8 mars : Développons et renforçons partout le féminisme prolétarien révolutionnaire !

feminisme prolétarien révolutionaireEn parallèle de ce communiqué, nous vous invitons à lire le texte d’Anuradha Gandhi sur la Journée Internationale des femmes publié sur Inde Rouge. C’est l’occasion de rappeler que nous avons traduit et publié l’année dernière un recueil de textes d’Anuradha Gandhi intitulé « Pour un féminisme prolétarien révolutionnaire ».

Ce 8 mars sera encore une journée particulièrement importante pour revendiquer l’abolition du patriarcat, système d’oppression des femmes par les hommes apparue avec la division de la société en classes, et l’égalité hommes-femmes à l’occasion de journées de manifestations.

Conflits impérialistes et montée du fascisme :
La situation des femmes en France et dans le monde

Sur le plan international, les contradictions entre impérialisme et nations opprimées s’aiguisent, ce sont les femmes des pays opprimés qui font les frais en premier de la domination impérialiste. Elles doivent faire face aux guerres de repartage que les impérialistes causent dans leurs pays. Elles font face à l’exploitation la plus brutale dans les usines textiles qui prennent feu régulièrement comme au Bangladesh. Nombre d’entre-elles doivent quitter leurs pays à cause du chômage et de la misère causée par le pillage impérialiste pour aller travailler à l’étranger en espérant pouvoir ainsi envoyer leur enfant à l’université. C’est le cas notamment aux Philippines où 30 % de la population active vit à l’étranger, en grande majorité des femmes travaillant surtout dans les emplois domestiques. Les femmes des pays opprimés sont aussi les premières victimes de l’exploitation sexuelle par les impérialistes avec le tourisme sexuel et elles composent la majorité des rangs des travailleuses du sexe dans les pays impérialistes. Et en plus de cela, elles doivent encore se battre contre les traditions féodales maintenues par les dirigeants compradors à la solde des impérialistes dans leurs pays.

ayeleLes femmes prolétaires des pays impérialistes ne sont elles non plus pas épargnées. En France dans les médias, on a pu entendre parler de Fadila et Ayele, deux femmes qui subissent le racisme et le patriarcat respectivement caissière à Auchan et O’marché frais, toutes deux victimes de fausses couches sur leurs lieux de travail à cause d’efforts et de cadences soutenus imposés par leurs patronnes qui n’ont pas pris en compte leur situation de grossesse comme le prévoit le Code du Travail. On a pu aussi entendre parler de Jacqueline Sauvage, une femme qui prisonnière du climat de terreur et de violences conjugales de son mari, a dû le tuer pour se libérer après 47 ans de vie commune et de violences physiques et psychologiques. Elle a été emprisonnée plus de 2 ans jusqu’à ce que la mobilisation autour d’elle parvienne à la faire libérer. Il y a également eu la volonté de faire présider la cérémonie des Césars à Paris par Roman Polanski, cinéaste pédophile condamné pour viol sur une mineure de 13 ans, et malgré le fait qu’il soit fugitif et qu’INTERPOL le recherche, est bien accueilli en France ainsi qu’en Suisse et en Pologne. Le viol de Théo par la police conséquence d’un racisme toujours plus agressif, est également conséquence du patriarcat, la police étant la force répressive de l’Etat bourgeois et patriarcal et par conséquent un corps ultra viriliste qui viole et agresse sexuellement.

Mais tout cela n’est encore que le sommet de l’iceberg ! L’oppression des hommes sur les femmes est une oppression que les femmes subissent au quotidien. Au travail dans l’État français, les femmes gagnent 20% de moins en moyenne que les hommes, elles représentent 83% des travailleurs à temps partiel la plupart du temps contraint et plus de 20% d’entre elles sont au chômage. Pour des millions de femmes prolétaires, la réalité c’est de faire des doubles journées en étant assignées à des tâches ingrates en échange d’un salaire qui ne sont que la continuité des tâches ménagères non-rémunérés au domicile (ménage, tâches liées à l’éducation de l’enfant, aide à la personne, cuisine…), sachant que les femmes passent au moins deux fois plus de temps à s’occuper des tâches ménagères au domicile que les hommes. Ainsi, les travailleuses des secteurs les plus « féminins » comme l’aide à domicile composée à plus de 90% de femmes se retrouvent dans une situation où résister face au patronat et s’organiser est encore plus difficile que pour les hommes. C’est pourquoi la question d’organisations spécifiquement de femmes prolétaires est une question très importante pour lutter contre l’oppression patriarcale et permettre à la lutte des classes d’être pleine et entière en mettant les femmes qui sont la moitié du peuple et qui ont une raison de plus d’être révoltées à l’avant-garde.

En outre, les violences conjugales montrent de manière frappante la violence du patriarcat. L’an dernier, les médias et internet ont mis en lumière 120 assassinats de femmes par leur compagnon ou leur ex. Cette année nous en sommes déjà à plus de 20. Et on ne parle que des meurtres, combien doivent subir au quotidien les harcèlements, les violences, les viols ? Et sur le lieu de travail par des supérieurs ou encore dans la rue ?

En plus des violences physiques et verbales, toute la culture dominante est imprégnée de valeurs patriarcales comme on le voit dans les pubs, les magazines, les films, où « la femme » est tantôt hypersexualisée, présentée comme une vulgaire marchandise ne demandant qu’à être consommée par les hommes, tantôt présentée comme vénale et superficielle passant ses journées à dépenser tout et n’importe quoi à l’aide de l’argent durement gagné par son mari qui incarnerait la raison.

