Pour un Secours Rouge de masse et populaire !

Pour un Secours Rouge de masse et populaire !

La situation des prisonniers politiques dans l’État français

La situation de la répression dans l’État français appelle, particulièrement aujourd’hui en 2019, au développement d’une solidarité de classe plus importante contre l’État bourgeois. Nous pouvons prendre quelques exemples pour expliquer pourquoi la solidarité contre la répression est d’une importance capitale :

D’abord, prenons celui du Camarade Théo El Ghozzi, militant ouvrier révolutionnaire. Emprisonné depuis le 22 Juillet 2019 et en grève de la faim depuis cette date. Ce Camarade explique dans une lettre, publiée sur la Cause du Peuple, les conditions d’arrestation et de détention des prisonniers politiques dans l’État français aujourd’hui :

« La police est venue m’arrêter dans mon usine – je suis soudeur. Tout a été très vite ; les flics m’ont notifié que j’étais en rétention judiciaire par rapport à une action menée le 23 juin 2016 (lors du mouvement contre la loi travail) où j’avais été condamné à 6 mois de prison avec sursis. Je ne serais pas venu à des “convocations” envoyées à une adresse où je n’ai jamais résidé et desquelles je n’avais pas connaissance, alors ils auraient révoqué mon sursis. Le lundi à 18h, me voilà en taule !

Le lendemain de mon incarcération, j’apprends à la télévision que je suis là pour des dégradations sur l’appartement de De Rugy – jusque là, jamais ces faits n’ont été évoqués par les flics. Il est évident qu’il s’agit là d’une magouille politico-policière de la bourgeoisie française pour porter une attaque au mouvement révolutionnaire. Je ne me suis jamais caché, j’ai toujours travaillé de manière déclarée, je recevais même des lettres du trésor public à mon domicile.

Si ils voulaient m’arrêter, ils en avaient l’occasion depuis longtemps ! Alors pourquoi venir me chercher dans une usine dans laquelle je savais que je travaillerai seulement depuis le vendredi 19 juillet – fin de mission d’intérim précédente ? Le motif politique de mon emprisonnement est plus que flagrant ! »

Concernant son traitement depuis son emprisonnement, le Camarade Théo écrit : « La direction de la taule est au courant de ma grève de la faim, j’ai été convoqué par le chef des matons qui m’a dit que si je continuai, je me retrouverai en “unité psychiatrique, camisolé et entubé”. Voilà comment la “démocratie” bourgeoise française traite ses opposants. »

Le Camarade Théo, dans sa lettre, nous rappelle plusieurs leçons importantes. Tout d’abord que la bourgeoisie ne reculera devant rien pour écraser celles et ceux qui se dressent contre elle, que ça soit en bafouant ses propres lois, en utilisant des magouilles pour trouver des raisons d’emprisonner, ou en accusant ses opposants d’être des fous. Ensuite, le Camarade Théo lie son cas, celui d’un prisonnier arrêté récemment, avec la situation générale dans l’État français :

« – cette grève de la faim est également en solidarité avec les prisonniers politiques révolutionnaires et en particulier avec le camarade Georges Ibrahim Abdallah.

[…]

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

Face à la répression, rendons coups pour coups !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde !

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Osons lutter ! Osons vaincre ! »

En effet, d’autres cas particuliers de prisonniers politiques relèvent de cette situation, comme le cas emblématique du Camarade Georges Abdallah, libérable depuis 20 ans et maintenu délibérément dans ses geôles par les bourreaux de l’État français qui protègent leur impérialisme et ses alliés. Le cas des prisonnières et prisonniers kanaks, basques, corses, et en général de toutes les nations opprimées par l’État français, souvent mis en taule loin de chez eux, représente bien aussi cette situation. Ensuite, les militants et militantes antifascistes qui pratiquent un antifascisme réel, de terrain, lié aux luttes des masses, ont également été la cible de l’État français récemment. Le cas le plus emblématique est celui d’Antonin Bernanos qui subit sa deuxième peine de prison.

