Concepts généraux

Textes de base du Parti Communisme maoïste

Chapitre 4. Classe ouvrière

Définitions préalables :

Masses populaires / peuple : classes ou parties de classe ayant objectivement intérêt à la révolution, représentées dans la paysannerie, la petite-bourgeoise et le prolétariat.

Prolétariat : ensemble des personnes n’ayant que leur force de travail pour vivre. Les prolétaires peuvent travailler dans le secteur agricole, industriel ou des services. Sont exclus les personnels encadrants qui sont objectivement du côté des patrons et donc en opposition aux prolétaires. En pratique, ce sont les prolétaires qui savent qui des personnels encadrants peuvent être de leur côté ou non.

Classe ouvrière : cœur du prolétariat, directement engagé dans la production des marchandises. C’est de la classe ouvrière que la bourgeoisie extrait directement la plus-value, c’est à dire la base de toutes les richesses.

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, bref oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une lutte ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une lutte qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la disparition des deux classes en lutte. »

Marx et Engels, Manifeste du Parti Communiste

Pour nous, marxistes, le moteur de l’histoire est la lutte des classes. En effet, depuis qu’est apparue la division de la société en classes, cette dernière a toujours été traversée par de puissantes contradictions entre des groupes sociaux évoluant en son sein mais ayant des intérêts antagoniques.

Aujourd’hui, à l’époque de l’impérialisme, c’est à dire du capitalisme monopoliste, deux classes s’affrontent et leurs intérêts antagoniques nécessitent une lutte à mort, ce sont la bourgeoisie et le prolétariat. De l’issue de ce combat dépend l’avenir de l’humanité.

La bourgeoisie est une classe sociale qui fut révolutionnaire. Son développement a eu un rôle progressiste à une époque donnée. Elle a su renverser les barrières féodales qui entravaient le développement des moyens de productions. Son action a permis la naissance des manufactures, puis, plus tard, de l’industrie moderne et des hommes et femmes qui l’accompagne : la classe ouvrière. La bourgeoisie, en concentrant une masse considérable de prolétaires dans les grands centres industriels, a donné aux forces productives de la société un caractère de socialisation jamais atteint auparavant. En révolutionnant le développement des forces productives, la bourgeoisie a permis une accumulation de richesses jusqu’alors inenvisageable. Son pouvoir politique, l’état bourgeois, et toute la superstructure lui correspondant (lois, institutions, police, armée, etc.), lui assurent la propriété des moyens de production, et donc le contrôle de la production et la répartition des richesses au profit de sa classe.

Dans les pays à développement capitaliste avancé, nous nous trouvons donc en face de deux groupes sociaux aux intérêts antagoniques. Le premier, représenté par la bourgeoisie, possède les moyens de production et les richesses produites. Cette classe ne produit rien, elle vit sur la plus value tirée de l’exploitation de millions de prolétaires. De part cette contradiction, cette classe sociale n’est pas capable de subvenir aux besoins de tous les membres de la société.

De l’autre côté existe une classe aux intérêts divergents, c’est le prolétariat. C’est nous, les hommes et les femmes qui travaillons pour produire les richesses de la société. Notre classe ne possède que sa force de travail. Si la bourgeoisie est une classe décadente appartenant à l’histoire, le prolétariat, lui, est la classe de l’avenir, celle qui seule pourra construire une société où les classes sociales auront disparu, une société où la production servira à subvenir aux besoins de la totalité de ses membres. Cette société débarrassée de l’exploitation, nous la nommons Communisme.

I. Concepts généraux

1. L’apparition du prolétariat

L’apparition du prolétariat est liée à la naissance de la bourgeoisie, elle prend racine durant l’époque féodale.

Par rapport à la vielle société esclavagiste, l’époque féodale connaît un développement important de ses forces productives. Des innovations techniques permettent des progrès considérables, tant dans l’agriculture que dans l’artisanat. Cependant, en se développant, les forces productives entrent en contradiction avec les rapports de production de la société féodale. Il va donc y avoir transformation de ces rapports.

Dans les villes, la production marchande se développe. Une production, non plus destinée à servir mais à échanger, émerge de plus en plus. Pour produire une même quantité de marchandises, les producteurs et productrices doivent dépenser une quantité de travail différente, cette dernière dépend des conditions dans lesquels ils sont placés. Cependant, sur le marché, une quantité de marchandise identique s’échange contre une somme d’argent équivalente. Le producteur dont la dépense de quantité de travail est supérieure à la moyenne ne peut donc couvrir qu’une partie réduite de ses dépenses par la vente de ses marchandises, il court donc à sa ruine. Certains producteurs s’enrichissent, d’autres s’appauvrissent, mais la demande de marchandises, elle, reste toujours croissante, poussant ainsi les producteurs enrichis par les lois de la concurrence à employer ceux qui sont ruinés. Il y a donc naissance du travail salarié, c’est l’émergence du prolétariat, phénomène accentué par l’émergence d’un marché mondial. C’est à ce moment que nous voyons se développer les ateliers de production, premier pas vers la manufacture et la division technique du travail. La différenciation des producteurs de marchandises entraîne l’apparition des entrepreneurs capitalistes. Le capital commercial se cristallise en la personne des marchands qui prirent les reines de la production.

