Solidarité avec les GM&S !

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Entre grèves, blocages, sabotages et occupation, les GM&S tiennent toujours bon contre la liquidation de leur boîte décidée par la « justice » bourgeoise il y a 8 mois. Dans les années 90 ils étaient 700 ouvriers, aujourd’hui ils ne sont plus que 283.

GM&S est une entreprise de sous-traitance, notamment de PSA et Renault pour ses deux principaux acheteurs. Les ouvrières et ouvriers de GM&S luttent pour que PSA et Renault passent davantage de commandes afin que la boîte continue à vivre, en n’hésitant pas à mener des actions coup de poing, en allant directement bloquer les sites de PSA et Renault, avec à chaque fois plus d’une centaine d’ouvriers de GM&S, comme ce fut le cas dans l’Yonne, dans l’Allier et à Poissy ou encore en tentant de perturber les showroom de PSA et Renault même si cela implique de se faire gazer par les CRS. Ils n’hésitent pas également à piéger leur usine à l’aide de bonbonnes de gaz et de bidons d’essence, à casser de grosses machines-outils et même récemment à brûler des sections de leurs boîtes pour mettre la pression ! Et la lutte paie !

gms03Alors que durant 8 mois en face il n’y avait rien de concret de concédé, la semaine dernière les négociations entre les représentants syndicaux et Bercy ont abouti à ce que le repreneur potentiel de la boîte, le groupe GMD, propose de reprendre l’entreprise avec 120 salariés. Cela montre que les travailleurs dans la lutte peuvent changer les lignes. Mais une victoire, c’est quand il n’y a aucun licenciement, et les ouvriers de GM&S ne sont pas dupes et n’acceptent pas que l’un des leurs se retrouve sur le carreau. Malheureusement, quelques heures après l’offre de reprise partielle de GMD, le tribunal de commerce a décidé de la liquidation avec poursuite d’activité jusqu’au 21 juillet. Il faut suivre attentivement la lutte des GM&S d’ici là et apporter notre soutien par tous les moyens possibles.

Cette lutte illustre bien la combattivité que la classe ouvrière peut avoir face à la bourgeoisie et que la lutte de classes est belle et bien réelle. Au sujet de l’incendie partielle de la boîte GM&S par les ouvriers, ou même l’annonce de l’entreprise piégée, il y a pu avoir pas mal d’idéalisation. Ca n’est pas la première fois que ce genre d’actions est menée par la CGT. La liste est fournie : Cellatex en Ardennes en 2000, Moulinex dans le Calvados en 2001, New Fabris dans la Vienne en 2009, Nortel dans les Yvelines la même année, DMI dans l’Allier en 2013… Et à chaque fois aucune mise en application des menaces de destruction de la boîte face à la bourgeoisie qui ne cède pas aux revendications. Ce phénomène est dû notamment au fait que les directions syndicales sont social-chauvinistes (la « France insoumise » étant leur choix politique de prédilection) et non révolutionnaires, mais ce social-chauvinisme a une attache matérielle et ne tombe pas du ciel. Il vient de la nature de classe de la bourgeoisie française qui est impérialiste, et dont les surprofits réalisés grâce au pillage des pays qu’elle domine permettent d’acheter une partie de la couche haute de la classe ouvrière, l’aristocratie ouvrière, réalité qu’a analysé Lénine en son temps dans son livre L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme :

gms05« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c’est-à-dire l’impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d’un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus « large » et la plus exagérée, moins d’un cinquième) d’Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». L’exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d’après les prix et les statistiques bourgeoises d’avant-guerre. Aujourd’hui beaucoup plus, évidemment.

On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de « leur » pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays « avancés » la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.

Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l' »aristocratie ouvrière », entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie. Car ce sont de véritables agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier, des commis ouvriers de la classe des capitalistes (labour lieutenants of the capitalist class), de véritables propagateurs du réformisme et du chauvinisme. Dans la guerre civile entre prolétariat et bourgeoisie, un nombre appréciable d’entre eux se range inévitablement aux cotés de la bourgeoisie, aux côtés des « Versaillais » contre les « Communards ».

Si l’on n’a pas compris l’origine économique de ce phénomène, si l’on n’en a pas mesuré la portée politique et sociale, il est impossible d’avancer d’un pas dans l’accomplissement des tâches pratiques du mouvement communiste et de la révolution sociale à venir. »

Il s’agit bien d’une question de classe. Quelle classe est à la direction des syndicats ? Le prolétariat ou la bourgeoisie via ses agents au sein du mouvement ouvrier ?

Bien évidemment, la chose n’est pas aussi mécanique. Les délégués syndicaux ne vont pas être en contact directement avec l’Etat qui va leur murmurer à l’oreille comment ils doivent se comporter. La CGT étant lié historiquement au P »C »F, aujourd’hui de nombreux militants révisionnistes y occupent des postes de responsabilité, et la faiblesse du P »C »F fait que d’autres militants révisionnistes et autres social-chauvins investissent des postes à responsabilité. Et même sans être directement militant d’une organisation, les responsables syndicaux se font influencer par cette hégémonie social-chauvine.

La tâche des maoïstes est de reconstituer le syndicat de classe doté d’une direction véritablement prolétarienne, révolutionnaire et internationaliste qui rentre dans le cadre de l’unique stratégie pour le prolétariat de renverser l’Etat impérialiste français qu’est la Guerre Populaire Prolongée. Un syndicat qui ne ferait pas que quelques action coup de poing et tiendrait des postures pseudo-radicales, mais un syndicat qui ferait à chaque fois le maximum dans la lutte afin d’arracher des victoires pour les prolétaires et qui contribuerait à l’existence de la conscience de classe. Un syndicat qui ne se contenterait pas des secteurs publics et de certains gros secteurs privés, mais qui chercherait à s’implanter partout, et serait présent dans les lieux de vie même du prolétariat.

La lutte des classes est bien vivante, après le mouvement contre la loi Travail l’an dernier et les diverses révoltes contre les violences policières, les GM&S nous le montrent aujourd’hui, mais également les ouvriers de la Seita à Riom, les travailleuses et travailleurs de Tati comme pour Whirpool, Mim, ou encore Michelin qui prévoit d’ici 2021 la suppression de 1500 postes en France !

La lutte des prolétaires contre leurs patrons est éparse, mais est bien vive notamment face aux innombrables « plans sociaux » qui ont lieu en permanence, et ce qui a été cité ne doit être que le sommet de l’iceberg de la lutte de classe dans les boîtes. « Là où il y a oppression, il y a résistance » comme le disait le Président Mao. Dans un contexte où le gouvernement est en train d’organiser une large offensive contre le Code du Travail, prenons nos responsabilités et travaillons à organiser la classe ouvrière et l’ensemble du prolétariat sur les lieux de travail comme sur les lieux de vie, dans un large Front Uni avec une perspective révolutionnaire claire et qui doit prendre en compte les intérêts des masses à différents niveaux dans tous les secteurs de la société.

Vive la lutte des GM&S !

Vive la lutte de tous les prolétaires contre l’oppression capitaliste !

Travaillons à recréer le syndicat de classe !

Générons les organisations révolutionnaires de masse du prolétariat !