Les communistes et la question de l’impôt

Les communistes et la question de l’impôt

La gauche est pour l’impôt et les taxes, la droite est contre. C’est une idée reçue très répandue, qui mériterait qu’on s’y arrête.

A droite, on refuse les taxes car elles empêcheraient le commerce et écraseraient les petits propriétaires, les patrons, les entrepreneurs. On parle de « charges », d’un poids qui serait injuste. Libéraux, fascistes et conservateurs critiquent tous au moins une partie de ces taxes – soit en défendant les grandes entreprises sensées créer de l’emploi, soit pour protéger les commerçants et artisans. L’idée principale, c’est que l’Etat devrait gérer l’ordre public pour que le commerce se passe bien, mais sans interférer dans l’économie. Bien sûr ce n’est pas du tout ce qui se passe dans la réalité. Les gouvernements successifs ont besoin de financements. Les « services publics » tels que la santé, les transports en commun, l’éducation et les aides au logement sont financés via les impôts et les taxes. Mais ces services sont nécessaires à la reproduction de la force de travail : pour faire tourner une économie moderne, il faut pouvoir former, loger, soigner et déplacer les prolétaires pour qu’ils accomplissent leur travail.

A gauche, on défend les prélèvements en expliquant que ces services publics sont la base d’une économie plus sociale. Il s’agit pourtant avant tout de mesures permettant le bon fonctionnement de la production. Les acquis sociaux obtenus suite aux luttes de la classe ouvrière tels que les congés payés et la sécurité sociale sont peu à peu supprimés. Les taxes sont utilisées pour bénéficier à la classe dominant l’Etat, et les transformations fiscales de ces dernières années le prouvent bien. Les libéraux peuvent bien prétendre que la France taxe trop les grandes fortunes, ça ne change rien au fait que la TVA est un impôt particulièrement injuste qui touche principalement les plus pauvres.

Deux lignes s’opposent alors. La gauche réformiste déclare que les taxes et les impôts doivent évoluer dans un sens plus social. Il s’agit donc de gérer le capitalisme d’une autre manière, de l’humaniser. Il serait possible de réduire les inégalités par des réformes successives.

Cette position est idéaliste. Entre le désert capitaliste et la révolution, il n’y a rien de concret : l’échec des gauches “radicales” européennes telles que le parti grec Syriza prouve que l’on ne peut pas négocier avec le capital. Les communistes reviennent aux fondamentaux, à une conception du monde et un point de vue de classe.

Et celui-ci est très net. Toute personne vivant dans un milieu prolétaire sait que les taxes sont très mal perçues. Elles rendent invivable une situation déjà difficile. Les amendes des radars automatiques s’ajoutent à la taxe d’habitation, les factures s’additionnent aux impôts pour transformer chaque fin de moins en calvaire. Il s’agit d’un rejet net aux raisons très légitimes. Nous savons bien que le paiement de l’impôt permet de diviser le prolétariat en « bon contribuable » à jour et en « parasite » ne le payant pas, pour mieux contrôler les classes dangereuses. Nous savons également que nous enrichissons toujours plus la classe dominante avec la TVA et les redevances. Nous savons aussi que les radars automatiques ne nous épargneront pas les heures de transport quotidien du domicile au taf. Si nous allons vite, que nous nous mettons en danger (et les autres avec), c’est à cause d’horaires indécents et d’une organisation de l’espace faite pour éloigner les prolétaires des centre-villes. Nous savons enfin que la nouvelle taxe qui a servi d’étincelles au mouvement des « gilets jaunes » n’aurait que très peu financé la transition écologique dont nous parle la bourgeoisie qui détruit notre planète depuis des siècles.

Voilà pourquoi en tant que communistes, nous devons marquer notre rupture sur tous les plans avec la « gauche » telle qu’elle existe dans notre Etat.  En méprisant les révoltes des masses populaires sans chercher à les comprendre, elle devient de plus en plus impuissante. Nous n’avons pas la même conception du monde ni les mêmes valeurs. Nous ne souhaitons pas gérer mieux le capitalisme que les libéraux au pouvoir, nous voulons l’abattre.

Le libéralisme omniprésent nous dépossède de la politique en ne nous laissant que des solutions individuelles déconnectées des enjeux de notre époque. On ne change pas la société en votant. On ne sauve pas la planète en triant ses déchets. Et on ne bâtit pas le socialisme en vantant les taxes. Nous ne voulons pas survivre, mais vivre. Et cela ne peut se faire qu’en venant à bout collectivement de cet Etat bourgeois.

8 mars 2019 : Pas de révolution sans libération ! Pas de révolution sans féminisme prolétarien !

Hier en Corse, une femme de 34 ans est morte, tuée par son ex-conjoint. Elle est depuis le 1er Janvier 2019 la trentième victime de féminicides dans l’Etat français. Fin janvier, ce nombre s’élevait déjà à 17. De son côté le mouvement de libération de la parole sur les violences sexuelles initié par MeToo a récemment prouvé que les milieux “progressistes” ou qui mettent en avant le “féminisme” ne sont pas épargnés par ces phénomènes.

Ceci nous montre bien une chose : ces violences physiques et sexuelles meurtrières et destructrices subies par les femmes ne relèvent en rien des faits divers : elles font partie du quotidien des femmes de la société capitaliste, et elles ne sont que la partie visible de l’exploitation structurelle du patriarcat.