Cependant, le développement des forces productives reste entravé par les barrières féodales telles que le morcellement politique du territoire, car les différentes taxes freinent la circulation des marchandises. La destruction de ces barrières et la création des États nations par la royauté répondra à ce problème. Demeure encore le problème des corporations d’artisans qui dans les villes contrôlent le développement du jeu de la concurrence, donc freinent le processus de différenciation entre producteurs riches et producteurs appauvris. Pour lutter contre cela, les maîtres d’atelier prirent des dispositions telles que la hausse des cadences, l’augmentation du temps de travail, et ils eurent recourt à l’emploi intensif des compagnons et apprentis, qui devinrent peu à peu les ouvriers salariés.

Le capital commercial représenté par les marchands prit de plus en plus de poids, achetant au petit producteur ses marchandises pour les revendre sur un marché plus étendu, il devint par conséquent un accapareur. Cette situation couplée avec le jeu de la concurrence entraîna la ruine d’un grand nombre de maîtres d’ateliers, qui pour survivre, durent acheter au marchand les matières première nécessaires à la production ainsi que l’appareil de production et en échange, lui vendre les marchandises à un bas coût, négocié d’avance. La production tomba donc sous la dépendance économique du capital commercial, c’est la fin de l’artisanat et la naissance de la production capitaliste dans les villes. L’artisan devient un ouvrier salarié, le capital commercial se mue en capital industriel.

Le développement de la production marchande dans les villes implique une augmentation de l’importance de la monnaie. Ceci est important car c’est une des raisons qui va pousser la différenciation dans les campagnes. En effet, les paysans qui auparavant étaient soumis par le seigneur aux obligations en nature, furent soumis à des obligations en argent. Ils durent donc vendre leur production afin de pouvoir payer leurs seigneurs. Les accapareurs et usuriers mirent à profit cette situation pour asservir les paysans, spolier leurs terres, et pousser ces derniers vers l’exode rural. Si une petite minorité s’enrichit, la grande masse des paysans s’appauvrit et fut privée de sa terre et de sa propriété. Dès le début, dans la période d’accumulation primitive du capital, le capitalisme se construit donc par la violence, la barbarie et au prix du sang des opprimés.

La chute du féodalisme ne fut que la confirmation d’une nouvelle situation et la mise en adéquation de la superstructure politique avec les nouveaux rapports de production. La bourgeoisie s’appuya sur la légitime révolte de la paysannerie asservie aux seigneurs pour chasser la noblesse et devenir ainsi la classe dominante, la classe hégémonique.

Sur le plan du mode de production, de nombreux changements vont s’opérer. La coopération capitaliste simple, fondée sur l’exploitation par un capitaliste d’un nombre varié d’ouvriers et ouvrières, tous et toutes occupés au même travail, ne suffit plus. Pour augmenter leur productivité (et donc la plus-value pour le patron), il y a le passage à la manufacture, c’est à dire à un premier mode de division technique du travail. Cependant, le travail reste manuel. Le développement de la technique et donc de la machine va faire passer la manufacture à la production industrielle, c’est la révolution industrielle. L’industrialisation a un rôle progressiste dans le sens où elle permet la hausse de la productivité du travail, la socialisation du mode de production. C’est ici que nous pouvons voir apparaître la contradiction principale du capitalisme : le mode de production est socialisé, cependant les rapports de productions restent entravé par la propriété privée qui est incapable de répartir les richesses produites entre l’ensemble des producteurs.

