La nécessité de la violence révolutionnaire

Textes de base du Parti Communisme maoïste

Chapitre 2. La Guerre Populaire Prolongée

Le Parti établit toujours sa stratégie en fonction de son objectif. Quel est donc notre objectif stratégique ? La prise du pouvoir par le prolétariat en vue de détruire l’Etat bourgeois et de construire le socialisme en établissant la dictature du prolétariat, phase de transition vers le communisme. La question de la Guerre Populaire Prolongée (appelée plus loin simplement « Guerre Populaire » par commodité) dans les pays impérialistes est donc liée à la nécessité pour un Parti Communiste de développer une stratégie pour la prise du pouvoir, sans laquelle le spontanéisme, l’opportunisme et l’aventurisme auront libre cours à se développer au sein du Parti.

Cette stratégie se base sur l’analyse concrète de la situation concrète dans notre pays, c’est-à-dire sur l’analyse de classe de notre société et l’analyse historique du développement de la lutte de classe, tant dans notre pays qu’au niveau de l’ensemble de l’expérience du Mouvement Communiste International. La stratégie de la prise du pouvoir par le prolétariat, c’est-à-dire de la révolution prolétarienne, est une nécessité absolue. Le Parti doit avoir une ligne directrice qui lui permette de se développer et de développer le mouvement ouvrier et de masse suivant un plan correspondant à sa stratégie. Sans plan stratégique, le Parti est voué à l’opportunisme le plus vulgaire, ouvrant la voie à toutes sortes de déviations.

Cette stratégie doit couvrir l’ensemble des questions qui se posent au Parti et ceci à tous les niveaux : politique, économique, militaire, culturel, organisationnel,… On ne saurait couper en tranche la stratégie. Nous devons établir une stratégie d’ensemble qui recoupe tous les aspects. En même temps, la stratégie ne doit pas être confondue avec la tactique ; une addition de tactiques ne forme pas de stratégie. Les tactiques de lutte qu’adopte le Parti se basent sur la dynamique de la lutte de classe telle qu’elle se développe concrètement, sur le niveau de conscience et la capacité combative de la classe ouvrière et des masses populaires, sur la force/faiblesse relative de l’ennemi de classe, sur le niveau de développement du Parti, bref, les tactiques se basent sur l’évaluation objective d’une période plus ou moins longue afin de développer au mieux l’activité du Parti et son rôle dans la lutte de classe.

La stratégie est la voie qu’identifie le Parti pour mener à bien la révolution. Elle correspond à une époque donnée, liée à l’accomplissement ou non de l’objectif stratégique. C’est uniquement dans le cadre de la stratégie que s’inscrivent les tactiques que le Parti développe. Sans cela, on tombe dans l’opportunisme le plus total. La stratégie n’est pas un ensemble de formules mais une ligne directrice permettant à chaque membre du Parti d’ajuster sa pratique dans l’objectif de la révolution prolétarienne, dans le feu de la lutte de classe et en lien étroit avec les masses. Pour cela, la stratégie dont doit se doter le Parti n’est ni trop rigide, ni trop lâche mais ferme sur les principes tout en permettant une souplesse tactique.

I. La nécessité de la violence révolutionnaire

La nécessité de la violence révolutionnaire est déjà établie par Marx et Engels dans le Manifeste :

« Leurs buts [aux communistes] ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé. »

Engels précise même que cette violence révolutionnaire trouvera son expression dans une guerre révolutionnaire :

« L’émancipation du prolétariat aura, elle aussi, une expression particulière et une nouvelle méthode de guerre spécifique. Cela est clair. On peut même déterminer cette stratégie à partir des conditions matérielles du prolétariat. »

Engels, Les conditions et les perspectives d’une guerre de la Sainte-Alliance contre une France révolutionnaire en 1852,

1851 – publié en 1914

Mais dans les pays impérialistes, le révisionnisme a fait l’impasse sur cet aspect stratégique de la prise du pouvoir par le prolétariat. L’opportunisme domine le mouvement ouvrier, tend à le faire fusionner avec la démocratie bourgeoise. Lénine nous éclaire sur ce point :

« L’opportunisme n’est pas un effet du hasard, ni un péché, ni une bévue, ni la trahison d’individus isolés, mais le produit social de toute une époque historique. Cependant, tout le monde ne médite pas suffisamment sur la signification de cette vérité. L’opportunisme est le fruit de la légalité. »

La faillite de la IIème Internationale, 1915

La question de la nécessité de la guerre révolutionnaire est ainsi la ligne de démarcation entre voie pacifique au socialisme et renversement de l’Etat bourgeois ; entre pacifisme et violence révolutionnaire ; entre parlementarisme et autonomie prolétarienne vis-à-vis de l’État bourgeois.

C’est donc un préalable de reconnaître la nécessité de la guerre révolutionnaire pour s’affranchir de la ligne révisionniste pourrie qui emprisonne les luttes ouvrières et de masse dans le cadre de la légalité bourgeoise. Le respect du cadre imposé par la bourgeoisie renforce sa capacité à faire en sorte que la contradiction entre les larges masses populaires et l’Etat bourgeois ne se développe de trop et n’éclate –ce qui, le cas échéant, crée une situation révolutionnaire potentielle. Il s’agit maintenant de savoir comment, en tant que forme organisée de l’avant-garde consciente du prolétariat, le Parti se prépare et prépare le prolétariat et les masses populaires à cette guerre révolutionnaire. La conception de la guerre révolutionnaire selon deux positions différentes : une longue lutte légale permettant l’accumulation des forces suivie d’une (ou plusieurs) insurrection armée débouchant sur une guerre civile ; ou une préparation dès le début n’excluant aucun moyen, forme ni méthode de lutte ? Les leçons historiques et l’analyse de la situation concrète doivent nous permettre de répondre.

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