La montée du fascisme a des conséquences directes sur la condition et les droits des femmes. Le droit à l’lVG se voit menacer dans plusieurs pays d’Europe, comme en Pologne, tandis que la candidate du Front National est aussi menaçante sur ce plan là. La montée du fascisme s’exprime aussi de la manière la plus violente dans les attaques contre les femmes voilées que ce soit les agressions physiques, les insultes ou les décrets du gouvernement.

Féminisme prolétarien contre féminismes bourgeois et petit-bourgeois

Certaines personnes prétendent être « féministes » en ignorant complètement la lutte de classes. Ce féminisme qui prétend dépasser la question des classes est celui diffusé par les féministes bourgeoises et petites-bourgeoises. Elles vont s’intéresser aux problèmes qui concernent les bourgeoises et des petites-bourgeoises comme le manque de parité parmi les politiciens, les dirigeants d’entreprise, le manque de parité chez les ingénieurs, chez les cadres, etc. En ignorant la lutte des classes, elles vont par la même occasion ignorer la question de l’impérialisme : elles vont militer par exemple pour une meilleure place des femmes dans l’armée. D’autres vont plutôt tenir un discours radical en parole en présentant la contradiction hommes-femmes comme une contradiction antagonique c’est-à-dire inconciliable alors qu’elle représente une contradiction au sein du peuple qui se résout par toute une lutte politique et idéologique et non pas par une guerre déclarée entre d’un côté les femmes et de l’autre les hommes. Comme l’a écrit la camarade Anuradha Ghandy dans Les courants philosophiques dans le mouvement féministe à qui nous rendons hommage, une des fondatrices du mouvement maoïste en Inde avec la fondation du PCI(ML) dans les années 70, morte en martyr en 2008 alors membre du Comité Central du PCI(maoïste) et responsable du Sous-Comité Central des Femmes depuis sa création :

« Tout en faisant de très fortes critiques de la structure patriarcale, les solutions qu’elles proposent sont en fait réformistes. Leurs solutions sont axées sur l’évolution des rôles, des traits, des attitudes, des valeurs morales et de la création d’une culture alternative. Pratiquement, cela signifie que les gens peuvent dans une certaine mesure abandonner certaines valeurs, que les hommes peuvent renoncer à des traits agressifs en les reconnaissant comme patriarcaux, les femmes peuvent essayer d’être plus audacieuses et moins dépendantes, mais quand toute la structure de la société est patriarcale, la question de savoir dans quelle mesure ces changements peuvent arriver sans renversement du système capitaliste tout entier est une question qu’elles ne traitent pas du tout. Donc, cela finit par se transformer en petits groupes qui tenter de changer leur mode de vie, leurs relations interpersonnelles, l’accent est mis sur les relations interpersonnelles plutôt que sur l’ensemble du système. »

17122116_793603647459951_1504426517_oLa contradiction principale à l’intérieur notre société est la contradiction prolétariat-bourgeoisie, c’est sur celle-ci qu’est basée le mode de production capitaliste qui maintient et aggrave l’oppression des femmes. Des deux côtés il y a des femmes mais avec des intérêts irréconciliables, des intérêts de classe. C’est par une solide union des femmes et hommes prolétaires que la perspective révolutionnaire d’abattre l’Etat bourgeois et de construire une nouvelle société pour atteindre le communisme peut se concrétiser. C’est dès aujourd’hui que les femmes doivent se battre contre le patriarcat, doivent lutter pour obtenir des victoires en mobilisant leur force collective tout en ayant l’objectif révolutionnaire du communisme car c’est seulement sous le communisme que les conditions seront réunies pour éradiquer définitivement le patriarcat et atteindre l’émancipation.

Comme on a pu le voir les femmes prolétaires subissent pour beaucoup d’entre elles non seulement une double oppression du fait de leur genre et de leur classe mais aussi souvent une triple oppression du fait de leur origine – immigrée ou fille d’immigrées.

De part leurs conditions, les femmes prolétaires ont d’immenses raisons de se révolter, de mener la révolution, étant à la base de la production et du travail reproductif, elles ont un pouvoir énorme et leur force collective est une menace puissante contre le capitalisme et l’impérialisme. Les femmes prolétaires ont un rôle centrale à jouer dans la révolution, elles sont celles qui ont le plus intérêts à cette dernière. Cela se manifeste notamment dans les Guerres Populaires dirigées par les Partis Communistes suivant le marxisme-léninisme-maoïsme comme en Inde ou aux Philippines où les femmes rejoignent massivement la révolution dans les rangs du Parti, du Front et de l’Armée Populaire. Chaque jour le combat sans relâche que mène ces femmes qui subissent le plus violemment la triple oppression nous prouvent qu’elles sont le fer de lance de la révolution ! En se libérant les femmes prolétaires libèrent non seulement toutes les femmes mais aussi l’humanité toute entière !

Comme en Inde, aux Philippines, au Brésil, en Turquie, en Italie, au Canada, en Allemagne, ou en Autriche où des organisations féministes prolétariennes et révolutionnaires sont constituées ou se constituent, travaillons à la création d’un front combatif des femmes prolétaires dans l’Etat français !

A l’assaut du capitalisme, de l’impérialisme et du patriarcat !

Vive la lutte des femmes !

Luttons pour un féminisme prolétarien et révolutionnaire !

Mouvement Féminin Populaire – Brésil

 

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 Sommaire :

Hommage à Anuradha Gandhy

Le mouvement révolutionnaire des femmes en Inde

Les courants philosophiques dans le mouvement féministe

Les femmes ne peuvent goûter à l’émancipation des chaînes de l’exploitation que dans une société communiste sans classes

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