Les impérialistes et les immigrés

Textes de base du Parti Communisme maoïste

Chapitre 6. Prolétaires immigrés

III. Les impérialistes et les immigrés

1. Les immigrés considérés par les impérialistes comme une marchandise

L’État et la bourgeoisie française voudraient gérer leurs besoins en main d’œuvre comme elle gère sa consommation de pétrole, c’est-à-dire profiter des immigrés lorsqu’elle en a besoin en période de croissance économique et s’en débarrasser quand elle n’en a plus besoin en période de crise économique. Seulement, ce serait oublier que les immigrés sont des êtres humains ! Et les immigrés n’ont pas forcément envie de venir ou de repartir quand les bourgeois le voudraient. C’est pour cette raison que la bourgeoisie contrôle les déplacements de la classe ouvrière.

2. La restriction des frontières, un moyen de contrôle du prolétariat, une arme des patrons

L’État français avec les pays signataires du traité de Schengen contrôlent les frontières. Ils font tout pour empêcher les émigrants non exploitables directement de franchir ces frontières.

Le contrôle des frontières, outre le fait de faire croire aux Français que c’est un privilège de l’être, a plusieurs conséquences :

* Beaucoup de migrants prennent des risques énormes y compris vitaux pour passer. Beaucoup en meurent tandis que ceux qui survivent se retrouvent obligés de rembourser leur passage à des mafias.

* C’est un moyen pour le patronat de baisser les salaires, moyen de contrôle de la classe ouvrière.

Il constitue un moyen pour le patronat de payer les sans-papiers moins cher qu’un salarié pouvant être déclaré (il ne l’est pas forcément, mais il risque moins que le patron à bosser au noir tandis que le sans-papier n’a tout simplement pas le choix).

Il permet aux patrons d’avoir ainsi un volant de réserve pour refuser certaines augmentations salariales des travailleurs déclarés même s’ils ne sont pas forcément sur les mêmes postes. L’interdiction de travail des sans-papiers incite donc au racisme des ouvriers autochtones.

* La mafia ou la bourgeoisie criminelle constitue des réseaux illégaux de main d’œuvre importée et gagne beaucoup d’argent avec le passage puis encadre les sans-papiers et gère l’hébergement en se servant à chaque étape. Elle joue aussi le rôle de police de cette population pour éviter qu’elle ne se révolte.

Cette situation est doublement la conséquence de la politique de l’État français d’un côté, il empêche les prolétaires de vivre correctement dans leur pays et d’un autre, il tente de les empêcher de franchir la frontière.

3. Le racisme et la xénophobie, armes de la bourgeoise

Les impérialistes utilisent l’immigration comme stabilisateur de l’ordre social en essayant de développer l’animosité xénophobe et raciste au sein de la classe ouvrière. Ils tentent d’instrumentaliser les divisions ethniques au sein de la classe ouvrière pour la détourner de ses intérêts objectifs et diviser le mouvement d’organisation de cette dernière.

Ce n’est pas du tout un phénomène récent, cette instrumentalisation du fruit de la domination de la bourgeoisie sur la classe ouvrière est aussi utilisé pour l’écraser. Dans la lettre de Marx à Siegfried Meyer et August Vogt de 1870 pour donner ses réflexions sur la domination anglaise en Irlande, voilà ce qu’il dit :

« Grâce à la concentration toujours croissante des fermes, l’Irlande fournit constamment son surplus [de main d’œuvre] au marché ouvrier anglais et abaisse ainsi le salaire et la situation matérielle et morale de la classe ouvrière anglaise. Enfin, l’essentiel : tous les centres industriels et commerciaux d’Angleterre ont maintenant une classe ouvrière scindée en deux camps ennemis, prolétaires anglais et prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais ordinaire déteste l’ouvrier irlandais comme concurrent qui abaisse son niveau d’existence moyen. Il se sent à son égard membre d’une nation dominatrice, devient de ce fait un instrument de ses aristocrates et capitalistes contre l’Irlande et consolide leur emprise sur lui-même. Des préjugés religieux, sociaux et nationaux le dressent contre l’ouvrier irlandais. Il se conduit envers lui à peu près comme les Blancs pauvres envers les Noirs dans les anciens États esclavagistes de l’Union américaine. L’Irlandais lui rend la pareille largement. Il en voit en lui à la fois le complice et l’instrument aveugle de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme est entretenu artificiellement et attisé par la presse, les sermons, les revues humoristiques, bref par tous les moyens dont disposent les classes au pouvoir. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise en dépit de son organisation. C’est aussi le secret de la puissance persistante de la classe capitaliste qui s’en rend parfaitement compte. »

Si l’État français peut se permettre d’agir de la sorte, c’est qu’il est un État impérialiste et que les pays impérialistes dominent et se partagent le monde.

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