4. Notre idéologie, le marxisme-léninisme-maoïsme

Programme du Parti Communiste maoïste

4. Notre idéologie, le marxisme-léninisme-maoïsme

Le marxisme-léninisme-maoïsme constitue la synthèse de la théorie et de la pratique révolutionnaire du prolétariat. L’élaboration de cette science a été produite grâce à l’implication de Marx, Lénine et Mao dans la lutte de classe, dans la lutte idéologique de leur temps, à l’intérieur de leurs partis révolutionnaires respectifs et dans les Internationales communistes où ils ont œuvré. Sans cette implication dans la lutte des masses à cette époque intense de transformations sociales, de débats idéologiques et politiques, ils n’auraient pas pu élaborer cette science.

Se réclamer du MLM, c’est se réapproprier notre propre histoire, trahie par les révisionnistes et les réformistes. C’est rétablir la vérité sur l’histoire du mouvement ouvrier, ses avancées mais aussi sans complaisance pour ses faiblesses et ses erreurs. Nous devons nous appuyer sur cette histoire, tirer les leçons essentielles, en recueillant le principal qui a été positif, rejetant ce qui a été négatif après en avoir analysé les causes. En cela, Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao Zedong nous lèguent un héritage précieux.

Marx et Engels posent les bases

A l’époque de l’émergence de la classe ouvrière comme classe à part entière, Marx et Engels ont été les premiers à poser les jalons d’une science complète à son service, destinée non pas seulement à comprendre le monde mais à le transformer.

Après les différentes révolutions bourgeoises qui secouèrent le monde aux 18ème et 19ème siècles, Marx et Engels ont analysé la montée de cette classe et surtout son rôle historique. Ils ont ainsi démontré que la bourgeoisie était passée d’une classe progressiste (par son rôle dans l’abolition du féodalisme) à une classe réactionnaire, ne pouvant plus être la force motrice du progrès social. Ce rôle historique révolutionnaire était maintenant passé entre les mains du prolétariat. La bourgeoisie est la classe en déclin de notre époque. L’avenir, c’est le prolétariat qui le porte entre ses mains. Le prolétariat est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout. La lutte des classes est non seulement le moteur de l’histoire, mais dans la lutte qui oppose le prolétariat à la bourgeoisie, elle aboutit à la prise du pouvoir par le prolétariat.

« En ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert ni l’existence des classes dans la société moderne, ni la lutte entre elles. […] Ce que je fis de nouveau, ce fut : 1. de démontrer que l’existence des classes n’est liée qu’à des phases de développement historique déterminé de la production ; 2. que la lutte des classes conduit nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3. que cette dictature elle-même ne constitue que la transition à l’abolition de toutes les classes et à une société sans classes… » (Marx à Weydemeyer, Londres, le 5 mars 1852)

Pour remplir son rôle historique, le prolétariat doit devenir une classe pour soi, avoir sa propre idéologie, ses propres objectifs et ses propres outils. C’est ce à quoi Marx et Engels travaillèrent en analysant la société et en développant les outils d’analyse propres au prolétariat : le matérialisme dialectique. Il permet de comprendre l’histoire et la société du point de vue du prolétariat afin de pouvoir transformer la réalité.

C’est ainsi que Marx, épaulé d’Engels, va apporter une œuvre majeure dans la compréhension de la société moderne : le Capital. Dans cette œuvre, il démonte pièce après pièce la société capitaliste. Il met en pleine lumière, ce qui différencie le capitalisme des sociétés antérieures. Il révèle le secret du capitalisme : l’extorsion de la plus-value, partie du travail non payée à l’ouvrier par le capitaliste. Alors que le capitaliste détient les moyens de travail (bâtiments, matières premières, machines), le salarié n’a que sa force de travail pour vivre, force qu’il doit vendre comme une marchandise au capitaliste qui l’a lui achètera au prix le plus bas possible, juste pour qu’il puisse reconstituer sa force de travail, nourrir sa famille pour qu’elle reproduise à travers ses enfants, la force de travail future.