De manière plus large encore, les nombreuses et nombreux camarades prolétaires incarcérés et arrêtés lors du mouvement de masse des Gilets Jaunes depuis novembre, ou des Gilets Noirs en région parisienne très récemment, sont de très bons exemples de cette tendance de l’État français à intensifier la répression. Même les syndicalistes sont inquiétés et de plus en plus poursuivis pour leur engagement aux côtés des travailleurs et travailleuses, l’objectif étant de criminaliser tout mouvement social créant une menace potentielle pour le pouvoir.

Tous ces acteurs et actrices de la lutte de classe sont harcelés par la justice pour leur engagement et mis en prison pour leur dévotion à la lutte. Aujourd’hui, l’État n’hésite pas à frapper de grands coups, pensant dégoûter et briser des révoltés en leur infligeant des peines gonflées. Les instructions politiques sont partout dans la « justice », que ça vienne directement des ministères (notamment l’Intérieur, qui cherche à punir sèchement toute contestation), ou de la police, dont une partie appelle à la fin des « avocats militants », c’est-à-dire à suspendre le droit d’être défendu quand on est accusé pour des actes politiques.

Le traitement policier de la contestation tel qu’il était auparavant réservé aux quartiers populaires s’élargit progressivement à toute forme de contestation sociale pour peu qu’elle porte en elle un minimum de révolte.

Les évènements récents ont également montré que la police avait carte blanche pour tuer et mutiler en toute impunité. Adama, Rémi, Steve et les autres victimes directes ou indirectes de la police, les Gilets Jaunes, grévistes et supporters éborgnés, les centaines de personnes blessées témoignent de cette odieuse impunité. Aucun flic n’a fini en tôle durant les dernières années pour un meurtre qu’il aurait commis. Les syndicats de policier exercent une pression croissante sur les responsables politiques et les magistrats qui les couvrent systématiquement, alors que l’IGPN travaille à blanchir les pires assassins. Ce phénomène contribue à durcir la répression tout en alimentant une vraie haine de classe face à cette injustice.

A l’échelle de la société toute entière, du harcèlement policier à l’inégalité devant la « justice », c’est toute notre classe, le prolétariat, et son cœur, la classe ouvrière, qui reçoit coups sur coups de l’ennemi bourgeois. L’Etat n’hésite pas à séparer des familles, emprisonner, attaquer psychologiquement et physiquement, tout ça en pensant nous mater.

Pour un Secours Rouge de masse et populaire !

Face à cette situation, nous devons développer une solidarité de classe sans faille, qui s’exprime à tous les niveaux, contre l’intimidation quotidienne des prolétaires et militantes et militants, et contre l’emprisonnement de celles et ceux qui ont été touchés par la répression.

Des réseaux existent déjà : le travail local des Legal Team, les liens avec les avocats anti-répression, les événements culturels (type concerts), ou encore la solidarité de la famille et des amis. Grâce à un Secours Rouge, une organisation dédiée à la protection et à la défense sans faille de celles et ceux qui se sont fait condamner pour avoir lutté pour notre classe, cette lutte contre la répression prend une nouvelle dimension, celle d’un poing uni contre la bourgeoisie.

Ce Secours Rouge se construit autour des organisations révolutionnaires actuelles, et prend ses racines dans les masses populaires. Cela signifie qu’il se tient fermement aux côtés des prisonnières et prisonniers déjà mis en taule pour leur engagement révolutionnaire, pour leur détermination à affronter l’État bourgeois. En plus de cela, il a pour devoir et mission d’aller aux devants des prisonnières et prisonniers qui font face seuls à la répression, ainsi qu’à leurs familles qui peuvent se retrouver isolées et harcelées par la « justice » lorsqu’elles osent lutter.