Les femmes sont, dans notre société, assignées à un rôle précis, en plus de leur rôle assigné par leur classe : celui de reproduire la force de travail des hommes et la leur. En effet, les capitalistes n’ont jamais voulu avoir à payer la reproduction de la force de travail, c’est à dire toutes les tâches domestiques liées au foyer et aux enfants. Pourtant, ces tâches sont indispensables pour que la société tourne correctement. On voit facilement cette division du travail genré en regardant le pourcentage énorme des tâches domestiques reposant sur les épaules des femmes.

Mais la où il y a oppression, il y a résistance, et partout où le patriarcat est maintenu et renforcé par l’impérialisme, un mouvement des femmes s’organise. Nous pourrions parler des très larges mouvements pour le droit à l’avortement en Irlande ou en Argentine où des sénateurs réactionnaires ont refusé de voter la législation sur le droit à l’IVG, ou de l’Espagne où une gigantesque grève a été organisée le 8 Mars dernier mobilisant des centaines de milliers de femmes. Mais au-delà de ces revendications réformistes, le mouvement des femmes joue un rôle essentiel dans les mouvements révolutionnaires du monde entier.

Dans toutes les révolutions, nous voyons le rôle fondamental qui est occupé par les femmes. Lors de la Commune de Paris, en pleine Semaine Sanglante, c’est un bataillon de femmes entier qui tenait une des barricades les plus importantes de Paris, rue Château d’Eau. Ces 53 femmes révolutionnaires, comme beaucoup d’autres qui se battaient pour la Commune, ont été fusillées par les armées de la bourgeoisie.

Lors des Révolutions russes en 1917, chinoise en 1949, des luttes de libération nationale dans les colonies et semi-colonies, ou encore de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine en 1966, nous voyons bien la place centrale jouée par les femmes.

Ce n’est pas étonnant que les réactionnaires et les contre-révolutionnaires cherchent à faire taire celles qui affirment cette Histoire. Lorsque nos camarades d’Inde, des Philippines, de Turquie, du Pérou ou du Manipur se soulèvent contre l’oppression qu’elles subissent, s’arment contre l’État bourgeois et patriarcal, l’ennemi s’en sert pour dénigrer la révolution. Dans les médias bourgeois, on lit que les femmes maoïstes d’Inde servent par exemple à « distraire les forces de sécurité » (BBC, 2013). La bourgeoisie montre bien ce qu’elle pense des femmes avec ces exemples. Quand elles se soulèvent, elles ne peuvent pas pour eux être des combattantes communistes sincères mais simplement « utilisées ». Dans la libération par la révolution, les femmes brisent cette image patriarcale.

Ainsi il est donc crucial pour les communistes de poser la question du féminisme prolétarien, car elle est fondamentale pour analyser le rôle de l’oppression spécifique des femmes dans la société capitaliste à son stade impérialiste, pour œuvrer à la destruction du système patriarcal qui exploite et oppresse les femmes. Tant qu’il subsistera, il empêchera une société véritablement communiste de voir le jour et restera un foyer majeur de la contre révolution.

Pas de révolution sans libération

Beaucoup de conceptions révisionnistes et opportunistes de droite font aujourd’hui de la lutte contre le patriarcat et du féminisme prolétarien quelques chose d’accessoire, voire d’obsolète, et qui sous prétexte de « diviser la lutte » n’aurait pas besoin d’être mis en avant.

Une première de ces conceptions erronées est celle prétendant que les phénomènes patriarcaux aujourd’hui ne seraient que des survivances de la société féodale, que le capitalisme aurait contribué à renverser.

Cette erreur est typique du « matérialisme » mécaniste bourgeois voyant l’Histoire comme un progrès continuel et linéaire, confondant les réels progrès obtenus par les féministes bourgeoises avec des progrès permis par le capitalisme. En réalité, ces progrès ont certes été concédés par la bourgeoisie à l’issue de luttes réformistes, mais l’on observe aussi que lors des grandes crises du système capitaliste, et notamment dans les phénomènes de montée du fascisme, ces droits sont parmi les premiers à être remis en cause comme étant l’expression d’une « décadence de la société ». Ce fut le cas dans la dictature fasciste chilienne ou dans l’Espagne de Franco, et c’est le cas actuellement en Pologne où le gouvernement réactionnaire cherche à supprimer entièrement le droit à l’IVG.

C’est bien là la preuve que le patriarcat n’est pas un vestige de l’ancienne société féodale mais bien une part entière de l’époque de l’impérialisme, tant dans les pays dominés où il maintient les femmes dans un état d’oppression maximale en empêchant le développant économique, que dans les pays impérialistes.

Le capitalisme nécessite pour la reproduction de la force de travail des ouvrières et des ouvriers, l’existence d’une exploitation domestique. Lors des périodes d’accumulation primitive et de l’avènement final du capitalisme, on a en réalité vu la condition des femmes et leur liberté se dégrader considérablement, reléguant la femme à un travail reproductif toujours plus nécessaire et intense au fur et à mesure que l’accumulation capitaliste s’intensifiait. Le fait que les femmes soient, en plus de ce travail reproductif toujours plus intense, exploitées dans le cadre du travail productif comme prolétaire (où elles sont même exploitées davantage que les hommes) n’est en réalité pas contradictoire, ces deux formes d’exploitations étant essentielles au capitalisme et à la création de profit.

Les femmes prolétaires dans notre société sont doublement opprimées et exploitées, en tant que femmes et en tant que prolétaires, le capitalisme ne permet en rien de libérer les femmes et le patriarcat fait pleinement partie du système capitaliste et de sa superstructure.