Il démontre également la nécessité pour une classe d’avoir son parti pour défendre ses intérêts et parvenir à ses objectifs. Dans le cas du prolétariat, son parti doit renverser l’appareil d’État bourgeois de fonds en comble, mettre en place la dictature du prolétariat et construire le socialisme comme phase de transition vers le communisme.

Marx et Engels se sont impliqués dans la construction de la Ière Internationale ouvrière et dans le mouvement ouvrier en développement. Ils se sont démenés toute leur vie pour voir le prolétariat s’organiser afin de prendre le pouvoir.

Après la mort de Marx, Engels met en place la IIème Internationale où s’observent les révisions flagrantes du marxisme qui tentent de transformer cette formidable arme au service du prolétariat en couteau à beurrer les tartines des bourgeois.

« Le Manifeste du Parti Communiste », « Salaire, prix et profit », « Anti Dühring », « Le Capital », « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat » sont, entre autres, des ouvrages majeurs de Marx et Engels.

Lénine défend fermement le marxisme et ouvre la voie à la première révolution prolétarienne victorieuse

Dès le début de son activité politique, Lénine critique les positions erronées des groupes et individus se prétendant révolutionnaires mais amenant en réalité la classe ouvrière droit dans le mur. Il œuvre pour le regroupement des cercles ouvriers dans un seul parti, ce qui se concrétise dans la formation du POSDR en 1898. Dès 1903, au 2ème Congrès, le Parti est divisé entre menchéviks et bolchéviks. Les bolchéviks sont opposés à l’idée du Parti fourre-tout des menchéviks. Lénine a ainsi combattu pour former un Parti combattant, basé sur le centralisme démocratique, à l’opposé de ce que défendait notamment Trotski qui sera avec les menchéviks.

Face aux révisionnistes du marxisme, Lénine a mené de grandes batailles idéologiques, et notamment au sein de la IIème Internationale. Il a ainsi réaffûté l’arme de base sans laquelle le prolétariat ne pourra s’émanciper : le marxisme.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, la quasi totalité des partis de la IIème Internationale apportent leur soutien à la bourgeoisie de leurs pays respectifs en votant les crédits de guerre. Les bolchéviks refusent cette position et dès 1915, un mouvement socialiste contre la guerre se réunit à Zimmerwald. La lutte de classe se développe et de nombreuses grèves sont menées dans les pays en guerre.

A la tête des bolchéviks, Lénine guide ainsi la classe ouvrière jusqu’à la prise du pouvoir en 1917. Le Parti bolchévik démontre ainsi la possibilité pour la classe ouvrière, alliée à la paysannerie, de prendre le pouvoir par les armes et de le garder. Il s’agit clairement d’une étape supérieure dans la lutte du prolétariat international puisqu’un de ses contingents parvient à stabiliser son pouvoir et à commencer la construction du socialisme.

Cela n’a été possible que grâce à une lutte idéologique implacable et à une analyse concrète de la situation concrète, non seulement de la Russie, mais du monde et du système capitaliste.

Lénine a ainsi compris l’évolution du système capitaliste à son stade suprême, l’impérialisme, le résumant en cette simple phrase criante d’actualité : « l’impérialisme c’est la guerre ». Le monde est à présent partagé entre les différentes puissances impérialistes, divisant le monde en deux entre pays impérialistes et pays opprimés.

La Révolution d’Octobre a envoyé une onde de choc à travers le monde et de nombreux Partis Communistes se sont créés à la suite. Il était temps de créer la IIIème Internationale ou Internationale Communiste.

Les développements dans tous les champs du marxisme apportés par Lénine représentent le deuxième jalon du marxisme : le léninisme.

« L’État et la Révolution », « Que faire ? », « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » sont parmi les œuvres majeurs de Lénine.

Suite à la mort de Lénine, Staline prend la tête de l’Union Soviétique et poursuit le chemin de la construction du socialisme. Sur un terrain qui n’a aucun précédent historique, Staline va guider l’URSS dans l’édification d’un système qui n’est pas basé sur la recherche du profit mais sur la satisfaction des besoins de la société. Sous sa direction, le Parti Communiste d’Union Soviétique aide et guide le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier dans leur lutte pour la libération et contre le fascisme. L’URSS est notamment l’actrice principale de la victoire contre l’Allemagne nazie et ses alliés.

