus de céder le Corridor de Danzig, qui pousse l’Allemagne Nazie à envahir la Pologne… Car l’URSS elle décide d’attendre la capitulation officielle du gouvernement polonais et sa sortie du territoire avant d’intervenir dans des territoires qui selon le droit international, n’ont plus de gouvernement légal. Parler d’invasion de la Pologne par l’URSS est donc impropre.

En ce qui concerne la Finlande, cette dernière a recouvrée son indépendance après la chute de l’Empire Tsariste, en 1918. S’ensuit un conflit civil du même type qu’en Russie, où les gardes rouges finlandais sont massacrés par les gardes blancs. Dès son indépendance, la Finlande est influencée et sous le giron de l’Allemagne. La Finlande monte pour ainsi dire la garde le long de la frontière et est très utile au sein du “cordon sanitaire” qui entoure l’URSS. (Par cordon sanitaire, l’on faisait référence à cette époque à la suite de pays qui servait à isoler l’URSS sur un plan purement frontalier et militaire. La Finlande, les Pays Baltes, la Pologne et la Roumanie en faisait partie et dans la majorité de ses pays, des régimes autoritaires voir plus tard fascistes prendront le pouvoir. L’une des revendications de l’URSS à la fin de la seconde guerre mondiale sera de faire sauter le verrou du cordon sanitaire et de demander que les gouvernements de ces pays ne soient plus antisoviétiques. ) Dans l’orbite de l’impérialisme allemand, c’est ce dernier qui lui permet de constituer la “Ligne Mannerheim” et également de pouvoir s’équiper militairement. Le danger qui pèse sur l’URSS est simple : La frontière entre les deux États est très proche au niveau de la ville de Leningrad, berceau de la révolution russe mais également vile industrielle importante. Depuis de nombreuses années, les soviétiques avaient proposés un échange de territoire pour repousser cette frontière et permettre de louer au gouvernement finlandais des petites îles dans la Baltique pour sécuriser l’accès à la mer et à la ville. Le gouvernement finlandais à continuellement refusé, alors que la rétrocession de territoire proposé par les soviétiques leur était favorable. Finalement, l’URSS déclarera la guerre à la Finlande le 30 Novembre 1939, dans ce qui est appelé la “Guerre d’Hiver”.

Non correctement préparée, stratégiquement déboussolée et encore secouée par les purges nécessaires qui ont frappées l’Armée Rouge quelques années auparavant, l’URSS piétine. Elle essaye de mettre sur pied un gouvernement démocratique finlandais pour susciter un soulèvement dans le pays : C’est un échec et l’idée est rapidement abandonnée. La réaction des Occidentaux est par contre spectaculaire. Alors qu’ils sont en guerre contre l’Allemagne depuis le début de Septembre 1939, les alliés échaudent des plans pour… attaquer l’URSS ! Les anglais proposent une mission commune avec les français afin de frapper Bakou dans le Caucase, tandis que les français livrent du matériel et préparent même un corps expéditionnaire pour aller se battre du côté des Finlandais. La SDN de son côté, expulsera l’URSS suite à cette “agression contre la Finlande”. Il faudra trois mois de combats dans des conditions météorologiques difficiles et suite à la percée dans la Ligne Mannerheim, pour que l’URSS propose la paix à la Finlande. Cette dernière accepte et perd davantage de territoires suite à cette paix que si elle avait accepté le règlement à l’amiable le tracé des frontières. La Finlande participera d’ailleurs du côté de l’Allemagne à l’Opération Barbarossa, dans ladite « Guerre de continuation » jusqu’à ce qu’elle signe à nouveau la paix en 1945, sans aucun changement de régime. Très souvent décrié comme un acte impérialiste et inqualifiable, comme une agression contre un pays neutre, l’intervention soviétique est qualifiée comme suit par Urho Kekkonen, ancien Président de la FInlande qui déclarera en septembre 1963 que : « Maintenant, plus de 20 ans après, si nous nous mettons dans la position de l’Union soviétique, puis en considérant l’attaque allemande en 1941, alors les considérations qu’avaient, et que se devaient d’avoir les Soviétiques quant à leur sécurité à la fin des années 1930, deviennent compréhensibles ».