Grâce à un Secours Rouge, la construction de la solidarité populaire concrète avec les prisonnières et prisonniers politiques s’active. Au dehors, elle renforce les liens entre les masses, elle lie les conditions d’un grand nombre de personnes et de leur entourage pour la même cause. A l’intérieur des prisons, la solidarité de classe du dehors retentit. Elle maintient nos camarades prisonnières et prisonniers dans un clair esprit de lutte, de transformation active de la prison réactionnaire dans laquelle la bourgeoisie les a placés en une tranchée de combat révolutionnaire.

Grâce à un Secours Rouge de masse et populaire, la lutte contre la répression s’intègre à la lutte de classe. L’objectif est que chaque personne qui ose relever la tête pour se révolter sache que même si elle subit la répression, elle aura le soutien que son engagement dans la lutte de classe mérite.

La mission d’organiser ce Secours Rouge est aujourd’hui une des nombreuses tâches que les communistes et les révolutionnaires doivent assumer. Il devient une exigence criante lorsque tant de camarades de notre classe sont mis sous les verrous pour leur engagement révolutionnaire, et alors même que les bourgeois hypocrites continuent à prétendre qu’il n’existe pas de prisonniers politiques dans l’État français.

Les camarades du Pérou disent qu’il y a quatre façons de sortir de taule : par la mort, par la voie légale en fin de peine, en s’évadant, ou en étant libéré de l’extérieur par la victoire de la révolution. Au-delà de l’État dans lequel on vit, c’est une mission des communistes et des révolutionnaires de travailler à la libération des prisonniers politiques révolutionnaires à travers le monde, et notamment là où se développent des Guerres Populaires, et où la répression est extrêmement dure.

Liberté pour toutes et tous les prisonniers politiques révolutionnaires !

Construisons un Secours Rouge de masse et populaire !

Déclaration sur Oskar Grossmann, héros du prolétariat autrichien, mort en Résistance à Lyon en 1944

Nous publions cette déclaration de nos camarades d’Autriche et nous associons entièrement à cet hommage envers Oskar Grossmann, mort dans la Résistance à Lyon en 1944.

Il y a exactement 75 ans, le camarade Oskar Grossmann était assassiné par les fascistes nazis sous la torture en prison à Lyon. Nous dédions cette déclaration à l’anniversaire de décès, à l’héritage éternel de ce grand fils du prolétariat autrichien à jamais dans nos cœurs :

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

OSKAR GROSSMANN

HÉROS IMMORTEL DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL ET DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE D’AUTRICHE.

Déclaration à la suite du centième anniversaire du Parti Communiste d’Autriche

Oskar Grossmann est le nom d’un des 12 héros immortels du Comité Central du Parti Communiste d’Autriche (KPÖ) qui ont donné leur vie dans la lutte contre le nazisme et le fascisme. Il était aussi connu sous le nom de « Alexander Schönau » et « Lucien » dans le Mouvement Communiste International. Le camarade Grossmann était un représentant magnifique du prolétariat international et un important dirigeant de la classe ouvrière en Autriche. En tant qu’organisation communiste du pays dans lequel le camarade Grossmann a été le plus actif, en tant qu’organisation communiste qui lutte pour la reconstitution du parti communiste, nous voulons faire une déclaration à l’occasion de la centième année de sa fondation du parti communiste d’Autriche, à propos de son service au parti communiste et de son héritage pour le Mouvement Communiste International.