Mais une autre conception erronée de la lutte pour la libération des femmes est fréquemment revendiquée par beaucoup de prétendus révolutionnaires. Bien que reconnaissant l’existence d’une domination sur la femme dans le cadre du capitalisme, ils pensent que le combat féministe et le mouvement des femmes ne sont pas une nécessité, sous prétexte qu’ils seraient interclassistes. Ils prétendent que la révolution prolétarienne provoquera mécaniquement la disparition du patriarcat et que la contradiction entre les femmes et les hommes, car elle est secondaire, se résoudra d’elle-même avec la résolution de celle entre la production sociale et la propriété privée.

C’est ici une conception typique du révisionnisme mécaniste qui suit le principe selon lequel « deux fusionnent en un »

En réalité, si on peut effectivement considérer la contradiction entre les hommes et les femmes comme une contradiction au sein du peuple, donc déterminée par la contradiction principale entre la production sociale et la propriété privée, la considérer comme insignifiante et la voir seulement comme un moyen opportuniste d’intégrer les femmes au mouvement révolutionnaire, c’est oublier trois choses cruciale que nous apprend le matérialisme dialectique et le Marxisme-Léninisme-Maoïsme :

  • Premièrement qu’une contradiction au sein du peuple peut revêtir un aspect principal dans le cadre des luttes qui la concernent spécifiquement ou principalement, c’est le cas par exemple pour les luttes contre les violences faites aux femmes et contre les violences et abus sexuels.
  • Deuxièmement dans l’application de la ligne de masse, une contradiction bien que « secondaire » n’en revêt souvent pas moins un aspect crucial, c’est le cas par exemple des grèves du personnels hôtelier ayant été impitoyablement réprimées l’année dernière. Dans ce cas-là, bien qu’il s’agisse d’une grève contre une entreprise capitaliste, négliger ou ignorer le rôle que joue l’oppression patriarcale auprès d’un milieu ouvrier composé en très grande majorité de femmes, confrontées quotidiennement a cette oppression spécifique et surexploitées en tant que femmes, aboutirait à une analyse superficielle et une mauvaise application de la ligne de masse.
  • Enfin et surtout, c’est ne pas ignorer le rôle de la superstructure dans le développement de la contre-révolution. Depuis la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne nous savons que celle-ci ne s’efface pas automatiquement quand le pouvoir capitaliste est renversé et qu’elle contribue à maintenir et à alimenter le camp de la réaction. Dans le cadre de la construction du socialisme où continue la lutte de classe, des Révolution Culturelles sont nécessaires pour mettre à bas la contre révolution. Penser, comme les révisionnistes, que les contradictions entre femmes et les hommes vont se résoudre par la simple accumulation de réformes est une erreur fondamentale. Le patriarcat, l’exploitation reproductive des femmes et l’idéologie réactionnaire de la famille continueront d’exister après la révolution, et ne pas les combattre frontalement reviendra à mettre en péril la révolution.

Tout cela vaut aussi pour les autres contradictions au sein du peuple, comme l’oppression raciste.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirment ces conceptions révisionnistes, il est essentiel de construire, au sein du mouvement révolutionnaire mené par le Parti Communiste, un front prolétarien des femmes, avec comme ligne centrale le féminisme prolétarien. Tout cela afin d’affronter frontalement ces problématiques féministes et sauvegarder la révolution en menant la lutte, au sein du mouvement révolutionnaire et des masses, contre le patriarcat et ses défenseurs réactionnaires. Car bien que les hommes des masses populaires aient intérêt à la révolution et à sa sauvegarde sur le long terme, ils ne peuvent diriger ce mouvement des femmes, car ils ont aussi un intérêt à court terme à leur exploitation et donc une tendance à vouloir conserver ces pratiques réactionnaires. La constitution d’un front Féminin féministe prolétarien et non-mixte n’est pas seulement nécessaire à l’intégration de femmes à la révolution, mais aussi à la défense et au maintien de celle-ci.

Pas de libération sans révolution

Le rôle historique de notre classe dans le domaine du mouvement des femmes, c’est de développer le féminisme prolétarien. Cette vérité n’a jamais été plus claire, plus de cent ans après la mise en place du 8 mars. Comme nous l’avons dit, nous n’aurons pas de révolution sans libération ! Mais nous n’aurons non plus pas de libération sans révolution ! Nous devons placer à l’avant de nos préoccupations le développement d’une théorie et pratique claire sur ce qu’est le féminisme prolétarien aujourd’hui, et son rôle dans notre révolution.

Nous vivons aujourd’hui dans une société de classe. Toutes les questions qui se posent dans la société de classe contiennent un point de vue de classe qui leur est propre. Nous reconnaissons donc que la lutte de libération des femmes dans la révolution ne peut aller jusqu’au bout que si elle est dirigée par les femmes prolétaires. Nous, les femmes prolétaires, composons une grande partie du prolétariat et de la classe ouvrière, et notre rôle dans la classe est donc moteur. Notre libération doit nécessairement partir du rôle social des femmes dans la société, qui est l’aspect principal du patriarcat à notre époque. Briser cet aspect principal, transformer le rôle social des femmes par la révolution, et mettre à bas tout ce qui maintient l’oppression patriarcale, c’est ça le processus de libération des femmes prolétaires par le féminisme prolétarien.