C’est tout cela qu’il faut avoir en mémoire, pour appréhender correctement la situation qui a obligée l’URSS à signer ce pacte de non-agression. Si l’historiographie dominante continue d’expliquer qu’il s’agissait là d’une entente entre deux dictateurs qui s’admiraient secrètement et qui partageaient les mêmes desseins, il suffit de se tourner vers les contemporains de l’époque pour se rendre compte du grotesque de cette soi-disant “amitié”. Dans les conversations qu’il a avec Felix Tchouiev, Vyacheslav Molotov alors Commissaire du Peuple aux Affaires Étrangères de l’URSS à cette époque raconte la venue de Ribbentrop et la signature du pacte. Au moment de porter un toast, Staline lève son verre et dit “Je lève mon verre à Staline, le premier des antikominternien !”. Incompréhension du côté des allemands, mais joie d’Hitler quand son ministre lui rapportera ses paroles. “Ils ne nous ont jamais compris”, dira malicieusement Molotov. Il racontera également que Staline fera porter un toast à Kaganovitch, alors Commissaire du Peuple à l’Industrie Lourde. Kaganovitch, d’origine juive, aura donc eu un toast en son honneur délivré par… Ribbentropp. Voilà la réalité quasi ubuesque qu’allait entretenir le pacte germano-soviétique d’Aout 1939 à Juin 1941, jusqu’au moment où Hitler déchaînera ses armées pour envahir et tenter de réduire en esclavage les peuples d’Union Soviétique.

Entre la chute du mur et le pacte germano-soviétique : le révisionnisme historique de la bourgeoisie, Partie I

Nous proposons dans ce texte en 3 parties une réponse claire à la conception du monde de la bourgeoisie sur le communisme et l’histoire récente, notamment mise en avant lors de l’année 2019 par le “Parlement Européen” de Bruxelles et les différentes bourgeoisies d’Europe, notamment française.

LA CHUTE DU MUR COMME DÉFAITE DU RÉVISIONNISME MODERNE

«Gardez vos baratins même si tout le monde y croit, les USA sont rois sans le mur de Berlin » Ces paroles de VII dans son morceau La mort d’un monde sonnent aujourd’hui comme une actualité brûlante. Il y a trente ans, le mur de Berlin qui représentait de manière emblématique la guerre froide et la séparation de l’Allemagne en deux entités différentes, tombait sous les coups de masses et la pression populaire. Un “vent de liberté” devait souffler sur l’Europe, la chute du mur signifiant l’extinction définitive des pays dit du “socialisme réel” et allait précipiter également la disparition de l’Union Soviétique deux ans plus tard. La chute du mur de Berlin devait permettre d’ouvrir une nouvelle ère, l’ère du triomphe de la liberté et de la démocratie sur le totalitarisme (Le nazisme vaincu en 1945 et le communisme entrain d’être vaincu), marquant la fin des idéologies et la fin de l’histoire si chère à Francis Fukuyama. Si aujourd’hui Fukuyama n’est plus “fukuyamiste”, le récit téléologique qui régimente notre conception du monde depuis 1945 tient toujours debout : La liberté contre le communisme, la démocratie contre le totalitarisme et la fin de la nuit arrivant avec la chute de l’URSS, ouvrant enfin des perspectives de paix pour le monde entier et plus particulièrement pour la construction européenne sous l’égide des puissances impérialistes.