« Mais pour avoir développé les forces productives dans des proportions gigantesques, le capitalisme s’est empêtré dans des contradictions insolubles pour lui. En produisant des quantités de plus en plus grandes de marchandises et en en diminuant les prix, le capitalisme aggrave la concurrence, ruine la masse des petits et moyens propriétaires privés, les réduit à l’état de prolétaires et diminue leur pouvoir d’achat ; le résultat est que l’écoulement des marchandises fabriquées devient impossible. En élargissant la production et en groupant dans d’immenses fabriques et usines des millions d’ouvriers, le capitalisme confère au processus de production un caractère social et mine par-là même sa propre base ; car le caractère social du processus de production exige la propriété sociale des moyens de production ; or, la propriété des moyens de production demeure une propriété privée, capitaliste, incompatible avec le caractère social du processus de production. Ce sont ces contradictions inconciliables entre le caractère des forces productives et les rapports de production qui se manifestent dans les crises périodiques de surproduction ; les capitalistes, faute de disposer d’acheteurs solvables à cause de la ruine des masses dont ils sont responsables eux-mêmes, sont obligés de brûler des denrées, d’anéantir des marchandises toutes prêtes, d’arrêter la production, de détruire les forces productives, et cela alors que des millions d’hommes souffrent du chômage et de la faim, non parce qu’on manque de marchandises, mais parce qu’on en a trop produit. Cela signifie que les rapports de production capitalistes ne correspondent plus à l’état des forces productives de la société et sont entrés en contradiction insoluble avec elles. Cela signifie que le capitalisme est gros d’une révolution, appelée à remplacer l’actuelle propriété capitaliste des moyens de production par la propriété socialiste. Cela signifie qu’une lutte de classes des plus aiguës entre exploiteurs et exploités est le trait essentiel du régime capitaliste. »

Staline, Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique

Si la classe ouvrière est la classe révolutionnaire c’est donc avant tout parce qu’elle se trouve au cœur de la contradiction qui empêche aujourd’hui la société de progresser. La seule résolution possible de la contradiction entre la propriété privée des moyens de production et la socialisation du travail est celle de la socialisation des moyens de production et l’établissement de toute la superstructure qui permet au nouveau système, le socialisme, d’avancer vers le communisme. Cela, la bourgeoisie ne peut le faire car ce serait détruire le système qui sert ses intérêts. Seule la classe ouvrière qui n’a rien à perdre que ses chaînes peut y parvenir, en rassemblant autour d’elle l’ensemble du prolétariat et ses alliés.

2. La classe ouvrière, avant-garde du prolétariat et des masses populaires

D’un coté, nous avons une majorité d’hommes et de femmes qui produisent les richesses de la société et n’en récoltent jamais les fruits, de l’autre, il y a une classe parasite, la bourgeoisie, qui s’accapare les fruits du travail sans participer au processus de production. D’un côté, le prolétariat a intérêt à socialiser les moyens de production afin que les fruits du travail ne demeurent pas entre les mains d’une poignée mais qu’ils servent à l’amélioration des besoins (économiques, politiques, sociaux, culturels,…) sans cesse croissants de l’ensemble de la société. De l’autre, la bourgeoisie a intérêt à maintenir le système en place pour ne pas perdre les fabuleux avantages qu’elle possède au travers de sa domination de l’ensemble de la société, l’argent constituant la base de la liberté dans la société capitaliste. Nous voyons donc ici deux classes qui s’opposent l’une à l’autre et dont les intérêts ne peuvent se concilier.

L’ensemble des travailleurs et travailleuses ne sont pas tous ouvriers et ouvrières. Seuls le sont celles et ceux qui participent au processus de production de marchandises et dont le patronat extrait directement la plus-value. La classe ouvrière est donc le cœur du prolétariat. Cependant, l’ensemble du prolétariat (celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail) a des intérêts convergents avec la classe ouvrière.

D’autre part, le prolétariat a des classes ou des parties de classes alliées, dans des proportions différentes qui dépendent du degré de contradiction que ces classes ou parties de classe ont avec la bourgeoisie : la petite-bourgeoisie (intellectuels, commerçants, artisans,…) et la petite et moyenne paysannerie. L’ensemble des alliés du prolétariat forme le peuple ou les masses populaires.

Au sein du prolétariat, certaines sections ont des intérêts objectifs au maintien de la domination bourgeoise car leur situation économique et sociale en dépend directement. Cela est également vrai pour la classe ouvrière. Lénine explique la formation d’une aristocratie ouvrière dans les pays impérialistes (comme la France) par le fait que la bourgeoisie forme une couche supérieure de la classe ouvrière en lui redistribuant les surprofits issus de l’exploitation des pays dominés. L’aristocratie ouvrière cherchera toujours à préserver ses intérêts propres et aura donc une tendance au corporatisme, ne cherchera pas l’unité avec le reste de la classe et cherchera toujours la voie réformiste plutôt que la voie révolutionnaire qui pourrait mettre en danger son statut privilégié.