Cette position est une ligne de démarcation claire avec d’autres lignes de classe sur le féminisme. Le féminisme bourgeois historique est lui toujours axé sur la reconnaissance légale des droits des femmes, comme si l’État bourgeois dans une société patriarcale pouvait assurer une égalité femme-homme. Officiellement, un nombre important de pratiques patriarcales, comme les violences sexistes et sexuelles, sont illégales. Pourtant, elles continuent d’exister sous les formes les plus féroces et barbares, répandues dans toute la société. La police, chien de garde de l’État, refuse de traiter ces cas. Où est l’égalité là-dedans ? Nous n’en voyons aucune. D’un autre côté, les courants féministes universitaires et petits bourgeois, issus des luttes des années 60 et 70, cherchent à régler le problème tout en ignorant sa racine. On substitue à la révolution sociale, seule solution radicale, l’évolution culturelle, ou le changement individuel. Dans certains cas, ces pratiques sont théorisées, sous la forme de la déconstruction par exemple, pour garantir un milieu qui serait soi-disant sûr, comme un îlot sans patriarcat au milieu d’une société qui l’est toujours. Ces positions ne sont que des pratiques excluantes, qui relèguent au second plan le changement du monde pour lui préférer un supposé changement de soi, qui ne sera en réalité jamais accompli dans la société patriarcale.

Ce féminisme culturel domine le féminisme occidental et a ainsi influencé la pensée féministe dans les pays du tiers monde. Il s’allie ainsi facilement avec la tendance post-moderniste et a dévié toute l’orientation du mouvement des femmes d’une lutte pour changer les conditions matérielles de la vie des femmes vers une analyse des « représentations » et des symboles. Elles se sont opposées à l’idée que les femmes deviennent une force militante parce qu’elles mettent l’accent sur la nature non violente des femmes. Elles ne tiennent pas compte du rôle que les femmes ont joué dans les guerres contre la tyrannie à travers l’histoire. Les femmes ont eu et doivent continuer à jouer un rôle actif dans les guerres justes destinées à mettre fin à l’oppression et l’exploitation. Ainsi, elles seront des participantes actives dans la lutte pour le changement.

-Anuradha Ghandy, Dirigeante du Parti Communiste d’Inde (maoïste), Les courants philosophiques dans le mouvement féministe, 2006

L’ensemble de ces courants féministes ignore également dans son ensemble la question des femmes dans les pays dominés par l’impérialisme (colonies, semi-colonies) ainsi que la position des femmes prolétaires immigrées dans l’État français. Ces courants, le plus souvent depuis les pays impérialistes d’Europe et d’Amérique, négligent, méprisent ou refusent d’analyser les grands mouvements de femmes dans les colonies et les semi-colonies, comme dans les guerres populaires. La force du mouvement des femmes dans les zones rouges en Inde, ou leur place centrale dans le développement rapide des guerres populaires aux Philippines à partir de 1968, en Turquie, au Pérou à partir de 1980, ou au Népal à partir de 1996, ne sont jamais abordées. L’utilisation par les femmes maoïstes de grands mouvements de masse est ignorée. Ils sont pourtant de première importance, grâce à leur capacité à mobiliser les femmes des masses populaires contre les pratiques patriarcales féodales pour commencer à briser avec succès leurs chaînes par la révolution. Si l’on prend un exemple, on peut penser en Inde aux femmes adivasis (tribales). Grâce à un mouvement de masse réussi, elles ont pris la décision dans certaines zones rouges rurales d’interdire la production et la consommation d’alcool aux hommes (et donc à tout le monde, puisque la société patriarcale ne les autorisait pas à en consommer), car l’alcool augmentait le nombre de violences et renforçait le pouvoir des hommes.

Il est primordial de synthétiser toutes les expériences du mouvement des femmes des masses populaires, toutes les pratiques justes et dont on peut tirer un enseignement universel, pour avoir à notre disposition les armes de notre libération. C’est le point de vue essentiel du féminisme prolétarien. Notre objectif est la destruction du patriarcat par la révolution, alors toutes les théories qui nous désarment ou nous détournent de cet objectif sont des parasites pour notre libération. Nous voyons le développement dans tous les pays du mouvement des femmes, en parallèle au développement du mouvement communiste international. Dans l’État français, un État impérialiste et colonial qui opprime les femmes bien au-delà de la population métropolitaine, il est de la première importance de développer le féminisme prolétarien. Des organisations révolutionnaires adoptant le féminisme prolétarien comme point de vue de classe dans le mouvement des femmes sont plus que jamais nécessaires. Tous nos efforts vont au développement de telles organisations, et au renforcement indispensable du féminisme prolétarien dans notre Parti.

Vive le 8 Mars !

Pas de révolution sans libération !

Pas de libération sans révolution !

Développons le féminisme prolétarien dans l’Etat français et le monde entier !

AVEC UNE PROFONDE HAINE DE CLASSE, NOUS REJETONS L’INTERVENTION DIRECTE ET EHONTEE DE L’IMPERIALISME YANKEE CONTRE LE PEUPLE DU VENEZUELA

Nous publions notre traduction de la déclaration des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes-Maoïstes d’Amérique Latine sur le Venezuela, à laquelle nous souscrivons totalement.

Nous nous adressons à notre classe, le prolétariat international, et aux peuples du monde pour condamner, écraser, marquer par le feu et rejeter avec une profonde haine de classe l’intervention directe et éhontée de l’impérialisme yankee, seule superpuissance hégémonique, grand gendarme contre-révolutionnaire du monde et principal ennemi des peuples, contre la nation, contre le peuple du Venezuela.