La chute du mur de Berlin ainsi que la disparition de la RDA qui s’ensuivra aura marqué toute une génération, actrice ou spectatrice de ces événements. Les photos et les vidéos de ces milliers d’est-allemands se précipitant de l’autre côté du mur pour prendre dans leurs bras leurs voisins de l’ouest ont fait rapidement le tour du monde. Comment ne pas comprendre ces gens qui avaient toutes les raisons de pester contre l’omnipotence de la Stasi, mais qui pour la plupart se berçaient d’illusions en pensant qu’ils allaient apporter le “socialisme” à l’ouest et que l’ouest leur apporterait la liberté qu’ils réclamaient tant… Si l’on cherche bien, il est possible de trouver des photos de véritables cortèges passant le mur, drapeaux rouges en tête et chantant l’Internationale. Une curieuse image, pourtant bien réelle : Pour beaucoup d’est-allemands, il fallait tout au plus réformer la RDA et garder son modèle social et économique. Du côté de la RFA, depuis au moins les années 60 l’on se préparait à l’éventualité du rattachement de la RDA. Dans la bouche des hommes politiques et autres experts économiques, la seule liberté sera celle d’une libéralisation totale et complète de l’économie du pays, la destruction brutale de son modèle social et un bouleversement sans précédent. Ce sera chose faîtes et en découlera une véritable boucherie qui sous les hospices de la Treuhandanstalt (L’organisme de privatisation), va pousser des millions d’allemands de l’est au chômage et permettre aux capitaux ouest-allemand de pouvoir le plus souvent racheter pour une bouchée de pain des entreprises. Le procédé et la manière d’agir de la Treuhandanstalt sera tellement brutal et éclaboussé de scandales, qu’elle disparaîtra en 1994 sous le coups d’affaires de corruptions systématiques.

Pour la doxa anticommuniste, la chute du mur de Berlin signifait la faillite totale et définitive du communisme. Après tout, un pays qui décide d’emmurer sa propre population pour l’empêcher de s’enfuir, cela ne pouvait pas durer éternellement… Si peu après sa construction, Kennedy pouvait parader à Berlin-Ouest en déclarant “Ich bin ein Berliner”, beaucoup oublient que derrière ces belles paroles, le cynisme l’emporte puisqu’il déclarera après tout  “qu’un mur vaut mieux qu’une guerre”. Le mur de Berlin arrangeait finalement tout le monde au début des années 60. Elle assurait au bloc de l’est une certaine stabilité et permettait l’arrêt de la fuite à l’ouest d’est-allemands, tout comme le mur arrangeait les puissances occidentales comme un gage d’une désescalade en Allemagne, cœur stratégique de la guerre froide. La RDA pouvait sanctifier le mur comme le “mur de protection antifasciste” et la RFA pouvait justifier le fait qu’elle représentait la seule Allemagne réellement libre et démocratique. L’on ne peut pas passer sous silence le fait que seul la “fuite des cerveaux” soit l’unique responsable de la construction du mur : De 1949 à 1961, des opérations secrètes menées par la CIA visaient à déstabiliser la RDA et à l’attaquer économiquement, détruisant des usines, brûlant des récoltes et massacrant des troupeaux, tentant d’empoisonner ses écoliers ou encore en enlevant et en tuant des personnalités importantes de la gauche, etc etc. (Un passage du chapitre 8 du livre Les Guerres scélérates de William Blum intitulé “Allemagne, années cinquante” recense les activités de la CIA et des groupes financés par l’ouest pour déstabiliser le pays)