L’expérience de la construction du socialisme en URSS est la première de l’histoire et elle comporte évidemment des erreurs, notamment dans le règlement des contradictions au sein du peuple en accordant une trop grande place aux cadres, en sous estimant la nécessité de transformer les rapports de production afin que les masses élèvent leur niveau de conscience et prennent en main une part de plus en plus grande de la société entre leurs mains. Cela ouvra notamment le champ aux arrivistes, opportunistes, spécialistes et bureaucrates qui s’empresseront de restaurer le capitalisme après la mort de Staline.

Cependant, il faut tout de même appuyer sur le fait que si Staline et le Parti Communiste (bolchévik) d’URSS a fait ces erreurs, c’est parce qu’il fut le premier à entreprendre la construction du socialisme et qu’il ne disposait donc pas d’expérience aussi aboutie afin d’éviter au maximum les erreurs. D’autre part, même si Staline n’a pas pu et/ou su engager l’ensemble du Parti et les masses populaires d’URSS dans la lutte contre la restauration capitaliste, tant qu’il était à la tête du Parti, il a été le meilleur garde-fou contre cette même restauration alors qu’elle se préparait en coulisse.

Mao Zedong fait franchir au marxisme une nouvelle étape

Au cours des longues années de lutte du Parti Communiste Chinois pour la prise du pouvoir, Mao Zedong a développé la science militaire du prolétariat en montrant la possibilité et la nécessité de suivre une stratégie de développement de zones libérées dans lesquelles la transformation sociale et économique joue un rôle principal dans la mobilisation des masses pour la révolution et la formation du Nouveau Pouvoir. Armées des 3 instruments de la révolution que sont le Parti, le Front Uni et l’Armée Populaire de Libération, les masses peuvent parvenir à la victoire, le Parti étant au cœur des 3 instruments. La Guerre Populaire Prolongée est l’expression de la stratégie universelle de la prise du pouvoir par le prolétariat.

La compréhension du monde du point de vue du prolétariat a été enrichie au travers de ses œuvres d’une grande portée pratique comme De la contradiction, De la pratique, De la juste résolution des contradictions au sein du peuple, D’où viennent les idées justes.

La ligne de masse comme méthode de direction, c’est à dire l’enquête, la systématisation des idées justes recueillies sous la forme d’une ligne politique et le retour auprès des masses pour diffuser et mettre à l’épreuve de la pratique cette ligne est un apport conséquent dans la mobilisation des masses pour la révolution et la construction du socialisme.

C’est d’ailleurs dans ce dernier champ où l’expérience du PCC nous apporte de riches leçons. Dans un pays d’environ 500 millions de personnes, le PCC a d’abord réussi à mettre au pouvoir la classe ouvrière alliée de la paysannerie. Ensuite, en développant les Communes Populaires comme unités de bases économiques et politiques, le PCC a jeté les bases pour parvenir à l’autosuffisance au travers de la libération de l’initiative des masses dans les champs de la production et de l’expérimentation scientifique. La socialisation de l’agriculture a été facilitée et de grands projets d’aménagement collectifs ont pu être réalisés, mettant fin au cycle de famines qui touchaient le pays.

En analysant que la nouvelle bourgeoisie se développait au sein même du Parti, que la lutte des classes continuait ainsi sous le socialisme et que cela se reflétait par une lutte entre les deux lignes au sein du Parti, Mao et la gauche révolutionnaire du PCC ont mobilisé les masses par millions pour approfondir l’édification du socialisme et chasser les tenants de la voie capitaliste qui voulaient profiter de leurs avantages pour ramener le pays dans les bras du marché capitaliste. La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne a ainsi été l’expérience la plus avancée de la lutte de classe dans l’histoire de l’humanité.

La Révolution Culturelle a été une période où les paysans et paysannes ont pu développer l’accès aux soins, à l’éducation, à la culture à un point qui n’existait pas auparavant et qui n’existe plus aujourd’hui. Les ouvriers et ouvrières dirigeaient leurs usines et s’alliaient aux techniciens et techniciennes pour améliorer la production. Les femmes ont renforcé leur lutte pour une place égale dans la société à tous les niveaux.