Avec cette nouvelle agression directe, l’impérialisme yankee utilise un coup d’État pour imposer son gouvernement fantoche au Venezuela. Il s’agit d’un plan de l’impérialisme américain, il se déroule avec l’auto-proclamation comme président intérimaire de son pantin, le président de l’Assemblée Législative suspendue, Juan Guaidó, qui a été immédiatement reconnu comme le président « légitime » du pays par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire de Trump-Pence et faisant un ultimatum au gouvernement en place de Nicolás Maduro pour qu’il lui cède le gouvernement intérimaire ; l’intimidant, dans le cas où l’exigence impérialiste ne serait pas suivie, qu’il utiliserait tout son pouvoir et sa puissance de superpuissance pour obtenir la capitulation du gouvernement actuel de Maduro en faveur du gouvernement temporaire comme « casus belli ». Ce qui signifie, soit la capitulation du pays opprimé, soit la guerre d’agression impérialiste, peu importe la forme que l’intervention militaire revêt.

Cette agression directe de l’impérialisme yankee, dirigé par Trump-Pence, pour changer le gouvernement du Venezuela par un pantin des yankee, impliquerait le changement de la situation semi-coloniale du Venezuela en une situation coloniale. Ces impérialistes, au nom de la lutte contre la « dictature » et pour la « démocratie et la liberté », ont pour intention de soumettre le peuple vénézuélien à l’esclavage colonial. Cela constitue la pire intimidation sans honte, l’interférence, le contrôle et l’agression par les Etats-Unis contre une nation opprimée du Tiers-Monde en violation de l’indépendance nationale, de la souveraineté nationale et de la dignité du pays et de l’ordre juridique international qui est une expression de son hégémonie mondiale, avec sa Charte de l’ONU, ou son OEA (Organisation des Etats Américains), etc.

L’impérialisme se permet d’agir de manière suffisante et sans-gêne contre un pays formellement indépendant grâce à sa condition de seule superpuissance hégémonique et de gendarme du monde auto-proclamé. Parce que c’est le principal impérialisme qui impose son règne semi-colonial sur le Venezuela tout comme sur les autres pays d’Amérique Latine, principale base de sa domination mondiale (son arrière-cour). Une situation qui s’est approfondie pendant les années du régime actuel de Chávez-Maduro qui, comme représentants de la grande bourgeoisie bureaucratique de ce pays, malgré leur discours et les contradictions secondaires avec les gouvernements successifs que les Etats-Unis, ont de plus en plus soumis le pays au règne économique de l’impérialisme yankee à travers son principal et pratiquement seul produit d’exportation, le pétrole, tout en s’associant avec ses investissements directs à l’étranger et augmentant sa dépendance financière de Wall Street. Cependant ils ont ouvert le pays de plus en plus à la pénétration d’autres puissances impérialistes, sans rompre avec l’impérialisme yankee, en essayant de jouer sur deux tableaux. Augmentant ainsi le conflit impérialiste pour l’exploitation du pays et transformant le Venezuela en une arène d’affrontement inter-impérialiste aiguë.

Aujourd’hui plus que jamais, la révolution de Nouvelle Démocratie, qui mettra fin à la domination impérialiste, à la semi-féodalité et au capitalisme bureaucratique qui sont les trois montagnes qui oppriment le peuple, demande à être concrétisée au moyen de la Guerre Populaire dirigée par le prolétariat grâce à son Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé.

Le régime actuel au Venezuela a été établi le 2 février 1992 en surfant sur la lutte des masses contre la tant décriée privatisation et les « packages » que les gouvernements précédents de la faction compradore ont essayé d’imposer. La colère des masses qui s’est exprimée dans le « Caracazo » (1989) a temporairement empêché les désires des compradores, principalement liés aux Etats-Unis, de prendre complètement tout ce que l’Etat bureaucratique et des propriétaires terriens a accumulé pendant des décennies.

Maintenant avec l’aggravation de la crise dans le pays, pour les impérialistes yankee et les laquais à leur service, le moment est venu pour s’approprier complètement les grandes richesses du pays à travers l’imposition d’un gouvernement fantoche : en visant le pétrole du Venezuela en première place, la plus grande réserve dans le monde, et en prenant avantage des conditions excellentes que ce pays offre pour l’exploitation par le capital financier impérialiste. En établissant son esclavage colonial grâce à un gouvernement fantoche, les impérialistes yankee n’auront pas à partager le monopole économique sur le Venezuela avec d’autres impérialistes (caractère semicolonial) mais pourront établir leur monopole économique impérialiste exclusif sur le pays (caractère colonial).

Comme cela a toujours été le cas, il appartient au peuple de défendre le pays. Le peuple vénézuélien doit se mobiliser largement dans le but d’empêcher le danger de capitulation qui est exprimé par les représentants du gouvernement de Maduro, comme la tendance au compromis, qui a été exprimé ouvertement ou secrètement par ceux qui ont peur de la puissance de l’impérialisme et en conséquence offre l’inévitable assujettissement de la nation parce qu’ils n’ont pas confiance dans la puissance du peuple et la solidarité des peuples du monde.

Pour les révolutionnaires, l’impérialisme est un colosse aux pieds d’argiles, un tigre en papier et les armes ne sont pas décisives mais au contraire les masses le sont. Les autres mettent leurs espoirs pour surpasser la menace de l’assujettissement colonial du pays principalement dans l’aide étrangère d’une autre superpuissance, la Russie (le chien maigre) ou les social-impérialistes chinois à travers l’aide économique, les armes etc, ou bien la médiation diplomatique. Cette dernière est liée au doute que ces personnes ont à savoir si l’ennemi attaquera : certains considèrent cela comme une probabilité et d’autres disent qu’il n’y a aucune chance.