L’on pourrait également expliquer que la situation qui s’est produite à Berlin en 1961 et la mise en place d’un mur séparant la ville, découle purement et simplement du refus des Alliés occidentaux de répondre aux sollicitations soviétiques dès le début de l’après-guerre de constituer une Allemagne neutre, démocratique et qui servirait finalement de “tampon” entre le glacis de l’est et les pays pro-américains. Au moment de l’entrée des troupes soviétiques sur le territoire allemand au début de 1945, la direction soviétique et Staline n’ont pas de plans arrêtés sur le devenir de l’Allemagne, ils n’y ont même jamais réellement songé. Lors des discussions avec les Alliés, Staline s’est d’abord rangé sur l’avis qu’il fallait que l’Allemagne disparaisse en tant qu’État unifié et qu’elle soit morcelée en centaines de petits duchés comme avant son unification en 1871. Mais l’impossibilité d’un tel plan sautait aux yeux sur le plan pratique, mais également sur le plan économique : L’URSS allait très certainement demander une compensation financière et des réparations de guerres et la perspective d’une Allemagne unifiée était  bien plus logique. La séparation en zone d’influence et la limitation le long de l’Elbe a constitué jusqu’à la prise de Berlin la limitation des zones militaires. Les Alliés ont été surpris de la réponse positive de Staline de pouvoir avoir une zone d’occupation à Berlin, ils pensaient que cette demande allait être rejeté. Comme l’explique Geoffrey Roberts dans son livre Les guerres de Staline, la vision académique dominante consistant à dire que le déclenchement de la guerre froide est imputable à l’URSS reste dans le domaine de l’idéologie, pas des faits. A Potsdam et même avant, Staline cherchait déjà à poursuivre l’attente avec les Alliés et ses revendications se limitaient à faire sauter le verrou des pays antisoviétiques d’Europe de l’Est, chose que lui sera accordée.

Guère étonnant donc que les propositions soviétiques sur le devenir d’une Allemagne unifiée, libre, démocratique et non-alignée tombe à l’eau. Cela pour deux raisons majeures : Premièrement, une Allemagne unifiée aurait dû payer des réparations de guerres à l’URSS en matériel industriel. Les Alliés se refusèrent que la puissance industrielle allemande sous leur contrôle soit transférée à l’URSS et ils pensaient qu’une Allemagne désindustrialisée serait un terreau favorable pour une montée du communisme. Deuxièmement, l’Allemagne a toujours constituée une force économique et militaire sur laquelle l’on pouvait s’appuyer pour contrer la Russie. (Qu’elle soit tsariste ou socialiste) Le recyclage de la bourgeoisie allemande devenue démocratique et antinazie était également d’une grande utilité pour s’assurer un “avenir européen”. L’escalade sur la question allemande a toujours été poussé par les occidentaux, notamment au moment de la création d’une monnaie commune dans la zone ouest ou de structures politiques en vue de la création de la RFA. A chaque fois, les soviétiques ont proposés des accords communs pour régler la question. L’exaspération soviétique culmine avec le blocus de Berlin entre 1948 et 1949 : Face à la sourde oreille des alliés occidentaux, les soviétiques décident de passer à l’action et escomptent d’ailleurs s’attirer les faveurs de Berlin-Ouest et son possible rattachement. Bien que la tentative échoue, ce coup de boutoir soviétique démontre qu’il n’est plus possible de pouvoir atteindre le but d’une Allemagne unifiée. Le 10 Mars 1952, une note est envoyée aux puissances occidentales réaffirmant la position de l’URSS sur la nécessité d’une Allemagne libre, unifiée, démocratique et non-alignée sur les deux blocs. C’est la “Note de Staline”, qui sera considérée avec suspicion par les puissances occidentales, qui n’accepteront pas de franchir le pas malgré de multiples relances de la part des soviétiques. Le cheminement qui mènera à la construction du mur de Berlin est lancée.