La Révolution Culturelle a empêché les révisionnistes de reprendre le pouvoir jusqu’à la mort de Mao. Après une dure répression contre la gauche révolutionnaire, ceux-ci ont toutefois ramené la Chine dans le giron capitaliste une fois Mao décédé. Cela montre notamment la nécessité d’approfondir l’expérience de la Révolution Culturelle dans la voie qui mène du socialisme au communisme.

Le marxisme-léninisme-maoïsme, idéologie de notre époque

Ainsi, l’expérience révolutionnaire chinoise, a enrichi le marxisme-léninisme, tout comme l’expérience révolutionnaire russe avait enrichi le marxisme. On ne peut ainsi opposer le maoïsme au marxisme, ou le maoïsme ou léninisme car aujourd’hui le maoïsme est la troisième étape du marxisme.

Le marxisme-léninisme-maoïsme est une idéologie vivante, c’est un guide pour l’action, c’est l’idéologie du prolétariat, permettant de comprendre la société de son point de vue en tant que classe en vue de la transformer. Le développement des Partis et organisations marxiste-léniniste-maoïstes dans le monde à l’heure actuelle, y compris dans les pays impérialistes, témoigne de son actualité, de sa vitalité et de sa pertinence pour affronter le défi révolutionnaire auquel nous faisons face.

Aujourd’hui, les Guerres Populaires restent le phare de la révolution prolétarienne mondiale, le plus haut degré de la lutte anti-impérialiste. La GP en Inde est la plus importante à notre époque, car se déroulant dans un pays de plus d’un milliard d’habitants et ayant une place de plus en plus importante dans l’économie capitaliste mondiale. Mais nous regardons et soutenons aussi les Camarades dans la même voie aux Philippines, en Turquie, au Pérou et dans tous les autres pays où se développent les Partis Communistes maoïstes. Dans les pays impérialistes, il faut noter l’Italie et le Canada où se développent des Partis Communistes maoïstes reconnaissent l’universalité de la Guerre Populaire, sans compter les autres pays où des groupes et organisations sont en cours de formation.

Nous devons comprendre ce qui est universel et ce qui est particulier, comprendre les apports de chaque mise en pratique du maoïsme, comprendre que le maoïsme est l’idéologie communiste d’aujourd’hui.

Le capitalisme est à bout de souffle, incapable de surmonter ses propres contradictions, mais la bourgeoisie n’est pas prête à abandonner le pouvoir de son plein gré. La même idéologie corrosive d’abandon de la lutte, la politique de conciliation, les positions révisionnistes, réformistes et opportunistes, sources de restauration du capitalisme et d’abandon de la lutte de classe, désespèrent le prolétariat et les autres parties du peuple. Les partis bourgeois de droite ou de gauche font payer la crise dont ils sont responsables au prolétariat et aux masses populaires ; une partie dégoûtée par ces politiques se tourne vers les démagogues fascistes. Dans notre pays, dans tous les pays impérialistes et dans les pays qu’ils dominent, la montée du fascisme progresse et les guerres dans les pays dominés se développent et peuvent aboutir à un conflit mondial.

Développer le marxisme-léninisme-maoïsme à notre époque, c’est nous appuyer sur ce que cette théorie a apporté dans sa lutte contre le capitalisme, dans la construction du socialisme avec ses limitations dans chaque phase de son développement, les obstacles qui se sont dressés sur son chemin, pour parvenir à vaincre la bourgeoisie, bouleverser les rapports de production, conserver le pouvoir, transformer la façon d’envisager les choses du point de vue communiste en s’appuyant sur toutes les idées justes des masses pour transformer la société matérielle, mais aussi dans le domaine de l’idéologie. Il nous faut examiner quelles armes a employé la bourgeoisie pour tromper le prolétariat et restaurer le capitalisme dont il subit le talon de fer de nouveau où la dictature du prolétariat a été détruite et remplacée par celle de la bourgeoisie.

Notre tâche est de défendre, appliquer et développer le marxisme-léninisme-maoïsme !

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