Le camarade Grossmann est issu des masses les plus larges de la société, où la vie quotidienne des familles est caractérisée par des problèmes financiers et par la pauvreté. Même face à de telles difficultés, Oskar Grossmann a réussi à terminer ses examens de fin d’études secondaires grâce à une soif insatiable de connaissances et de discipline, deux traits forts de son caractère. Il n’a pas pu terminer ses études car la pauvreté dans laquelle il vivait l’a contraint à quitter l’université peu de temps après ses débuts. Peu de temps avant, en 1920, à 17 ou 18 ans, le camarade Grossmann est entré dans la Ligue de la Jeunesse Communiste (KJV). Il a pris cette décision au cours d’une période au cours de laquelle les tempêtes de la révolution autrichienne de 1918 se sont apaisées, la vague révolutionnaire a reculé et le Parti communiste et ses organisations de masse ont perdu une grande partie de leurs membres. Mais là où d’autres ont abandonné le combat, Grossman a été actif. Avec l’aide d’un autre des 12 héros immortels du Comité central, l’excellent camarade Alfred Klahr, le camarade Grossmann a rapidement assumé des fonctions de direction au sein de la Ligue de la Jeunesse. Un texte commémoratif du Comité central de 1945 décrit sa tâche au sein de la Ligue de la jeunesse communiste:  » Sa vie personnelle s’est achevée pour lui quand il est entré à la direction de la Ligue de la jeunesse communiste en 1921 (ou 1920?). Comme la plupart des membres de la direction, il travaillait le jour et prononçait des discours et des exposés pour les apprentis et les jeunes travailleurs la nuit. C’était un orateur captivant. Pas un phraseur, pas un locuteur qui joue avec les mots. Chaque discours était chargé de tout le poids des preuves qu’il avait pu trouver.  » Il est particulièrement important pour nous de défendre le rôle important que joue le camarade Grossmann au sein de la jeunesse prolétarienne, car la Ligue de la jeunesse communiste, créée sous la direction et la direction du Parti communiste autrichien, célèbre elle aussi son centième anniversaire en 2018/9.

En 1930, après avoir développé son talent d’agitateur et de propagandiste dans l’esprit de la jeunesse prolétarienne et révolutionnaire, le camarade Grossmann devint rédacteur en chef du Drapeau rouge, l’organe central du parti. Avec cette fonction, il est devenu un professeur important des couches les plus progressistes du prolétariat autrichien, où il ne s’est jamais fatigué d’enseigner aux ouvriers le principe fondamental de l’idéologie toute-puissante du prolétariat, à l’époque, le marxisme-léninisme. Il a compris comment présenter les questions les plus compliquées avec un langage clair et des méthodes convaincantes et a joué un rôle important dans le développement de légions de prolétaires communistes. En tant que rédacteur et éditeur du drapeau rouge, il est également aujourd’hui un exemple important pour les journalistes et les propagandistes prolétariens de la reconstitution du Parti communiste.

Du début au milieu des années 1930, le camarade Grossmann a également été délégué du Parti communiste d’Autriche au sein du Comité exécutif de l’Internationale communiste et l’a représenté pour la Troisième Internationale lors du VIIe Congrès mondial, ce qui sera d’une importance incroyable pour le parti communiste d’Autriche. Grâce à ses travaux, l’Internationale communiste accorda encore plus d’attention aux questions importantes du prolétariat autrichien, ce qui s’avéra être d’une grande aide pour la classe ouvrière autrichienne. Le camarade Oskar Grossmann a élaboré l’analyse approfondie et novatrice du soulèvement armé du prolétariat autrichien de février 1934 sous la direction du Mouvement mondial communiste dirigé par le camarade Staline. Le camarade Grossmann a écrit, sous le commandement de ce même dirigeant, le premier document récapitulatif et systématique sur l’histoire du Parti communiste autrichien, document qui, même de nos jours, est une source de grande valeur pour la compréhension du contexte historique et la voie du Parti communiste d’Autriche.

Le camarade Grossmann a d’abord été envoyé en Tchécoslovaquie en tant que membre du Comité central du parti et représentant de la direction étrangère. Après l’invasion des sauvages nazis fascistes, l’appel du parti le conduisit à Paris, où il développa avec sa direction le travail étranger du KPÖ et noua les relations les plus étroites avec le Parti communiste de France (PCF). Dans cette œuvre, le camarade Oskar Grossmann portait depuis le début une ligne qui ne considérait pas la France comme un «arrière-pays pacifique» du KPÖ, et ne prenait pas non plus une attitude passive vis-à-vis de la lutte du Parti communiste de France. Il portait plutôt son soutien au PCF, assurait une étroite coopération avec lui, et participait à la lutte de classe de cette partie importante du front en correspondance avec les intérêts du prolétariat international. Le camarade Grossmann est resté dans les territoires occupés par les fascistes après que la bourgeoisie allemande ait attaqué la France avec sa Wehrmacht. Il développa un énorme appareil de propagande et fut pendant très longtemps au sein de la résistance antifasciste française et du mouvement partisan le responsable de l’agitation et de la propagande dans les rangs des soldats germanophones de la Wehrmacht.

