Les luttes de sans-papiers

Textes de base du Parti Communisme maoïste

Chapitre 6. Prolétaires immigrés

X. Les luttes de sans-papiers

La lutte des travailleurs immigrés n’a rien d’humanitaire, c’est avant tout un enjeu de première ordre pour la classe ouvrière dans sa totalité.

En effet, les hommes et les femmes qui ont fui la misère, la guerre ou l’oppression politique que les différentes forces impérialistes ont semé dans leur pays d’origine se retrouvent bien souvent dans les grands centres urbains des pays impérialistes. Ils et elles vivent et travaillent en France, subissant ici une exploitation accrue de la part du patronat. Non seulement opprimés en temps que travailleurs et travailleuses, ils subissent une pression supplémentaire car ils se trouvent ici, maintenus dans une situation « irrégulière ».

Cette spécificité en fait la cible principale du racisme d’État, et offre au patronat la possibilité d’exercer une pression supplémentaire sur leurs dos car la perte de travail est la plupart du temps synonyme d’expulsion du territoire.

Cette situation n’est pas fortuite, elle est entretenue consciemment par les classes dirigeantes, cela dans le but de disposer d’une main d’œuvre malléable et servile à souhait. Les lois sur l’immigration, de plus en plus répressives, représentent un arsenal juridique au service des exploiteurs pour maintenir les travailleurs et travailleuses immigrés dans la précarité, donc dans une position de faiblesse vis à vis de leurs « maîtres ». Il en va de même des problèmes de la question du logement, où les foyers taudis et les bidonvilles sont autant d’outils ségrégatifs de contrôle social.

Les travailleurs et travailleuses immigrés sont donc une des franges les plus exploitées du prolétariat, c’est donc une des parties de la classe ayant le plus d’intérêt à la révolution. Les travailleurs et travailleuses immigrés peuvent donc jouer le rôle de fer de lance de la révolution.

Partant de ce constat, le Parti doit donc développer une politique particulière en direction de nos frères et sœurs de classes sans-papiers.

Trop souvent les luttes des sans-papiers sont prises en otage par des militants français aux relents coloniaux. En temps que communistes nous avons conscience de la lutte de ligne qui s’exercent en tout. Dans le cadre de la lutte des sans-papiers, nous devons appuyer une direction prolétarienne, c’est à dire une direction de la lutte menée par les éléments les plus progressistes des travailleurs et travailleuses immigrés.

Si les travailleurs et travailleuses migrants sont les plus exploités, ils ne sont pas pour autant spontanément révolutionnaires, le Parti a donc un rôle de courroie de transmission. Nous devons développer un travail solidaire vis à vis de nos frères et sœurs de classes sans-papiers, cela permettra d’implanter le Parti et nos organisations de masses. Nous devons être là où travaillent, vivent et luttent nos camarades immigrés pour mener la lutte pour la conscientisation politique comme nous devons le faire dans l’ensemble de la classe ouvrière.

Le parti doit développer des organisations spécifiques aux sans-papiers dans les lieux de travail (les usines, la restauration, l’agriculture,…) et dans les lieux de vie (foyers, quartiers, campements,…) afin que nos camarades puissent aspirer à leur émancipation dans une dimension prolétarienne.

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