La catastrophe ne peut plus être niée : seule la révolution sociale peut empêcher le désastre

Tout le monde s’accorde à le dire : la situation environnementale est alarmante. Il ne s’agit plus d’une lubie de radicaux ou d’un obscur concept scientifique. Médias, politiciens et dirigeants d’entreprises capitalistes n’essaient plus de nier la catastrophe en court. Mais ils ne peuvent pas non plus la traiter frontalement. Ils la minimisent donc, en prétendant faire leur part, en publiant des « appels » relayés sur les principaux médias et listant un ensemble de mesures qui bien sûr ne sont jamais appliquées. Quant aux responsables, qui sont-ils ? Certains commencent à pointer du doigt les décideurs politiques, à la suite des grandes entreprises – dont 100 sont responsables de plus de 70% des émissions mondiales de carbone selon le Carbon Majors Report 2017. Mais la classe dirigeante individualise le problème, prétendant à longueur de temps qu’il s’agit d’un simple choix individuel, de consommation. Mangez bio, économisez l’eau de votre douche, triez vos déchets, consommez « éthique », et ne vous plaignez pas, en somme, quand les catastrophes arrivent. Fermez les yeux sur la destruction systématique de l’environnement liée à la production de déchets toxiques, à la pêche intensive, à l’anéantissement des forêts, à la pollution des sols, des airs et des eaux par le glyphosate, les particules fines, le plastique et tant d’autres choses…

La transformation du climat terrestre directement due à l’activité humaine impose des mesures radicales dans les deux prochaines années, selon le cinquième rapport des experts du GIEC demandé lors de la COP21. Pourtant, les projets les plus ambitieux des gouvernements visant à réduire l’étendue de la catastrophe s’étalent sur cinquante ans, et additionnent des mesures minimales, avec très peu de contraintes pour les entreprises. Comment considérer autrement que comme des criminels ou des déments, des personnes tenant les rênes du pouvoir, et préférant voir la Terre ravagée plutôt que de froisser des entreprises en touchant à la sacro-sainte croissance ?

Nous sommes arrivés à une époque où il devient plus facile d’imaginer la fin de la vie sur Terre telle que nous la connaissons, que d’imaginer la fin du mode de production capitaliste. Les défis qui nous attendent sont donc tout à fait nouveaux par rapport aux mouvements politiques des deux derniers siècles. Il ne s’agit plus seulement de renverser un système économique injuste ne profitant qu’à une minorité. Il s’agit de préserver le patrimoine commun de toute l’humanité. D’offrir aux générations futures, mais également à la vie naturelle telle qu’elle existe sur notre planète, un avenir. Il est désormais trop tard pour empêcher que des dégâts terribles soient infligés à l’environnement. Des espèces disparaissent par dizaines, le dérèglement du climat produit des catastrophes de plus en plus meurtrières, des mers s’assèchent. Mais nous pouvons encore éviter le pire.

Cela ne se fera pas sans sacrifice. Disons-le tout net : cela ne se fera pas sous le capitalisme. Le marché n’est pas la solution, mais la cause du désastre. Les économistes récompensés par le “Prix Nobel” d’économie 2018, William Nordhaus et Paul Romer, théorisent un « développement durable » permis par les avancées technologiques ou déterminent le coût économique de la production de carbone. En résumé, les meilleurs penseurs libéraux en sont réduits à se mettre la tête dans le sable, tentant de concilier deux impératifs opposés : un marché mondial en pleine croissance, ou la préservation de la vie sur Terre.

A quoi s’attendre dans les prochaines années ? Le dérèglement climatique lié à la réduction des espaces vivables aura des conséquences touchant directement la grande majorité de l’humanité. En termes de classe, c’est toujours le prolétariat qui subira au niveau mondial les guerres de repartage impérialistes, les déplacements forcés dus à ces conflits et aux changements climatiques, les catastrophes naturelles, la pollution, etc. La bourgeoisie pourra encore ignorer le déluge un temps avant de sombrer elle aussi, mais elle aura entraîné le monde entier dans sa chute. A court terme, destruction de nos droits et montée du fascisme face à la crise ; à moyen terme, guerres de repartage inter-impérialistes, comme celles qui déchirent actuellement le Moyen-Orient ; à long terme, destruction de la vie sur Terre telle que nous la connaissons. Voilà ce que nous réserve le futur sans organisation et sans révolution, les exploités étant encore une fois en première ligne.

C’est pourtant du prolétariat, et plus particulièrement de la classe ouvrière, que dépend l’avenir. Seule une restructuration profonde de la production mondiale peut permettre un changement économique radical. Aucune alternative existant en marge du capitalisme globalisé ne sera suffisante, aussi autogestionnaire et éthique soit-elle. Il ne s’agit plus de faire vivre un autre monde en marge de la tempête, mais d’affronter cette dernière avant qu’elle ne balaie tout. Cette restructuration profonde que même Francis Fukuyama, le théoricien de la « fin de l’Histoire » néolibérale, a récemment admis comme nécessaire, passe par la planification. Par le socialisme. Une économie socialiste n’est pas une économie de misère, c’est la mise en commun des moyens de production pour répondre de manière rationnelle aux besoins du plus grand nombre.

