Communiqué : Hommage à Pierre Overney

Le 23 février avait lieu l’Hommage à Pierre Overney au Cimetière du Père Lachaise à Paris. Le communiqué suivant a été prononcé :

Le 25 février 1972, Pierre Overney, ouvrier maoïste et militant de la Gauche Prolétarienne, était abattu aux portes de l’usine Renault Billancourt par Jean-Antoine Tramoni, un milicien patronal armé d’un revolver. Il distribuait un tract pour une manifestation antifasciste, au moment même où les crimes racistes étaient au plus haut, au métro Charonne en souvenir de la manifestation réprimée dans le sang par la police 10 ans plus tôt.

Ses funérailles rassemblèrent des centaines de milliers de personnes. La Cause du Peuple titrait alors « Halte au Fascisme » en dénonçant en même temps les assassinats de travailleurs arabes. Comme pour les hommages des années précédentes, cela nous rappelle l’actualité :

– Les flics tuent toujours impunément dans les quartiers populaires

– Les milices fascistes s’en prennent aux migrants qui fuient les pays que les impérialistes, notamment l’impérialisme français, ont mis à feu et à sang.

– Les travailleurs en grève sont réquisitionnés chez eux à 4h du matin pour être mis au travail de force

– Les Gilets Jaunes et les militants ouvriers sont arrêtés arbitrairement et condamnés en masse à de la prison ferme.

Alors que nous arrivons au bout de presque trois mois de grève générale dans l’Etat français contre une énième attaque contre la classe ouvrière, que les images de la fureur prolétarienne des gilets jaunes qui ont tant effrayées les bourgeois et les opportunistes sont encore dans toutes les têtes, et qu’il y’a à peine une semaine à Marseille un jeune homme, Mehdi, a été assassiné par les flics, il est évident que la cause pour laquelle se battait Pierre Overney est encore vivante, et que ceux qui l’ont tué sont encore là.

Si nous commémorons sa mémoire aujourd’hui, 48 ans après, nous ne le faisons pas par nostalgie ou folklore, mais pour le combat qui était le sien, pour en tirer des leçons, une inspiration et du courage. Ce courage, nous le communiquons par notre pratique, dans les luttes que nous menons, lorsque nous affirmons avant toute chose qu’il est l’heure de relever la tête et rendre coup pour coup aux attaques contre la classe ouvrière.

Rendre coup pour coup comme les militants communistes de la Gauche Prolétarienne qui ont refusé la trahison et dont la lutte nous sert encore d’exemple aujourd’hui

Rendre coup pour coup, comme les militants des NAPAP qui avaient pris l’initiative de venger Overney en abattant le chien de garde Tramoni d’un coup de fusil après que la justice bourgeoise l’ait libéré au bout de seulement quelques mois de prison.

Rendre coup pour coup comme les communistes d’Inde, de Turquie, de Manipur, du Pérou et des Philippines qui ont mené et mènent aujourd’hui les masses dans des guerres populaires contre leurs Etats réactionnaires.

Rendre coup pour coup comme ceux qui se sont soulevés en 2005 contre un Etat raciste qui les assassinait, comme les Gilets Jaunes, comme les ouvriers en grève et comme tous les camarades sous la répression.

Mais Pierre Overney n’est pas mort.

Pierre Overney est tombé pour la cause du Peuple, mais il est Immortel car sa cause est aussi notre cause, car le Drapeau rouge que Pierre Overney a laissé à terre, d’autres l’ont repris. Nous le reprenons aujourd’hui et d’autres le reprendront après nous. Peu importe à quel point il fût déchiré, insulté par nos ennemis et piétiné par les traîtres, il flottera toujours à l’avant-garde des luttes du prolétariat jusqu’à sa victoire totale.

Les Martyrs sont Immortels !