Outre d’innombrables tracts, brochures et articles, il a construit les journaux illégaux et antifascistes « Le Soldat à l’Ouest » (Der Soldat im Westen) et le « Le Soldat en mer Méditerranée » (Der Soldat am Mittelmeer), qui dans des conditions illégales, étaient produits en quantités de 50 000 à 70 000 et étaient des instruments décisifs pour de grands succès en affaiblissant les troupes fascistes. De plus, il dirigeait « Nouvelles d’Autriche », l’organe central du mouvement antifasciste de libération nationale autrichien en Europe occidentale. Inscrit dans la lignée de l’Internationale communiste, du Parti communiste et de la propagande qu’il a développée, le camarade Oskar Grosssmann a été un grand leader et un instructeur de la lutte partisane. Il a pris part à la Résistance, dans le cadre du Mouvement Ouvrier International (MOI), il avait la responsabilité des partisans autrichiens qui ont rejoint la résistance française et en ont organisé des centaines de personnes pour la lutte partisane en France. Sous sa direction, non seulement la section autrichienne de la résistance fut développée, mais également la section belge du «Front autrichien de la liberté» («Österreichische Freiheitsfront», ÖFF) consolidée et développée (la résistance communiste en Belgique était conduite depuis la France, selon la directive de l’Internationale communiste). Le camarade Oskar Grossmann a très bien appliqué la ligne de l’Internationale communiste, grâce à sa profonde compréhension militaire, et a permis à l’ÖFF non seulement d’envoyer secrètement d’importants cadres du parti communiste de Belgique en Autriche, comme le héros immortel du Comité central, l’excellent camarade Hedy Urach, mais aussi confirmer dans la lutte pour la liberté belge l’attitude internationaliste prolétarienne des bataillons de partisans autrichiens, comme lorsque la ville d’Arendonk a été libérée par des centaines de partisans de l’ÖFF en 1944.

Probablement faute de rapports et de graves erreurs dans la communication entre les unités partisanes, le camarade Oscar Grossmann est resté le 27 mai 1944 à Lyon à proximité d’une cible d’attaque d’une opération partisane. La bombe posée par les partisans, qui a valu à de nombreux fascistes leur punition justifiée, a également blessé grièvement le camarade Grossmann, lui faisant perdre la vue. Aveugle et gravement blessé, il a été arrêté par les fascistes alors qu’il gisait dans les rues dans son propre sang. Après avoir découvert sa véritable identité, malgré sa situation, il a été torturé et interrogé sous la contrainte par la Gestapo. On sait que des protocoles d’interrogatoire et de torture ont été utilisés, et qu’il a gardé le silence. Il n’a ni confirmé sa véritable identité, ni dit un seul secret. En état d’arrestation et sous la torture, le camarade Oskar Grossmann, est décédé sous les coups de pied de l’exécuteur fasciste de la Gestapo. Mais il est mort en tant que dirigeant important, en tant que partisan, en tant qu’enfant fidèle du prolétariat international, en tant que serviteur dévoué du Mouvement communiste international et membre du Comité central du Parti communiste. Cela lui donna la place de l’un des 12 héros immortels du Comité central du Parti communiste d’Autriche. En tant que tel, le prolétariat international, en particulier ses forces avancées, représentées par des partis communistes maoïstes, reconstitués ou en lutte pour la reconstitution, le gardera éternellement à l’esprit.

