Passons à la vitesse supérieure !

manif loi travail paris 2

Le début de la mobilisation

Le mouvement contre la loi travail a commencé depuis moins de deux semaines. Nous en tirons plusieurs observations qui doivent nous permettre d’amener le mouvement à une étape supérieure.

Les premières manifestations du 9 mars ont vu beaucoup de travailleurs et travailleuses se mobiliser, et notamment de nombreuses boites du privé. Les lycées et facs se sont mobilisés également mais en moindre nombre. Les cortèges étaient bien fournis, plus que ce que nombreux et nombreuses espéraient. En gros, depuis les retraites, on n’avait pas vu une mobilisation étendue à tout le territoire d’une aussi grosse ampleur.

A partir du 9 mars, le travail de mobilisation et d’information a commencé. Les organisations étudiantes et lycéennes ont appelé à une journée de manifestation le 17 mars. La mobilisation de la jeunesse lycéenne, étudiante, apprentie s’est alors développée. Des travailleurs et travailleuses ont également participé à ces manifestations, mais en moins grand nombre, notamment à cause du manque de mobilisation des centrales syndicales.

Les dernières manifestations de cette semaine étaient plus offensives, la répression aussi. Plusieurs symboles de pouvoir ont été attaqués : des banques, des locaux PS, des locaux patronaux,… Il y a eu plusieurs dizaines d’arrestations, plusieurs blessés, y compris chez les flics.

Un mouvement parti de la base

Alors que les grandes centrales ont privilégié l’unité la plus large au détriment de la lutte pour le retrait lors de la première intersyndicale, la base -syndiqués et non-syndiqués- a impulsé la journée du 9 mars. Les centrales syndicales ont alors été obligées d’annoncer la journée de mobilisation du 9 mars alors qu’elles n’envisageaient jusqu’alors que la journée du 31.

La base poussant également pour la position du retrait et non de l’aménagement de la loi, l’unité avec la CFDT a alors été brisée et la revendication portée par les centrales a été le retrait.

Dans les assemblées, les réunions d’informations, les syndicats, etc., les critiques pleuvent contre l’action trop timorée des directions syndicales. La base pousse pour partir au combat, un combat où on se donne les moyens de gagner. Les journée d’action une fois par mois sont inutiles et critiquées, la question de mettre en place des blocages de l’économie revient sans cesse afin de construire le mouvement de grève générale interprofessionnelle qui seule permettra de faire reculer le gouvernement.

Où en est le mouvement ?

La base se fait entendre et pousse pour une vraie lutte, pour ne pas reproduire l’échec des retraites et pour reproduire la victoire contre le CPE.

La mobilisation lycéenne et étudiante s’ancre, annonçant des blocages prolongés, des manifestations plus fréquentes.

Les annonces « de concessions » de la part du gouvernement n’ont en rien entamé le début de mobilisation. On ne veut pas de cette loi, point.

Dans les boites, on se prépare pour le 31 mais on trépigne d’impatience de ne pas avoir d’appel plus clair et plus généralisé à descendre dans la rue avant.

Les derniers cortèges ont été plus combattifs et offensifs, avec les premières actions de blocage et d’attaques de cibles symboliques.

La répression a été forte pour un début de mouvement, ce qui montre bien quelle peur a la bourgeoisie de notre force quand on est unis et déterminés.

Passer à la vitesse supérieure

Les conditions sont réunies pour le développement d’un mouvement d’ampleur. L’accumulation de toutes les mesures anti-ouvrières et anti-populaires que nous subissons depuis des années est forte. L’Etat d’Urgence en a rajouté une couche puisque les mesures soi-disant « temporaires » sont entrées dans la constitution. La loi travail est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La lutte qui se développe cristallise en fait la lutte contre la bourgeoisie qui nous piétine de plus en plus la gueule. C’est avant tout une lutte pour la dignité, c’est une lutte d’insoumission au patronat. Notre classe a ses intérêts propres, ils ont les leur et c’est inconciliable. Cette fois ci, on ne se laissera pas écraser. Nous marchons et continuerons de marcher la tête haute !

Les directions syndicales ne font pas le nécessaire pour assurer la victoire du mouvement. Nous devons donc prendre les chose entre nos mains en impulsant à la base des comités de lutte réunissant syndiqués, non-syndiqués, étudiants, lycéens, retraités,… bref toutes les composantes du mouvement. C’est sous la pression de la base que ce mouvement a commencé, c’est sous la pression de la base qu’il peut continuer. Nous ne pouvons pas compter sur les permanents syndicaux qui n’osent pas développer la lutte. Reconnaissons celles et ceux qui défendent la ligne combattive et offensive et qui font le travail qu’il faut et convainquons les qu’avec les comités de base nous pourrons développer plus efficacement la lutte.

Nos manifs n’auront un effet que si elles sont offensives et déterminées. Nos cortèges doivent donc servir non pas juste à marcher mais aussi à agir : occupations, attaques de locaux, blocages, etc. Là où ils ne sont pas encore organisés, nous devons travailler à le faire.

Le travail d’information et de mobilisation ne doit pas être négligé non plus. Il est nécessaire d’intervenir sur les lieux ouvriers et populaires : les zones industrielles, les marchés, les quartiers populaires, les lycées pro, les CFA, etc. Une mobilisation se construit et ça demande du travail.

Nombreux sont celles et ceux qui veulent se mobiliser pour la victoire et pas seulement pour descendre dans la rue. C’est à nous de développer cette perspective qui renforcera la combattivité et la détermination de l’ensemble du mouvement.

La victoire contre la loi travail renforcera la classe ouvrière dans la lutte de classe, ouvrant ainsi la voie au développement de l’alternative révolutionnaire, seule option réaliste pour la mise en place d’un système qui servira les intérêts de notre classe.

Ce mouvement n’est pas la révolution mais il peut aider à construire les outils qui nous permettront d’avancer plus loin dans le développement du processus révolutionnaire. Voyons les choses telles qu’elles sont, c’est à dire en mouvement, et non de manière figée. Alors nous comprendront le rôle que ce mouvement peut jouer pour l’avancée du combat que mène notre classe.

Développons et élargissons la résistance !

Grève, blocage et occupation jusqu’au retrait de loi travail !

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