7. Le mouvement ouvrier et la classe ouvrière

Programme du Parti Communiste maoïste

7. Le mouvement ouvrier et la classe ouvrière

Pour nous, marxistes, le moteur de l’histoire est la lutte des classes. En effet, depuis qu’est apparue la division de la société en classes, cette dernière a toujours était traversée par de puissantes contradictions entre des groupes sociaux évoluant en sont sein mais ayant des intérêts antagoniques.

Aujourd’hui, à l’époque de l’impérialisme, c’est à dire du capitalisme monopoliste, deux classes s’affrontent et leurs intérêts antagoniques nécessitent une lutte à mort, ce sont la bourgeoisie et le prolétariat. De l’issue de ce combat dépend l’avenir de l’humanité.

La bourgeoisie est une classe sociale qui fut révolutionnaire. Son développement a eu un rôle progressiste à une époque donnée. Elle a su renverser les barrières féodales qui entravaient le développement des moyens de productions. Son action a permis la naissance des manufactures, puis plus tard de l’industrie moderne et des hommes et femmes qui l’accompagne : la classe ouvrière. La bourgeoisie, en concentrant une masse considérable de prolétaires dans les grands centres industriels, a donné aux forces productives de la société un caractère de socialisation jamais atteint auparavant. En révolutionnant le développement des forces productives, la bourgeoisie a permis une accumulation de richesses jusqu’alors inenvisageable. Son pouvoir politique, l’Etat bourgeois, et toute la superstructure lui correspondant (lois, institutions, police, armée, etc.), lui assurent la propriété des moyens de production, et donc le contrôle de la production et la répartition des richesses au profit de sa classe.

Dans les pays à développement capitaliste avancé, nous nous trouvons donc en face de deux groupes sociaux aux intérêts antagoniques. Le premier, représenté par la bourgeoisie, possède les moyens de production et les richesses produites. Cette classe ne produit rien, elle vit sur la plus value tirée de l’exploitation de millions de prolétaires. De part cette contradiction, cette classe sociale n’est pas capable de subvenir aux besoins de tous les membres de la société.

De l’autre côté existe une classe aux intérêts divergents, c’est le prolétariat. C’est nous, les hommes et les femmes qui travaillons pour produire les richesses de la société. Notre classe ne possède que sa force de travail. Si la bourgeoisie est une classe décadente appartenant à l’histoire, le prolétariat, lui, est la classe de l’avenir, celle qui seule pourra construire une société où les classes sociales auront disparu, une société où la production servira à subvenir aux besoins de la totalité de ses membres. Cette société débarrassée de l’exploitation, nous la nommons Communisme.

D’un coté nous avons donc une majorité d’hommes et de femmes qui produisent les richesses de la société et n’en récoltent jamais les fruits, de l’autre il y a une classe parasite, la bourgeoisie, qui s’accapare les fruits du travail sans participer au processus de production. D’un côté, le prolétariat a intérêt à socialiser les moyens de production afin que les fruits du travail ne demeurent pas entre les mains d’une poignée mais qu’ils servent à l’amélioration des besoins (économiques, politiques, sociaux, culturels,…) sans cesse croissants de l’ensemble de la société. De l’autre, la bourgeoisie a intérêt à maintenir le système en place pour ne pas perdre les fabuleux avantages qu’elle possède au travers de sa domination de l’ensemble de la société, l’argent constituant la base de la liberté dans la société capitaliste. Nous voyons donc ici deux classes qui s’opposent l’une à l’autre et dont les intérêts ne peuvent se concilier.

L’ensemble des travailleurs et travailleuses ne sont pas tous ouvriers et ouvrières. Seuls le sont celles et ceux qui participent au processus de production de marchandises et dont le patronat extrait directement la plus-value. La classe ouvrière est donc le coeur du prolétariat. Cependant, l’ensemble du prolétariat (ceux qui ne possèdent que leur force de travail) a des intérêts convergents avec la classe ouvrière.

D’autre part, le prolétariat a des classes ou des parties de classes alliées, dans des proportions différentes qui dépendent du degré de contradiction que ces classes ou parties de classe ont avec la bourgeoisie : la petite-bourgeoisie (intellectuels, commerçants, artisans,…) et la petite et moyenne paysannerie. L’ensemble des alliés du prolétariat forme le peuple ou les masses populaires.

Au sein du prolétariat, certaines sections ont des intérêts objectifs au maintien de la domination bourgeoise car leur situation économique et sociale en dépend directement. Cela est également vrai pour la classe ouvrière. Lénine explique la formation d’une aristocratie ouvrière dans les pays impérialistes (comme la France) par le fait que la bourgeoisie forme une couche supérieure de la classe ouvrière en lui redistribuant une partie du surprofit issu de l’exploitation des pays dominés. L’aristocratie ouvrière cherchera toujours à préserver ses intérêts propres et aura donc une tendance au corporatisme, ne cherchera pas l’unité avec le reste de la classe et cherchera toujours la voie réformiste plutôt que la voie révolutionnaire qui pourrait mettre en danger son statut privilégié.