Si l’appartenance à une classe se définit par des critères matériels objectifs, il faut également ajouter qu’il existe des traîtres à la classe. Les traîtres à la classe sont ces individus qui choisissent sur une base subjective de ne pas défendre les intérêts de leur classe objective. Prenons le cas des ouvriers fascistes qui adoptent le point de vue de la bourgeoisie et feront tout pour que la classe ouvrière n’arrive jamais au pouvoir. Il en est de même des bourgeois qui adoptent le point de vue du prolétariat et qui s’engagent au coté de la classe ouvrière pour l’émancipation du peuple en son entier. Cependant, en dernière analyse, ce sont principalement les critères objectifs qui définissent une classe et c’est en élevant le conscience de classe autour d’une ligne politique juste que le Parti peut développer l’Unité de la classe et lutter contre le phénomène de traîtrise de classe.

Si la bourgeoisie trouve également des alliés dans les différentes classes, y compris au sein de classe ouvrière, nous pouvons quand même dire que les intérêts de la majorité de la population convergent avec ceux de la classe ouvrière et divergent avec ceux de la bourgeoisie.

La classe ouvrière se place donc à l’avant garde du prolétariat et des masses populaires, et elle doit assumer cette place, car c’est elle et elle seule qui représente les intérêts fondamentaux du peuple en son ensemble.

3. L’organisation de la classe ouvrière

La classe ouvrière, classe révolutionnaire, représente la majorité et porte les intérêts du peuple. Elle n’a rien à perdre si ce n’est ses chaînes et le pouvoir de tout gagner. C’est la classe la plus exploitée, elle ne possède rien et donc n’a pas de limite dans le combat révolutionnaire. La classe ouvrière isolée et désorganisée peut lutter, mais elle ne peut vaincre. Depuis le début de son existence, elle a toujours su se révolter et se battre pour améliorer ses conditions de vie et de travail, elle a même su monter à l’assaut du ciel pour renverser le vieil ordre comme pendant la Commune de Paris, mais la volonté et la rage de vaincre l’exploitation ne peuvent suffire. La révolution russe de 1917 puis la révolution chinoise nous enseignent par la pratique que pour conquérir le pouvoir politique et donc se donner les chances de changer la société, la classe ouvrière doit être organisée. Si la bourgeoisie possède pour elle l’Etat et les forces de répression, la classe ouvrière doit également avoir son état major, il s’agit du Parti. Ce dernier représente l’avant garde de la classe ouvrière, c’est sa direction politique.

« Pour faire la révolution, il faut qu’il y ait un parti révolutionnaire. Sans un parti révolutionnaire, sans un parti fondé sur la théorie révolutionnaire marxiste-léniniste et le style révolutionnaire marxiste-léniniste, il est impossible de conduire la classe ouvrière et les grandes masses populaires à la victoire dans leur lutte contre l’impérialisme et ses valets. »

Mao Zedong, Forces révolutionnaires du monde entier, unissez-vous, combattez l’agression impérialiste

Notre rôle en tant que communistes est donc de créer le Parti, c’est à dire d’armer politiquement notre classe dans sa lutte à mort contre la bourgeoisie. La classe ouvrière n’est pas spontanément révolutionnaire, c’est le Parti, et l’intervention des communistes qui apporte la conscience au cœur de la classe. Dans ce sens, nous ne devons pas nous mettre à la traîne de la classe ouvrière, acceptant les idées fausses de cette dernière sous prétexte qu’elles émanent de la classe. Le spontanéisme est une erreur, la révolution est un processus méthodique et organisé. Pour cela, nous devons agir dans la classe pour y combattre les idées fausses et y promouvoir les idées justes. Le Parti n’est pas à la remorque des masses, il en est l’expression organisée d’avant garde.

Si le Parti est l’outil fondamental de la révolution, il ne suffit pas. Pour prendre le pouvoir, la classe ouvrière doit diriger la bataille, mais elle ne peut lutter seule, elle doit faire alliance avec d’autres classes qui sont ses alliés (par exemple la paysannerie), elle doit avoir le peuple derrière elle. Le peuple, nous devons l’organiser dans le Front Uni, sous la direction du Parti. Nous ne devons pas oublier également la nécessité de la force armée, c’est à dire de l’aile militaire capable de représenter les intérêts du peuple par la voie des fusils.

Pour rester dans des considérations générales, nous pouvons donc dire que la contradiction principale de la société capitaliste se place entre le mode de production et les rapport de production, que la classe montante est aujourd’hui la classe ouvrière et que la bourgeoisie est une classe parasite vouée à la disparition. Cependant, le chemin est encore long à parcourir car la conscience de classe est encore insuffisamment développée. Pour devenir révolutionnaire, la classe ouvrière doit passer de la classe en soi (objective) à la classe pour soi (subjective). Il faut également que cette dernière crée les outils de son émancipation, en premier lieu le Parti et prenne la direction des luttes. Il faut enfin qu’elle puisse regrouper le peuple et donc différentes classes sous sa direction, et cela dans le processus de conquête du pouvoir comme dans celui de la construction du socialisme.

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