La vie du héros immortel, du camarade Oskar Grossmann, donne aujourd’hui aux communistes des enseignements importants :

Bien que le camarade Grossmann était un enfant du prolétariat autrichien et a pu se forger à Vienne dès son plus jeune âge, il est également tombé au rang de partisan dans l’Etat français, ce qui fait de lui un enfant du prolétariat international à qui il avait donné sa vie. Le camarade Grossmann représente une application conséquente de l’internationalisme prolétarien et a donné sa vie pour les intérêts du prolétariat international. Sa vie, ses efforts et sa mort appellent en particulier les parties les plus progressistes du prolétariat autrichien à dire clairement que sans une nouvelle organisation internationale des communistes, fondée sur et sous le commandement du marxisme-léninisme-maoïsme, il n’y a pas de direction internationale du mouvement communiste qui soit possible.

En tant qu’agitateur et propagandiste puissant, il enseigne aujourd’hui aux révolutionnaires prolétariens qu’il faut expliquer des conditions compliquées d’une manière que les masses saisissent, sans dégénérescence, sans déformation du marxisme-léninisme-maoïsme, sans faire de fausses concessions. Le camarade Grossman enseigne que, dans toutes les situations, les communistes sont capables de développer une propagande, qu’il ne s’agit pas de « circonstances », mais de la ligne correcte à appliquer.

Le camarade Oskar Grossman donne un exemple de lutte en cours contre l’éclectisme et la spontanéité, pour un travail systématique et planifié dans les tâches politiques. Pour cela, il faut parfois de la patience, mais les étapes doivent être solides et correctes, au service du développement de la Révolution Prolétarienne Mondiale.

Le camarade Oskar Grossmann nous donne un brillant exemple de dureté implacable envers l’ennemi de classe. Il a gardé son silence face aux fascistes malgré les tortures les plus dures et a donné avec cela son dernier souffle au prolétariat. Le camarade Grossmann se range donc du côté de tous les camarades du monde entier, qui font également face aujourd’hui à la répression avec courage, qui prennent leurs responsabilités et n’oublient pas non plus la mission de leur classe dans ces situations.

La profonde compréhension militaire du camarade Grossmann donne aujourd’hui aux communistes de nombreux conseils et inspirations pour reconstituer le Parti communiste sous le commandement du marxisme-léninisme-maoïsme en tant que parti militarisé. Le camarade Grossmann avait une excellente compréhension de cette tâche, en luttant contre le putschisme et le sectarisme, afin de baser le travail militaire sur les masses et de tirer le courage des masses les plus profondes et les plus larges dans le développement de ce travail.

Avec cette déclaration, prononcée à l’occasion du centième anniversaire du Parti communiste d’Autriche, confirmant la vie des 12 héros immortels du Comité central du Parti communiste, nous reconnaissons le bon exemple avec lequel le camarade Oskar Grossmann avance et nous confirmons que nous allons lui rendre hommage.

Vive le marxisme-léninisme-maoïsme!
Vive l’internationalisme prolétarien!
Vive le mouvement communiste international!
Pour la reconstitution des partis communistes!
Vive l’héritage des 12 héros immortels du Comité Central pour le centième anniversaire du Parti !

 

De Rugy en liberté, les militants ouvriers emprisonnés

La semaine dernière, les médias bourgeois ont parlé du Parti Communiste maoïste à la suite d’une action menée contre le domicile de l’aristocrate et ministre De Rugy. Aujourd’hui, nous continuons à porter la responsabilité de cette action. Nous l’avons réalisée pour plusieurs raisons :

  • D’abord car cette « affaire De Rugy » a fait beaucoup parler. Après plusieurs mois de mouvement des Gilets Jaunes contre la vie chère, De Rugy a rappelé à tout le monde que pendant que les prolétaires triment, les bourgeois profitent d’un train de vie luxueux aux frais des masses. Ses nombreux repas entre amis, payés avec les impôts, montrent l’indécence de la bourgeoisie et de ses laquais aux plus hauts postes du gouvernement. Notre but premier était donc de montrer que face à cette situation, les masses peuvent relever la tête et faire face à la bourgeoisie directement. L’ensemble de la classe bourgeoise nous exploite, mais le cas particulier de De Rugy et son retentissement en font un exemple particulièrement marquant.