Une classe bien vivante

Contrairement à ce que prétendent les partisans de la thèse de la « fin de l’histoire », la classe ouvrière existe et partage des intérêts communs avec une partie importante de la population constituant le prolétariat.

Les falsifications quand à la fin de la classe ouvrière ne sont pas valables. La vision réactionnaire qui a contribué à propager l’idée qu’il n’y aurait plus aujourd’hui que des classes intermédiaire, et par extension plus de lutte de classe, est fausse. Il existe effectivement une classe ouvrière forte d’environ 7 millions de membres, soit environ 25 % de la population active. De façon plus large, le prolétariat est nombreux dans l’Etat français ; il rassemble environ 60 à 65 % de la population active (pour simplifier : classe ouvrière + employés à l’exclusion des cadres).

Ce qui en réalité a changé n’est pas le nombre d’ouvriers et ouvrières mais la structure de la classe ouvrière. Face aux années de restructuration capitaliste de l’appareil de production, la bourgeoisie poursuit l’atomisation, le morcellement et la division de la classe ouvrière. La bourgeoisie casse les grands centres de production qui réunissaient plusieurs milliers d’ouvriers et d’ouvrières. Plus de la moitié de la classe ouvrière travaille ainsi dans des entreprises de moins de 50 salariés. D’autre part, le secteur industriel a perdu des emplois alors que les secteurs agroalimentaire et logistique se sont développés.

La frange la plus exploitée de la classe ouvrière sont les ouvriers spécialisés, c’est-à-dire sans qualification, majoritairement composée d’immigrés et de femmes. Plus largement, le noyau dur du prolétariat est constitué par 1. les travailleurs et travailleuses pauvres ; 2. les prolétaires sans travail, de plus en plus nombreux et nombreuse en raison de la crise ; 3. les travailleurs ou travailleuses immigrés avec ou sans-papiers qui n’ont pas les même droits ; 4. les femmes, qui occupent en grande majorité les emplois les plus précaires et qui subissent toujours une discrimination supplémentaire (salaire, harcèlement, embauche, carrière,…) ; 5. les jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage et qui arrivent sur un « marché du travail » en tension et donc soumis à plus de pression et d’exploitation.

Etre au contact de la classe, ce n’est pas que dans les entreprises, mais également dans les lieux d’habitation. Si l’usine ou le chantier est une composante majeure de la vie ouvrière, le lieu de vie en est une toute aussi importante. Nous devons vivre au sein de notre classe et pouvoir y avoir une véritable présence. Pour cela il faut nous emparer de chaque problème du quotidien, même insignifiant. Nous devons être là face aux problèmes du logement, de la vie chère, de la malbouffe, du harcèlement et pressions policières, du chômage, et à tous les autres problèmes qui touchent les travailleurs et travailleuses. Nous devons également développer une politique sous le mot d’orde « SERVIR LE PEUPLE », être capables d’amener des solutions concrètes à des problèmes concrets et pas simplement de la palabre et du papier. Nous allons enquêter et intervenir sur les lieux d’habitation de la classe ouvrière, y compris au travers d’organisations de masse plus larges, comme des clubs de sport, des activités culturelles, etc. C’est ainsi répondre à notre tâche actuelle qui est « relever la tête et reprendre nos affaires en main » autour du développement d’activités favorisant l’unité de la classe ouvrière. C’est aussi la question de l’auto-organisation de la classe comme aspect stratégique.

Nous vivons dans une période de crise économique, ce qui induit un regain d’intensité dans la lutte des classes. La bourgeoisie obéit à la loi fondamentale du capitalisme qui est la recherche du profit maximum en un temps minimum. La crise est donc une opportunité pour elle de réorganiser son appareil de production. Il y a les fusions-acquisitions qui se traduisent généralement par des licenciements, il y a les délocalisations qui mettent à la porte tous et toutes les ouvriers et ouvrières. D’autre part, le chômage étant galopant, les patrons n’hésitent pas à faire du chantage au salaire et au temps de travail, forçant les ouvriers et ouvrières à accepter des conditions de travail de plus en plus difficile en faisant croire que les intérêts de l’entreprise sont les mêmes pour les salariés que pour les patrons, etc.

Le chômage a été analysé par Marx non comme une fatalité mais bien comme un mécanisme à part entière du capitalisme, permettant à la bourgeoisie de mettre sous pression le prolétariat. Ainsi pour Marx les chômeurs constituent « l’armée industrielle de réserve ». Cela est d’autant plus visible aujourd’hui où non seulement le chômage est élevé mais où l’emploi est de plus en plus précaire. C’est tout bénéfice pour le patronnat qui augmente la pression sur les salaires ainsi que les cadences : il faut travailler plus, plus vite, plus longtemps et pour un salaire au rabais. Les ouvriers et ouvrières au chômage font partie de la classe. Les plus touchés sont les femmes, les jeunes et les immigrés.

