De Rugy en liberté, les militants ouvriers emprisonnés

La semaine dernière, les médias bourgeois ont parlé du Parti Communiste maoïste à la suite d’une action menée contre le domicile de l’aristocrate et ministre De Rugy. Aujourd’hui, nous continuons à porter la responsabilité de cette action. Nous l’avons réalisée pour plusieurs raisons :

  • D’abord car cette « affaire De Rugy » a fait beaucoup parler. Après plusieurs mois de mouvement des Gilets Jaunes contre la vie chère, De Rugy a rappelé à tout le monde que pendant que les prolétaires triment, les bourgeois profitent d’un train de vie luxueux aux frais des masses. Ses nombreux repas entre amis, payés avec les impôts, montrent l’indécence de la bourgeoisie et de ses laquais aux plus hauts postes du gouvernement. Notre but premier était donc de montrer que face à cette situation, les masses peuvent relever la tête et faire face à la bourgeoisie directement. L’ensemble de la classe bourgeoise nous exploite, mais le cas particulier de De Rugy et son retentissement en font un exemple particulièrement marquant.

  • Deuxièmement, car avec la démission de De Rugy et sa disculpation attendue par les institutions bourgeoises, « l’affaire De Rugy » a arrêté de faire les gros titres des journaux. Malgré le scandale, « l’affaire » s’est tassée et De Rugy va pouvoir désormais confortablement profiter de son mandat de député, payé grassement comme d’habitude. Même si l’étendue du scandale l’avait forcé à démissionner de tous ses postes de responsabilité, on sait que les politiciens trouvent facilement des postes dans le privé, comme cadres de grandes entreprises, fonds d’investissement, banques etc. C’est donc une question de classe avant tout : De Rugy pourrait quitter son logement à loyer plafonné, ou arrêter de manger du homard pour toujours, il resterait un ennemi de classe. Notre action vise à faire comprendre largement à la bourgeoisie qu’ils ne s’en tireront pas en étouffant des « affaires ». L’ensemble du mode de production économique les maintient à leur position, et c’est seulement par le renversement violent de leur classe que nous pouvons changer cette situation.

Maintenant que cette action est passée, l’État bourgeois cherche des coupables, pour faire taire toutes celles et ceux qui se sont dits « il l’a bien cherché ! » quand ils ont vu De Rugy menacé. Moins d’une semaine après le tag, les flics de Nantes ont arrêté un ouvrier sur son lieu de travail, en l’accusant d’avoir été l’auteur du tag. Bien connu des luttes des masses dans l’État français, cet ouvrier a été réprimé par la « justice » pour ses actions lors de la lutte de la loi Travail en 2016 et il s’est distingué dans la lutte anti-fasciste, syndicale et la lutte des Gilets Jaunes récemment. L’acharnement de l’État s’est abattu immédiatement sur lui pour un simple tag pendant que les bourgeois détournent des millions et se goinfrent sur notre dos. De manière aveugle, sans preuve de son implication dans cette affaire ou de la moindre appartenance partisane, la police a emprisonné ce militant, simplement parce qu’ils l’avaient sous la main. C’est un exemple de la situation de répression dans laquelle on vit aujourd’hui, où beaucoup, simplement par leur classe, leur couleur de peau et origine, sont constamment harcelés par la police, passent des nuits au poste et des journées en convocation, alors qu’ils n’ont strictement rien fait.

On voit bien ici les priorités de l’État bourgeois et de son bras droit policier : à Nantes le 21 juin, Steve Maia Caniço disparaissait après une charge de flics lors de la Fête de la Musique. Son corps n’a toujours pas été retrouvé un mois après, et la police de Nantes couvre les responsables de sa disparition. En attendant, elle trouve le temps et les moyens de viser des individus pour leur implication dans la lutte de classes, et de réprimer à tour de bras. Cette situation dans l’État français a souvent été pointée du doigt par les masses lorsque les médias bourgeois ont publié l’annonce de l’arrestation du militant nantais. Il n’y a aucun doute que la bourgeoisie cherche à faire de ce militant un exemple, sans tenir compte de la vérité et des preuves. Son emprisonnement pour des vieilles raisons datant de 2016 nous le montre. Nous devons accentuer la solidarité pour tous les prisonniers politiques, et montrer que nous sommes unis pour défendre celles et ceux qui subissent les attaques de la bourgeoisie en première ligne.

Liberté immédiate pour le prisonnier nantais et tous les prisonniers politiques !

Liberté pour les Gilets Jaunes et tous les enfermé.e.s du mouvement de masse !

Justice pour Adama, Steve, Aboubakar et tous les autres !

De Rugy, on te fera payer !