Un conflit de plus en plus prononcé

poulets grillésLa mobilisation du jeudi 28 avril dernier contre la loi Travail n’a pas été la plus massive mais a sûrement été la plus combative depuis le début. Dans de nombreuses villes, les chiens de garde de la bourgeoisie ont continué leur sale travail de répression du mouvement, mais celles et ceux qui refusent de baisser la tête leur ont montré qu’on ne se laisserait pas faire. Entre les affrontements au cours des manifestations et l’évacuation de Nuit Debout, on compte selon le bilan officiel 78 blessés chez les flics, dont 1 toujours à l’hôpital. On ne connaît pas le nombre de blessés chez les manifestants mais au moins une personne a perdu un œil, de nombreuses blessures ouvertes à la tête, aux jambes, etc. Il y a également eu plus de 210 arrestations.

Les flics se sont déchaînés et ont fait preuve d’un degré de violence sûrement le plus élevé depuis le début de la mobilisation. Les témoignages de tirs de flashball et de grenades lacrymogènes en tir tendu au niveau de la tête affluent de nombreuses villes. Les flics s’en prennent également directement aux organisations politiques et syndicales. A Lille, le local de la CNT a été ravagé. On aurait pu croire qu’il s’agissait d’une action des fascistes, mais non, les flics s’en sont chargé eux mêmes, montrant bien que la frontière est mince voire inexistante entre le rôle des fascistes et des flics dans la répression des mouvements ouvriers et populaires. A Marseille, le camion de SUD, directement visé, a été endommagé par les tirs de flashball et de grenades lacrymos. A Clermont-Ferrand, la CARA (Cellule Antifasciste Révolutionnaire d’Auvergne) est la cible de la répression avec des arrestations à répétition et plusieurs procès à venir (voir cet article). A Paris, les flics ont été vus avec des trombinoscopes afin de cibler leurs arrestations. A Nantes, dès vendredi, 5 manifestants ont été emprisonnés. Dans de nombreuses villes (et même villages), les flics ciblent leurs « têtes » et veulent « faire des exemples » dans l’objectif de nous faire peur, ce qui non seulement ne marche pas mais renforce encore plus notre haine de classe.

Il est important d’analyser la répression, non comme tombant du ciel mais comme étant la logique même du fonctionnement de la société de classe. La lutte contre la loi Travail, c’est l’expression de la lutte de classe, la lutte entre deux camps aux intérêts inconciliables. L’État et son gouvernement représentent les intérêts de la bourgeoisie. Il n’y a donc pas à s’étonner qu’il lâche ses chiens de garde contre celles et ceux qui menacent les intérêts de la bourgeoisie. Contrairement à ce que disent certains permanents syndicaux pourris et « responsables » politiques bien au chaud dans leurs pantoufles institutionnelles, la répression n’est pas le résultat des « mauvais manifestants », des « fouteurs de merde » ou autres « casseurs ». La répression, c’est la défense des intérêts de la bourgeoisie contre celles et ceux qui la menacent. Les révolutionnaires sont donc la cible première car ce sont elles et eux qui portent la perspective de la fin de la domination de la classe bourgeoise sur l’ensemble de la société. Et les bourgeois sont prêts à aller jusqu’au bout pour défendre leurs privilèges (qui se comptent non seulement en milliards d’euros mais aussi en influence et en pouvoir), jusqu’à la mise en place de leur dictature la plus brutale : le fascisme ouvert. En attendant, l’État d’Urgence a été prolongé d’encore 2 mois…

La résistance, aussi bien défensive qu’offensive, des révolutionnaires dans la période actuelle fait peur à l’État, malgré ses limites, parce qu’elle montre que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à refuser de passer notre vie à genoux et que nous sommes en capacité de nous opposer concrètement à l’État bourgeois et à ses chiens de garde. Nous portons non seulement la résistance présente mais surtout la lutte pour une nouvelle société basée sur la destruction de ce système.

Alors puisque l’État veut nous faire taire, il cherche le maximum de soutiens, de « partenaires ». Nous on les appelle les collabos. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a donc demandé aux organisateurs des manifestations de condamner les violences et de mettre en œuvre un service d’ordre supplétif aux flics. Mailly de FO s’est empressé de répondre présent à l’appel ; Martinet de l’UNEF également. Le SO de la CGT à Paris a déjà fait ses preuves de collaboration avec les flics, malgré la condamnation de ces pratiques par la base. Jusqu’où iront ces organisations dans la collaboration ? Nous le verront rapidement. Dans tous les cas, ni les flics ni leurs supplétifs ne nous feront baisser la tête. Nous continuerons de travailler à l’unité la plus large dans la combativité. Et nous n’oublions pas ce qu’a exprimé Mao :

“En ce qui nous concerne, qu’il s’agisse d’un individu, d’un parti, d’une armée ou d’une école, j’estime que l’absence d’attaques de l’ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l’ennemi. Si nous sommes attaqués par l’ennemi, c’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démarcation bien nette entre l’ennemi et nous. Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c’est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l’ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succès remarquables dans notre travail.”

Mao Zedong, Être attaqué par l’ennemi est une bonne et non une mauvaise chose, 26 mai 1939

La classe ouvrière et la jeunesse prolétaire sont les parties les plus combatives dans cette lutte qui ne fait que commencer. C’est vers elles que nous continuerons notre travail au milieu du climat répressif pour pousser la lutte toujours à un niveau supérieur, autour de la perspective révolutionnaire. Nous continuerons de nous opposer frontalement aux forces de répression et à leurs supplétifs. Nous continuerons de nous en prendre directement à la bourgeoisie et à leurs intérêts, que se soient leurs partis politiques, leurs institutions, leurs représentants, leurs banques, etc. Nous continuerons la lutte contre l’impérialisme jusqu’à ce qu’il soit complètement détruit. Nous continuerons d’avancer pas à pas vers la Guerre Populaire, seule façon pour notre camp de remporter la victoire  !

Continuons à construire le rapport de force en organisant et développant la résistance !

Continuons les actions contre la bourgeoisie et ses chiens de garde !

Solidarité de classe contre la répression !

Développons la perspective révolutionnaire !