Nous ne croyons pas au libéralisme, nous ne croyons pas non plus aux impasses réformistes et aux rêveries alternatives. Nous croyons dans un combat, dans une lutte de classe menée pour la survie de l’environnement et pour la révolution sociale, les deux étant désormais liées. Nous croyons ce que nous voyons, comme les colonnes de guérilla aidant les populations à lutter contre les intempéries et à chasser les grands projets capitalistes aux Philippines et en Inde. Tout changement radical implique un affrontement, car nous savons que la classe dominante préférera voir le monde s’effondrer plutôt que de céder ses privilèges. Il est temps de prendre nos responsabilités, il est temps de renforcer les forces menant le combat révolutionnaire.

Aujourd’hui plus que jamais, notre stratégie est la guerre populaire pour la mise en place d’une société nouvelle, débarrassée du capitalisme.

Socialisme ou destruction de la vie sur Terre !

Macron, le plan pauvreté et l’attaque contre la classe ouvrière

Macron, le plan pauvreté et l’attaque contre la classe ouvrière

Le gouvernement Macron détruit de manière rapide le droit du travail conquis par la classe ouvrière dans une lutte de classe intense, car l’intensification de la concurrence entre les pays impérialistes ne permet plus au capitalisme français de s’offrir un système d’Etat-providence comme c’était le cas après-guerre.

Le plan pauvreté de Macron, c’est un filet de sécurité très bas, bien plus bas que ce qui existe actuellement, pour permettre aux travailleurs de survivre et les obliger à revenir au travail.

Dans notre société, les travailleurs doivent vendre leur force de travail pour vivre : c’est à dire qu’ils vont sur le marché du travail, et vendent un temps (par exemple, 7h), chaque jour, à un patron. Ce patron leur paye leur marchandise. Il paye la valeur de la marchandise : le temps nécessaire à sa production. La marchandise force de travail nécessite un certain nombre de biens et services pour être reproduite de la même façon.

Seulement, les patrons, les entreprises, pour embaucher, ne veulent pas payer cher cette marchandise. Car elles doivent valoriser leur capital, c’est à dire faire du profit pour détenir plus de capital et résister à la concurrence. Donc, l’Etat donne des aides sociales. C’est à dire : après avoir pris l’argent des travailleurs (payé sous forme de TVA, d’impôts directs et indirects), il en redonne une partie suivant leur revenu pour aider à leur survie, et leur permettre de revenir au travail en étant productif.

Il y a plusieurs types de mesures dans ce plan pauvreté.

Les premières sont de l’ordre de l’aide aux entreprises : pour la petite enfance, par exemple, il y a des aides pour les entreprises qui s’installent dans des zones prolétariennes pauvres où leur profit serait surement faible. Mais il ne s’agit pas d’aider les masses ! Le gouvernement aide les entreprises à conquérir de nouveaux marchés laissés pour compte car la rentabilité immédiate n’est pas assurée. Ça ne changera rien pour les plus pauvres de ces zones, qui n’auront toujours pas accès à ces services où les listes d’attentes énormes et les tarifs élevés privent les parents qui en auraient le plus besoin d’aide pour leurs enfants.

Les secondes sont de l’ordre de la formation : un plan de formation de 600 000 personnes pour la petite enfance, un plan pour élargir la “garantie jeune” à 500 000 personnes, une aide à la reprise d’emploi pour 250 000 personnes “très éloignées de l’emploi”.. Le but est évidemment de former des travailleurs en masse, qualifiés ou non. Certains étaient très éloignés de l’emploi pendant un temps et pouvaient “survivre” grâce aux aides sociales, à l’aide des familles, etc. D’autres auraient aimé faire des études supérieures plutôt que d’être relégué aux missions non qualifiées, comme la manutention ou le service au restaurant. Enfin, on formera plus de travailleurs qualifiés dans l’industrie (informatique, santé, etc) pour casser encore le coût du travail.

Les troisièmes sont l’élargissement d’un “filet de protection” (très bas) pour les travailleurs : ça fait social, ça aide un peu quelques personnes, par exemple les repas à 1 à la cantine, l’élargissement de la CMU… Cela permet aux plus pauvres de continuer à se soigner à minima, de nourrir leurs enfants à minima. Le gouvernement de Macron adopte une position idéologique bien connue de la bourgeoisie quant à la pauvreté : il ne s’agit pas de rendre les pauvres moins pauvres, mais de créer les conditions pour que certain pauvres deviennent riches. C’est évidemment une position idéaliste.

Avec des mesures comme ce “filet”, l’Etat révèle sa nature de classe à travers l’écran de fumée idéologique : il ne s’agit pas d’adresser les causes de la pauvreté et de la précarité de la classe ouvrière de l’Etat français, mais d’appliquer un pansement sur une jambe de bois, en attendant que les problèmes structurels apparaissent au prochain quinquennat… ou à celui d’après.