Nous devons maintenant affirmer une autre chose ici, qui est que la chute du mur de Berlin est avant tout une défaite pour le révisionnisme moderne et aucunement une défaite pour le socialisme, ce dernier ayant été liquidé depuis plusieurs décennies en RDA comme dans le reste des pays dit du “socialisme réel”. Les orientations générales que prenaient la RDA depuis les années 60/70 étaient marqués du sceau du révisionnisme, tant dans les méthodes politiques que dans les pratiques économiques. Si il s’agit en dernière instance d’une véritable tragédie pour la population est-allemande, il ne faut pas perdre de vue que le triomphe du révisionnisme dans les démocraties populaires à la fin des années 50 a très fortement conduit également au pourrissement de ces régimes, la RDA comprise. Si après 1949 par exemple, la politique générale de la RDA consistait à considérer que son rôle était justement de chercher la réunification sous son égide démocratique, à partir de la prise de fonction de Honecker une véritable propagande nationaliste va remplacer les visées de réunification de l’Allemagne : Le mur sera là encore dans cent ans et il existe désormais deux Allemagne qui sont radicalement différentes. Une curieuse conception qui pourrait rappeler (même si le parallèle est peut-être un peu fort) celle en vigueur en Corée du Nord aujourd’hui, cherchant à mythifier le peuple nord-coréen comme étant historiquement et culturellement radicalement différent du peuple sud-coréen…

Dans le sillage de la défaite du révisionnisme moderne, le vent de liberté qui devait souffler ressemble plutôt à une vague brune, quand l’on pense aux scores de l’AfD dans les régions constitutives de l’ex RDA. Car la défaite du révisionnisme moderne et la disparition de la RDA a produit une “Ostalgie”, très semblable à ce que l’on peut connaître en Russie ou dans d’autres pays de l’est : La recherche de l’Eden, un paradis perdu qui a été enlevé et qui semble inaccessible, mais qui marquait un âge d’or où tout allait pour le mieux. Mais politiquement, ce sont plutôt les organisations d’extrême-droite qui ont récolte le “vent de la liberté” : L’on ne peut pas comprendre le score de l’AfD si l’on ne remet pas en perspective le fait que l’extrême-droite allemande creuse son nid depuis la disparition de la RDA. Pour ne donner qu’un seul exemple, en 1992 à Rostock, une émeute de six jours contre des réfugiés vietnamiens tourne à la limite du lynchage, sous les encouragements de 3000 personnes. (Le film Wir sind jung. Wir sind stark. retrace ces événements à travers le regard de plusieurs adolescents et jeunes adultes d’ex RDA) Politiquement donc, la chute du révisionnisme moderne a été un terreau favorable pour le fascisme, qui joue allègrement sur la crise économique et sociale qui existe toujours chez les “Ossies” et les différences avec le reste de l’Allemagne, trente ans après la chute du mur. On ne fait pas de politique avec de la nostalgie, c’est la conclusion qu’il faut impérativement tirer de tout cela. Plus que tout, c’est voir également la responsabilité énorme de l’impérialisme ouest-allemand dans sa volonté de détruire le plus rapidement les fondements de la RDA au moyen d’un rouleau compresseur anticonstitutionnel mais appuyé par les grands monopoles, qui n’avaient comme but que la recherche à court terme d’une manne de profit et la destruction définitive d’un possible contre-modèle à l’hégémonie capitaliste.

Nous disons donc que trente ans après la chute du mur, la “liberté” n’a aucunement triomphé et que l’annexion de la RDA par la RFA a été une tragédie pour la population est-allemande, l’une des pires avec la période chaotique des années 90 en Russie. De plus, si le mur de Berlin est tombé, d’autres murs se sont érigés et s’érigent un peu partout dans le monde dans l’indifférence générale…

Camarade Pierre : Une étoile rouge ne meurt jamais !

Voilà déjà 2 ans que le Camarade Pierre nous a quitté. Et pourtant, les Camarades qui l’ont côtoyé ont toujours l’impression d’être à ses côtés. La marque que le Camarade Pierre a laissé dans notre Parti est telle que même les Camarades qui ne l’ont pas rencontré peuvent avoir l’impression de le connaître.

Aujourd’hui plus que jamais, l’héritage du Camarade Pierre est vivant. Grâce au travail acharné de toutes celles et ceux qui dédient leur vie au mouvement révolutionnaire et à la construction de son Parti, le Parti Communiste maoïste.

Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes en novembre dernier, la classe ouvrière et les masses populaires de l’État français sont en ébullition. D’autres pays, de plus en plus nombreux, sont également traversés par de forts mouvements de masse, allant jusqu’à ébranler les pouvoirs en place.

Il n’y a aucun doute que dans cette tempête de révolte, le Camarade Pierre aurait été sur tous les fronts, s’activant sans relâche pour transformer la révolte en révolution. Car malgré ses 80 ans, c’était l’hyperactivité qui le caractérisait. Et son énergie, il la tirait des masses en lutte, au niveau international car pour lui « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » était bien plus qu’un slogan ; c’était à la fois sa raison et sa façon de vivre, au quotidien.

Alors, imaginer le Camarade Pierre encore vivant avec nous en ce moment, c’est l’imaginer parmi les masses comme un poisson dans l’eau, luttant avec acharnement pour guider les masses sur la voie révolutionnaire.

Cet amour des masses populaires, cette énergie, cet optimisme révolutionnaire, cette haine de classe contre nos ennemis qui le caractérisait, voilà qui doit inspirer les nouvelles générations pour les durs combats à venir et les défis immenses qui nous font face.

Ton combat Camarade, nous l’avons repris entre nos mains et nous le poursuivons sans relâche !

Tous et toutes les Camarades auront une pensée pour toi dans le feu de la lutte de classe !

Le Camarade Pierre est immortel ! Une étoile rouge ne meurt jamais !

Une étincelle peut embraser le pays !

Une étincelle peut embraser le pays !

Le 17 novembre dernier, une première journée de blocage national « contre la hausse des taxes » démarrait. Les retours de nos camarades, présents sur les piquets, blocages, dans les assemblées, étaient unanimes : la présence ouvrière était hégémonique, les revendications sociales explosaient, la rage de vaincre se mélangeait avec un enthousiasme explosif. Les premiers dirigeants du mouvement, les plus écoutés, sont de manière écrasante des ouvriers et des ouvrières, des membres des masses populaires, non-affiliés à des partis bourgeois. Ce sont les masses populaires et ouvrières, poussées par la volonté de lutter et de vaincre, qui s’organisent localement, malgré toutes les barrières (hégémonie réactionnaire, absence d’organisation ouvrière, etc.).

Les trois semaines suivantes voient le déplacement des masses des barrages vers les centres villes bourgeois, où la police est débordée, où les Champs Elysées eux même sont pillées. Des centaines de milliers de personnes se rassemblent chaque jour, en pleine hiver. Près de Bordeaux, dans le médoc, une des régions les plus pauvres du pays, près de 3000 personnes tiennent un péage jours et nuits. Comme beaucoup d’autres, l’expulsion ne se passera pas sans heurts et le péage est partiellement incendié. Jusqu’en Belgique, la violence populaire et l’auto-organisation répondent à la violence des réformes du gouvernement Macron. Dans la colonie Réunionnaise, l’état deviens quasi-insurrectionnel. En quelques semaines, la bourgeoisie voit la classe ouvrière redevenir audacieuse. Nous tenterons d’analyser ce mouvement pour en tirer des conclusions pour préparer la date du 5 décembre et ses suites, qui s’annoncent explosives.

En effet, les principaux secteurs de la logistique voient se multiplier les appels à la grève générale et illimitée : SNCF, RATP, transporteurs routiers, chauffeurs de bus, personnel au sol des aéroports… Les syndicats sont obligés de la jouer « dur » devant la colère populaire, mais il se peut que le mouvement échappe à nouveau à tout contrôle. Ce 5 décembre deviens une perspective que la date du 16 novembre devra rendre encore plus évidente. Ainsi, en nous appuyant sur les leçons du mouvement des gilets jaunes, nous devons nous préparer à un nouveau mouvement de masse.

(suite…)