Pour leur part, les impérialistes yankee, à travers leurs représentants, ont déclaré que la politique des Etats-Unis concernant le Venezuela est déjà établie. Quiconque imagine qu’il est possible de négocier avec les Etats-Unis, d’une manière qui n’implique pas la capitulation du gouvernement du pays et l’abandon de l’indépendance et de la souveraineté du Venezuela vit dans l’illusion. Le conseiller à la sécurité nationale de Trump, Bolton, a fourni un document où il est démontré qu’ils se mobilisent pour l’agression militaire directe, en atteste : « le déploiement de 5000 troupes en Colombie ». D’autant plus que tout comme dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances impérialistes agissent en collusion et en lutte avec les yankee pour pousser Maduro à la capitulation. Le gouvernement allemand a exigé la tenue immédiate d’élections « libres et justes » et a indiqué sa volonté de reconnaître Guaidó temporairement comme le dirigeant de l’État fantoche du moment que ces élections primaires sont convoquées. De même avec l’Angleterre, la France, l’Espagne etc.

Il appartient au gouvernement du Venezuela de rejeter la capitulation et de mettre toute politique de compromis de côté, la situation politique est entrée dans l’étape de préparation à la résistance nationale contre l’agression impérialiste, et ils doivent assumer le défi et mobiliser et armer largement le peuple, de même que les forces armées dans le but de préserver l’indépendance nationale, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale pour les consacrer à une difficile guerre de résistance nationale contre l’agression étrangère.

Le gouvernement de Maduro, montrant sa myopie politique, a pris beaucoup de temps à reconnaître qu’il était en train de faire face à un coup d’État qui était appliqué par l’impérialisme à travers ses laqués, en considérant la responsabilité principale dans « l’opposition » comme si cela était une affaire interne, venue des agents et pas du commanditaire. Face à l’action du gouvernement de Trump d’imposer un gouvernement fantoche en reconnaissant Guaido comme le « président par intérim », ils ont annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, etc. Ce qu’ils ont clarifié ne signifie par une rupture avec les Etats-Unis mais seulement avec son gouvernement ; ils n’ont pas ordonné la mobilisation de toutes les forces de la nation pour faire face à l’agression impérialiste comme cela aurait dû être fait avec la mobilisation militaire de leurs forces et des masses, ils n’ont pas non plus appliqué immédiatement les mesures punitives contre les laquais qui ont commis toutes sortes de crimes contre le peuple vénézuélien pour servir l’impérialisme yankee.

Malgré le changement de la situation interne et externe qui est déterminée par l’agression impérialiste directe, ils ont l’intention de continuer à manœuvrer sans l’énergie, la décision et l’entièreté, en parlant de « dialogue », de « paix ». Dans des situations similaires, même en ayant des limitations de classe que Maduro, d’autres ont osé et choisi le chemin de la résistance.

Il appartient au prolétariat et au peuple de mettre fin à toutes les discussions qui entravent un rejet plus fort de l’ultimatum impérialiste et la préparation adéquate pour la résistance, pour s’opposer à l’agression militaire par l’invincible Guerre de Résistance contre l’impérialisme yankee.

Le prolétariat et le peuple du Venezuela, combatifs comme toujours, se soulèvent avec un grand sentiment patriotique et une profonde haine de l’impérialiste et de tous ses laquais dans le pays et à l’étranger et exigent du gouvernement de Maduro de rejeter la capitulation, qu’il remplisse son devoir et abandonne tout espoir mettant au centre le dialogue avec les laquais ou des traités diplomatiques avec les impérialistes qui leur feraient abandonner leur plan en cours.

Il appartient au prolétariat du Venezuela, et aux plus avancés parmi celui-ci, les maoïstes, de porter le mot d’ordre de formation d’un large front uni anti-impérialiste, de faire se joindre les travailleurs, les paysans, les petits-bourgeois, les bourgeois nationaux et les membres de toutes les autres classes qui sont volontaires pour faire face à l’agresseur impérialiste et ses laquais à l’exception d’une poignée de traîtres. Il lui appartient d’impulser la prise générale des armes par le peuple dans les campagnes et dans les villes pour préparer une vaste guerre de résistance, comme lutte armée, en s’efforçant de la diriger et de lutter pour reconstituer leur Parti Communiste pendant celle-ci, en tant que Parti Communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé, pour transformer la lutte armée de résistance en Guerre Populaire de libération nationale. Il appartient aux maoïstes de préparer l’application d’une vaste guerre de guérilla qui prendra la campagne comme base et les villes comme complément nécessaire.

Il lui appartient d’unir tous ceux qui ne veulent pas être les esclaves des Etats-Unis, tous ceux qui se battent pour une véritable indépendance, la souveraineté nationale et la dignité du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l’intervention, au contrôle et l’agression des impérialistes yankee. Avec tous ceux-là, il appartient de les unir et de les mobiliser tout en s’opposant aux appels à la conciliation, à la paix ou à privilégier les négociations mais au contraire agir résolument pour écraser l’agression impérialiste yankee qui a commencé à se développer sous la forme d’un coup d’État aujourd’hui.