Enfin, la dernière mesure, la plus importante, c’est la création d’un simili de “revenu universel” qui détruit les aides sociales. Et qui, bien sûr, est conditionné à la recherche d’emploi active, l’inscription à un programme “d’insertion” (de formation pour un travail de merde), etc… En bref : baisser le coût des aides sociales grâce à une aide unique ; et obliger les prolétaires à prendre un emploi sans pouvoir réellement bénéficier d’un chômage, pour lequel ils ont pourtant cotisé. D’un autre coté, le prélèvement à la source permettra aussi de transformer les cotisations sociales en un impôt, qui n’ira plus à la caisse du chômage mais à l’Etat, directement, qui pourra décider par décret de la baisse ou de la hausse des aides.

Le sens de ces mesures est simple : il faut détruire la possibilité de ne pas travailler pour les prolétaires ; pour beaucoup de gens, le chômage est un passage régulier dans notre société, où l’on enchaîne pour beaucoup de prolétaires travail difficile, chômage, petits boulots, RSA, activités au noir, etc…

Cela permet d’augmenter la masse permanente de travailleurs en recherche d’emploi, donc de baisser le coût du travail dans certains secteurs assez qualifiés, comme la santé ou l’informatique, et de permettre aux entreprises non qualifiées de recruter plus facilement des gens qui fuient ces secteurs. Le but : un système à l’anglaise ou l’allemande, ou se généralise le travail obligatoire, qui permet de toucher 1 ou 2€ de l’heure en plus de prestations sociales. Et cela pour le plus grand bénéfice des entreprises.

Toutes ses mesures ont un coût : ce qui est économisé sur les aides sociales est remis en place pour faire survivre les travailleurs les plus pauvres, mais une grande somme d’argent est mise en place pour la formation ou les aides aux entreprises, pour le bénéfice unique de ces entreprises. En somme : il va falloir, à coté de ça, faire des économies… sur le dos des travailleurs.

Maintenant, à quoi s’attendre ?

Le niveau d’organisation ainsi que le niveau de politisation dans notre société est encore bas, il n’y aura probablement pas de grande résistance combative à cette réforme. Mais la lutte de classe ne s’arrête jamais, elle est le sang qui coule dans les veines de la société de classe. Dans les entreprises, dans les quartiers, les masses résistent à la baisse des salaires et aux difficultés posées par la vie de tous les jours.

Les prochaines réformes vont empirer le clientélisme, la pauvreté, le travail forcé, le travail au noir et tous les modes de survie : on peut s’attendre à un renforcement du contrôle du RSA et du chômage avant leur fusion dans une aide unique ; à un recul de l’âge de la retraite, à une baisse des cotisations pour maintenir le salaire quotidien – ce qui détruira encore un peu plus les services publics, les aides sociales, poussera à leur privatisation et à la baisse des salaires dans ces secteurs.

Ainsi les Communistes ne doivent plus compter seulement sur les grands mouvements comme en 2006, 2008 ou 2010 pour organiser les masses, mais plutôt sur un long travail quotidien d’aide au peuple, ce qui veut dire : le servir directement pour l’aide quotidienne, attaquer ses ennemis, et organiser ses activités pour y impliquer les masses, leur donner les clefs de notre résistance.

Non au plan pauvreté !

Non à la politique réactionnaire du gouvernement !

La seule solution : avancer vers la révolution socialiste !

La lutte de libération nationale dans l’État Français – L’année 1944

Il est important aujourd’hui de réaffirmer le caractère de classe de la Résistance et du combat qui a été mené face à une droitisation de plus en plus importante de l’historiographique française à ce sujet. Entre le mythe des « vichysto-résistants », de la « gauche qui aurait plus collaboré que l’extrême-droite » ou encore de « la Résistance qui serait finalement un tout interclassiste », il est vital de rappeler que ce sont majoritairement les masses populaires qui se sont lancées dans la Résistance et qui ont mené la lutte armée, là où d’autres secteurs de la Résistance affiliés à Londres où à la droite, n’attendaient que le débarquement des Alliés.

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Des nouvelles du mouvement révolutionnaire au Manipur

Le Manipur est un territoire contrôlé par l’État indien frontalier avec la Birmanie. Il est habité par une population de 2 millions et demi de personnes, et plus d’un tiers de celle-ci vit sous le seuil de pauvreté dans une économie principalement rurale. Les ouvertures récentes du Manipur au tourisme et les politiques agressives de l’État indien sur les populations indigènes complètent le tableau d’un des états les plus pauvres de l’Inde. Dans ces conditions économiques, sociales et politiques, l’oppression appelle la résistance. Et la révolution vit et se développe au Manipur !

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Igor Mendes, fils du peuple brésilien, combattant du prolétariat international n’est pas seul

Avant la coupe du monde du football qui s’est déroulée au Brésil en 2014, de grandes manifestations de masses, impliquant particulièrement la jeunesse populaire ont eu lieu. Elles visaient à protester contre la tenue d’un tel cache misère destiné à la propagande du régime compradore, contre l’immense gaspillage de ressources, contre les sanglantes attaques anti-populaires de « nettoyages » des quartiers pauvres et contre la destruction de plusieurs centaines d’habitations que la mise en place de la coupe du monde nécessitait.

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