Hommage au Camarade Pierre

Ce samedi 20 janvier 2018, nous avons rendu hommage à notre Camarade Pierre. Des délégations de plusieurs pays étaient présentes, en plus de Camarades venus des quatre coins de France. Cette journée fut à la hauteur de l’engagement révolutionnaire de notre Camarade et il était présent parmi nous à chaque moment.

Plus d’une centaine de Camarades étaient présents et présentes dans la magnifique salle Ambroise Croizat de la Bourse du Travail de Paris, lieu historique des luttes du prolétariat parisien.

Un chanteur qui a bien connu notre Camarade Pierre nous a interprété quelques chansons de sa composition ainsi que des reprises de chansons populaires. L’émotion était particulièrement palpable lors de sa reprise de Quand on a que l’amour de Jacques Brel.

La trentaine de choristes de la Chorale Populaire de Paris a ensuite interprété des chants révolutionnaires historiques, à commencer par l’Internationale qui a fait lever le poing à toute la salle dans un choeur commun dédié à la mémoire de notre Camarade Pierre mais également de toutes celles et ceux tombées pour la révolution prolétarienne.

Le Chant des Partisans ainsi que le Chant des Partisans Russes furent particulièrement touchant. Les chants révolutionnaires choisis par la Chorale étaient à l’image de la vie de notre Camarade Pierre : dédiés à la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière et des masses populaires, dans une dimension internationale.

Les Camarades les plus proches ont ensuite entonné Les Nouveaux Partisans, chanson de l’époque de la Gauche Prolétarienne où notre Camarade Pierre a fait ses premières armes de révolutionnaire.

Un Camarade du PCm a ensuite fait le discours suivant :

Camarade,

Il est si difficile de quantifier ce que tu nous laisse en héritage, tellement tu nous a apporté directement, nous tes plus proches Camarades, mais également à toutes celles et ceux que tu as rencontré dans les luttes, les grèves, les occupations, les meetings, les manifs, les sit-ins, les émeutes, les conférences, les rassemblements, les hommages, les salons du livre, les débats, les discussions, les rencontres internationales, les formations, les réunions ou tout simplement dans ta vie quotidienne.

Toutes celles et ceux que tu as touché indirectement par tes nombreux écrits et articles.

Toutes celles et ceux qui ne te connaissent pas mais dont tu as relayé et popularisé la lutte, que ce soient les adivasis en Inde, les femmes révolutionnaires prisonnières au Pérou, les ouvriers et ouvrières d’usines en lutte aux 4 coins de la planète, les jeunes révoltés des banlieues, les peuples en lutte de la Palestine au Kurdistan, les paysans assassinés du Brésil, les masses révoltées de la Tunisie aux Philippines, les Afro-Américains tués par la police aux Etats-Unis, les masses populaires des dernières colonies de l’impérialisme français de la Réunion à la Guadeloupe,…

Tout cela nous le savons parce que nous te connaissons et t’avons cotoyé. Mais aussi parce qu’en retour, nous avons reçu des dizaines et des dizaines de messages des 4 coins de France mais aussi des 4 coins du globe, de l’Afghanistan au Paraguay en passant par le Canada et le Népal.

Camarade,

tu as dédié ta vie à la révolution prolétarienne mondiale et rien que pour cela, ton nom est gravé dans l’Histoire de notre classe, comme un héros que nous n’oublieront jamais, qui n’a jamais flanché et qui a traversé les liquidations, les revers, les défaites, les détours, les vents contraires, sans jamais te défaire de ton optimisme révolutionnaire caractéristique. Là où il y a oppression, il y a résistance !

Ce que tu as transmis à la nouvelle génération Camarade n’a pas de prix. Tu as transmis la volonté de vivre notre vie de prolétaires avec fierté et dignité. Fierté d’appartenir à la classe révolutionnaire qui porte le projet de l’émancipation du genre humain ; dignité de poursuivre la dure et âpre lutte de nos anciens et anciennes la tête dressée et non l’échine courbée.

Dans ce sens Camarade, tu as transformé nos vies et nous a permis d’éviter l’écueil d’une vie dissolue, à la recherche de paradis articficiels ou de la satisfaction égoïste de notre confort personnel.

Camarade,

tu étais loin de ne pas avoir de défauts, mais ce qui les comblaient plus que tout, c’est qu’à ton âge -80 ans- tu nous démontrait qu’on pouvait toujours s’améliorer, se remettre en question et se rectifier. C’est une autre de tes leçons inestimables car sans se transformer soi-même au travers de la lutte de classe, comment peut on espérer transformer le monde ? Sans prendre de recul critique et autocritique, comment peut on éviter les écueils évitables du mouvement révolutionnaire ? Sans tout cela, comment même seulement espérer une révolution ?

Camarade,

ton énergie inépuisable, du soir au matin, sur une aussi longue durée de temps au service du peuple n’a aucun égal connu de nous -dans notre pays tout du moins. Tu as démontré pendant des années aux «petits jeunes» ce qu’était avoir des jambes de révolutionnaire, ce qu’était de défendre, appliquer et développer ses idées contre vents et marées. Jusqu’au bout nous t’avons vu dans les gaz lacrymogènes, dans les révoltes contre les violences policières, aux côtés des ouvriers et ouvrières en grève, devant les prisons impérialistes dans lesquelles nos Camarades croupissent.

Camarade,

tu nous a montré ce qu’était un dirigeant communiste qui se forge dans la lutte de classe, toujours parmi les masses comme un poisson dans l’eau, à la fois dans l’écoute pour toujours mieux comprendre les situations concrètes et dans l’éducation politique pour toujours élever le niveau de conscience de classe ; à la fois dans la souplesse pour rassembler le plus grand nombre et la fermeté pour tracer la ligne de démarcation avec les ennemis du peuple.

Camarade,

tu as oeuvré pour l’unité du Mouvement Communiste International jusqu’au bout parce que comme tu nous l’a appris, notre lutte nous lie profondément à nos frères et sœurs de classe de tous les pays. Tu as démontré toute ta vie que l’internationalisme prolétarien n’est pas une formule qui se récite mais une réalité que chaque révolutionnaire conséquent met en pratique.

Camarade,

il n’y a pas de plus bel hommage que de continuer ton combat, celui principal de bâtir patiemment et sans relâche les trois instruments de la révolution : le Parti, le Front et la Force Combattante. Tu as planté les graines, nous les ferons germer.

Camarade Pierre, tu es immortel !

Ta vie de combat dédiée aux exploitéEs et oppriméEs n’aura pas été vaine !

Camarade Pierre : toujours présent !

Plusieurs Camarades et personnes connaissant notre Camarade Pierre se sont ensuite exprimées, mettant en avant son sens de l’engagement et du sacrifice au profit de la cause des exploités et opprimés du monde entier.

Nous nous sommes ensuite rendus au métro où notre Camarade a fait sa chute fatale déposer des fleurs. Une partie d’entre nous est ensuite partie en cortège jusqu’au cimetière du Père Lachaise, jusqu’au mur des Fédérés, symbole de la Commune de Paris. Les Camarades des délégations de plusieurs pays y ont exprimé toute l’importance que notre Camarade Pierre revêtait au niveau international.

La journée s’est ensuite close dans la Camaraderie, le partage de souvenirs et la préparation des luttes à venir. C’est ainsi que notre Camarade devient immortel, en poursuivant le combat qu’il a mené toute sa vie.

Notre Camarade Pierre est immortel !

Nous poursuivrons son combat !