En tant que représentants du prolétariat et de son avant-garde florissante, il appartient aux maoïstes, sur la base du principe d’indépendance et d’auto-détermination, d’appliquer l’unité et la lutte avec les autres forces qui ont commencé à former le peuple dans la situation politique actuelle, où la contradiction nation-impérialisme devient principale. Il est nécessaire d’exiger à procéder méticuleusement à réformer le système qui est imposé dans l’armée et le système politique en élargissant la démocratie, de développer un mouvement de masse indépendant, de mettre en mouvement l’éducation pour la défense nationale, de réprimer les laqués et autres collaborateurs, de développer l’industrie de guerre et d’améliorer les conditions de vie du peuple.

Il est de la plus grande importance d’établir le programme de résistance nationale, qui est de nature prolongé dans les conditions actuelles. La guerre de résistance du peuple doit viser à construire un véritable Pouvoir Révolutionnaire (le Nouveau Pouvoir) et non la falsification du “socialisme du 21ème siècle”, qui a tellement frustré le peuple, mais bien le Pouvoir d’une Nouvelle Démocratie sur chaque partie de la résistance, jusqu’à l’expulsion de l’ennemi envahisseur et l’écrasement de ses chiens et laquais, pour son établissement dans tous le pays.

Les peuples d’Amérique latine, dans le but de préserver l’indépendance nationale et la souveraineté nationale, ont le devoir de mener une lutte « coup pour coup » contre l’impérialisme yankee agressif et génocidaire, principal ennemi des peuples du monde.

L’intervention directe de l’impérialisme yankee a commencé avec une coup d’État suivi de tout un déploiement et un siège des forces pour faire capituler le gouvernement de Maduro et soumettre la nation, elle ne sera pas stoppée si les objectifs ne sont pas accomplis, cela s’intensifie sur tous les terrains jusqu’à ce que nous atteignons leurs objectifs et c’est pourquoi cela va éveiller une nouvelle vague contre l’impérialisme yankee parmi les peuples d’Amérique latine et du monde.

Il appartient aux Partis et Organisations signataires d’assumer leur rôle de donner une expression organisationnelle à cette nouvelle vague anti-impérialiste, de combattre l’impérialisme et ses servants et laqués dans chaque pays. Nous devons développer une large et énergique campagne mondiale pour soutenir le peuple vénézuélien contre l’agression impérialiste yankee.

Vous, peuple héroïque vénézuélien, il n’y a pas de place pour le doute, n’êtes pas seul dans votre lutte. Le prolétariat et les peuples opprimés du monde sont unis avec le peuple du Venezuela ; Vous avez le soutien du prolétariat des Etats-Unis et du Canada, du prolétariat des pays impérialistes d’Europe et d’Asie, de tous les peuples d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique, le soutien des peuples du monde entier.

Face à l’agression directe de l’impérialisme Yankee contre le Venezuela et les peuples d’Amérique latine, il appartient à nos peuples de brandir la révolution et faire face à la guerre d’agression impérialiste avec plus de Guerres Populaires.

Le Venezuela et toute l’Amérique latine sera le tombeau des hordes impérialistes yankee !

Peuple vénézuélien, renonce aux illusions et prépare toi pour la résistance !

L’impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier !

La lutte des peuples du monde contre l’impérialisme yankee triomphera !

Signée par :

Parti Communiste d’Equateur – Soleil Rouge

Mouvement Populaire Pérou (Comité de Réorganisation)

Parti Communiste du Brésil (Fraction Rouge)

Fraction Rouge du Parti Communiste du Chili

Noyau pour la Reconstitution du Parti Communiste de Colombie

Adhérents :

Comité de Construction du Parti Communiste de Galice

Comité Drapeau Rouge – RFA

Parti Communiste maoïste (Italie)

Noyau Révolutionnaire pour la Reconstitution du Parti Communiste du Mexique

Parti Communiste maoïste (France)

Solidarité de classe avec tous ceux que les réactionnaires ont fait disparaître !

Notre Parti s’est engagé à plusieurs reprises dans la défense de celles et ceux qui, car révolutionnaires, sont des cibles pour les réactionnaires. Nous défendons comme la nôtre la cause de Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier politique communiste dans les geôles de l’État français depuis 35 ans. Nous nous tenons aux côtés de toutes les victimes des violences policières, du harcèlement dans les quartiers et des attaques et meurtres racistes commis par les flics. Nous avons été témoins des arrestations massives, des emprisonnements, des mutilations du mouvement des Gilets Jaunes infligés par les chiens de garde de l’État. La réaction fout en taule et tue, comme Adama Traoré en 2016, ou comme cette résidente du quartier de Noailles à Marseille, décédée à 80 ans à la suite de l’explosion d’une grenade tirée par la police lors des manifestations Gilets Jaunes en décembre dernier. Nous avons connu et connaîtront la répression de l’État bourgeois français, et nous la voyons tous les jours à l’œuvre.

Les vieux États, leurs milices officielles comme la police, et leurs milices officieuses comme certains paramilitaires mercenaires, n’hésitent pas à engager leur force de frappe contre celles et ceux qui luttent. De l’emprisonnement aux pratiques très communes de disparition forcée, partout à travers le monde les réactionnaires tentent d’attaquer les éléments les plus déterminés afin de briser la volonté révolutionnaire. Ils utilisent les stratagèmes et les méthodes les plus abjects pour faire se tenir en place le prolétariat, pour intimider celles et ceux qui osent lutter.