Actuellement, nous pouvons également voir une prolétarisation d’une frange de la petite-bourgeoisie qui, ruinée par la crise, tombe dans les rangs du prolétariat (au sens économique). C’est le cas par exemple de petits artisans, de commerçants ou encore d’intellectuels ne trouvant pas de débouchés suite à leurs études. Le problème de ce phénomène est que le niveau de conscience politique de la petite-bourgeoisie en voie de prolétarisation ne suit pas nécessairement leur condition matérielle. En l’absence d’un véritable Parti Communiste représentant les aspirations politiques de la classe ouvrière, cette petite-bourgeoisie en voie de prolétarisation est poussée dans les bras de la réaction. C’est ce qu’il se passe en ce moment.

La nécessité du féminisme prolétarien révolutionnaire

Dans le prolétariat, les femmes sont plus exploitées mais surtout, elles subissent une oppression supplémentaire, celle des hommes issue du patriarcat qui est lui-même intimement lié au capitalisme. Les femmes prolétaires ont ainsi le plus intérêt à changer la société parce que subissant une oppression supplémentaire, de se rassembler, de s’organiser, de prendre leur destin en main à travers le Parti. Le rôle des femmes prolétaires est de premier plan dans la révolution, dans toutes les Guerres Populaires les femmes ont un rôle de premier plan. Nous travaillons à développer un front féministe prolétarien au sein duquel les femmes peuvent organiser leur lutte, soutenues par les camarades hommes. Ceci permet d’organiser des espaces au sein desquels les femmes peuvent se réunir, des moyens d’autodéfense, des campagnes en faveur de leurs droits, …

Les femmes prolétaires deviennent une arme terrible contre la bourgeoisie et ses idées quand elles se mettent en mouvement, elles sont la force de la transformation. La radicalité du féminisme prolétarien révolutionnaire dans l’histoire de notre mouvement est un exemple qui doit inspirer les masses féminines prolétariennes.

Le Parti doit donc s’emparer de la question du féminisme prolétarien révolutionnaire d’une telle façon qu’elle lui soit indissociable, comme partie primordiale de la lutte de classe. Il doit ainsi permettre le développement de la lutte en son sein, à travers les camarades comme ses instances, en s’appuyant sur les idées justes du peuple, via un mouvement général et constant de critique et d’auto-critique qui doit permettre de corriger toutes ces tendances patriarcales qui nous contaminent comme elles contaminent chaque prolétaire vivant dans les marécages capitalistes. Ce processus de transformation ne peut se dérouler qu’à travers la lutte de classe contre la bourgeoisie au cours de laquelle l’unité entre hommes et femmes ne peut se renforcer que par la lutte contre les positions erronées au sein de la classe.

Les travailleurs et travailleuses immigrés

L’impérialisme français s’est construit non seulement sur l’exploitation des ressources premières des pays dominés tout autour du globe mais également de la main d’œuvre de ces pays. Ainsi, la reconstruction après la 2ème guerre mondiale n’a été possible qu’avec le recrutement massif de travailleurs immigrés venant des colonies.

L’immigration est un élément important dans la société capitaliste. Parmi les immigrés, beaucoup sont membres de la classe ouvrière qui est elle-même appelée à renverser le capitalisme.

La bourgeoisie utilise les contradictions au sein du peuple pour répandre le racisme, sapant l’unité de la classe ouvrière. Nous devons fermement lutter pour l’unité de la classe ouvrière dans toute sa diversité.

Nous prenons en compte ce qui a déjà été réalisé par les communistes avant nous sur ce terrain là, le Parti Communiste jusqu’en 44 avec notamment les FTP-MOI, et la Gauche Prolétarienne.

La GP a mené ou a été à l’initiative d’importantes luttes de travailleurs immigrés non seulement dans les usines comme celles des O.S à Renault, mais aussi contre les conditions de travail, contre les maladies professionnelles comme à Pennaroya (saturnisme).

Les assassinats de travailleurs immigrés ont été nombreux dans les années 70, des travailleurs sortant des abattoirs de la Villette ont été jetés dans le canal de l’Ourcq, la GP a organisé des rondes de protection. Les assassinats n’ont pas cessé pour autant, même s’ils ne sont plus si concentrés comme c’était le cas de la Villette.

Elle a lutté pour la carte de travail (carte de 10 ans) à Amiens et Sainte Geneviève des Bois.

Elle a impulsé la lutte des travailleurs du foyer noir d’Ivry, et la lutte nationale des foyers Sonacotra pour de meilleures conditions de logement et la baisse des loyers.

La Gauche Prolétarienne a lutté sur les lieux de travail, sur les lieux de vie et sur le chemin entre les deux.

L’émancipation des travailleurs immigrés est impossible sans une révolution socialiste par la guerre populaire prolongée, il sont une des grandes forces motrices de la révolution dans l’avant-garde ouvrière. Ils le seront au même titre qu’ils le furent pendant la seconde guerre mondiale, où les travailleurs immigrés organisés dans la FTP-MOI sous la direction du Parti Communiste, ont formé certains des rangs les plus combatifs de la résistance anti-fasciste. Les travailleurs immigrés en France furent les glorieux martyr de la lutte contre le nazisme.

Prolétaires de tous les pays, unissons nous !

Vive l’union de la classe dans sa diversité !

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