Cette vérité vaut partout où la bourgeoisie commande, et où elle poursuit et persécute celles et ceux qui s’élèvent contre son autorité. Dans le monde entier, et spécialement dans les contextes de guerre populaire comme nous les voyons aujourd’hui, les réactionnaires intensifient leurs efforts pour mettre hors d’état de nuire quiconque est en travers de leur chemin. Nous nous sommes engagés en Novembre dernier à défendre fermement les prisonniers politiques révolutionnaires et à honorer la mémoire de celles et ceux que la réaction a fait disparaître, et ce, mondialement.

Le 30 janvier, Randy Felix Malayao, consultant du NDFP (Front National Démocratique des Philippines) a été tué brutalement aux Philippines dans un bus par un homme armé qui a immédiatement disparu avec un complice. Ce meurtre et son mode opératoire ont tout d’un assassinat, un assassinat politique. La police nationale des Philippines accuse l’Armée Populaire (NPA) du meurtre, une absurdité qui vise à couvrir les véritables responsables, agents du gouvernement de Duterte. Les prisonniers politiques des Philippines se sont élevés contre ces fausses accusations contre l’Armée Populaire.

Cet exemple nous rappelle la politique inflexible des réactionnaires lorsque leur pouvoir est contesté par celui des masses : la terreur de la bourgeoisie sur les masses populaires. Cependant, nous avons de nombreux exemples dans les luttes révolutionnaires héroïques, et plus particulièrement dans les guerres populaires menées par les Partis Communistes, qui prouvent que cette politique de la bourgeoisie est vouée à l’échec. En assassinant, l’État bourgeois n’intimide pas, il enflamme les masses à l’attaque des responsables des tueries !

Solidarité de classe avec tous ceux que les réactionnaires ont fait disparaître !

Osons lutter, osons vaincre !

Rejoignons la grève du 5 février !

Depuis la mi-janvier, des syndicats (notamment de la CGT), ont lancé des appels à la grève pour le 5 février. Dans le contexte du mouvement de masse des Gilets Jaunes et des attaques répétées du gouvernement sur celles et ceux qui se révoltent et sur leurs conditions de vie et de travail, cet appel n’est pas surprenant. Cependant, son ampleur a beaucoup augmenté lorsqu’il a été rejoint ouvertement par des collectifs de Gilets Jaunes. A moins d’une semaine du 5 février, ce sont désormais de nombreux groupes, qu’ils soient issus des syndicats ou du mouvement, qui appellent à la grève. Plus encore, la nature de la grève du 5 février a été poussée vers l’avant par les Gilets Jaunes, qui appellent à la grève générale illimitée !

Cet appel est juste et la volonté de le prolonger l’est encore plus. Alors que le mouvement des Gilets Jaunes dure depuis Novembre, il est clair qu’il a effectivement pris la forme d’une lutte prolongée. Dans ce temps, il s’est lui même transformé, avec notamment l’abandon après les premières semaines des éléments les plus ouvertement bourgeois du mouvement. On n’entend plus les centrales patronales des transports ! On ne voit plus les dirigeants de magasins dont les commerces ont été bloqués par les groupes de Gilets Jaunes ! Sur les plateaux télés, les élus bourgeois de droite et d’extrême-droite se taisent et n’assument pas la direction du mouvement par peur des violences, et ils se contentent alors de s’opposer par principe à Macron !

Dans les méthodes mêmes de ce mouvement, le passage à la grève est un tournant. En effet, pour les éléments bourgeois qui avaient plutôt soutenu la lutte contre les taxes, la grève est impossible, ils ne peuvent pas eux-mêmes bloquer la production et l’accepter reviendrait pour eux à se tirer une balle dans le pied. De l’autre côté au contraire, pour le prolétariat et son cœur qui a le rôle central dans la production, la classe ouvrière, la grève est un puissant levier tactique s’il est bien manié. Bloquer le pays en partant de la production, c’est une évolution majeure des méthodes d’organisation du mouvement des Gilets Jaunes, qui se rattache de plus en plus clairement à une classe. Tout cela prouve une chose : la lutte prolongée a déterminé les éléments les plus prolétariens à adopter de nouvelles méthodes de lutte, des méthodes spécifiquement de classe, comme la grève.

Il faut appuyer sur ce point : ce qui sera déterminant, ce n’est pas que la journée du 5 février, mais c’est ses suites et sa prolongation dans le temps. L’appel à la grève a été suivi par de nombreux syndicats, et repris de manière enthousiaste. Cela rappelle les tentatives d’UL et UD syndicales à lier leurs luttes à celles des Gilets Jaunes à la fin de l’année dernière. En plus de l’appel de la CGT et de l’appel des Gilets Jaunes, dans les colonies de l’État français, comme en Martinique/Matinik le 5 février sera aussi une journée de grève anniversaire des grandes grèves générales contre la vie chère et la pwofitasyon qui avaient eu lieu en 2009 pendant 44 jours. La CGTM, premier syndicat de l’île, dénonce les accords non-tenus par le gouvernement. Cela montre bien l’intensification du niveau général des luttes dans l’État français. De leur côté, les centrales des syndicats de conciliation se tiennent elles en retrait, comme des chiens de garde.

Nous ne le répéterons jamais assez : on a raison de se révolter, et il est juste d’être aux côtés des masses en lutte. Nous construisons dans ce mouvement nos outils pour la révolution, et le passage du mouvement de masse actuel à la grève générale ouvre des possibilités de lutte nouvelles pour intensifier la dynamique.

Toutes et tous en grève le 5 février !

Osons lutter, osons vaincre !