  • Deuxièmement, car avec la démission de De Rugy et sa disculpation attendue par les institutions bourgeoises, « l’affaire De Rugy » a arrêté de faire les gros titres des journaux. Malgré le scandale, « l’affaire » s’est tassée et De Rugy va pouvoir désormais confortablement profiter de son mandat de député, payé grassement comme d’habitude. Même si l’étendue du scandale l’avait forcé à démissionner de tous ses postes de responsabilité, on sait que les politiciens trouvent facilement des postes dans le privé, comme cadres de grandes entreprises, fonds d’investissement, banques etc. C’est donc une question de classe avant tout : De Rugy pourrait quitter son logement à loyer plafonné, ou arrêter de manger du homard pour toujours, il resterait un ennemi de classe. Notre action vise à faire comprendre largement à la bourgeoisie qu’ils ne s’en tireront pas en étouffant des « affaires ». L’ensemble du mode de production économique les maintient à leur position, et c’est seulement par le renversement violent de leur classe que nous pouvons changer cette situation.

Maintenant que cette action est passée, l’État bourgeois cherche des coupables, pour faire taire toutes celles et ceux qui se sont dits « il l’a bien cherché ! » quand ils ont vu De Rugy menacé. Moins d’une semaine après le tag, les flics de Nantes ont arrêté un ouvrier sur son lieu de travail, en l’accusant d’avoir été l’auteur du tag. Bien connu des luttes des masses dans l’État français, cet ouvrier a été réprimé par la « justice » pour ses actions lors de la lutte de la loi Travail en 2016 et il s’est distingué dans la lutte anti-fasciste, syndicale et la lutte des Gilets Jaunes récemment. L’acharnement de l’État s’est abattu immédiatement sur lui pour un simple tag pendant que les bourgeois détournent des millions et se goinfrent sur notre dos. De manière aveugle, sans preuve de son implication dans cette affaire ou de la moindre appartenance partisane, la police a emprisonné ce militant, simplement parce qu’ils l’avaient sous la main. C’est un exemple de la situation de répression dans laquelle on vit aujourd’hui, où beaucoup, simplement par leur classe, leur couleur de peau et origine, sont constamment harcelés par la police, passent des nuits au poste et des journées en convocation, alors qu’ils n’ont strictement rien fait.

On voit bien ici les priorités de l’État bourgeois et de son bras droit policier : à Nantes le 21 juin, Steve Maia Caniço disparaissait après une charge de flics lors de la Fête de la Musique. Son corps n’a toujours pas été retrouvé un mois après, et la police de Nantes couvre les responsables de sa disparition. En attendant, elle trouve le temps et les moyens de viser des individus pour leur implication dans la lutte de classes, et de réprimer à tour de bras. Cette situation dans l’État français a souvent été pointée du doigt par les masses lorsque les médias bourgeois ont publié l’annonce de l’arrestation du militant nantais. Il n’y a aucun doute que la bourgeoisie cherche à faire de ce militant un exemple, sans tenir compte de la vérité et des preuves. Son emprisonnement pour des vieilles raisons datant de 2016 nous le montre. Nous devons accentuer la solidarité pour tous les prisonniers politiques, et montrer que nous sommes unis pour défendre celles et ceux qui subissent les attaques de la bourgeoisie en première ligne.

Liberté immédiate pour le prisonnier nantais et tous les prisonniers politiques !

Liberté pour les Gilets Jaunes et tous les enfermé.e.s du mouvement de masse !

Justice pour Adama, Steve, Aboubakar et tous les autres !

De Rugy, on te fera payer !

Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie IV

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec la Politique Nationale péruvienne. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

(suite…)

Toutes et tous en manif pour Adama Traoré le 20 juillet à 14h30 !

Il y a 3 ans,  Adama Traoré est tué pendant une interpellation par les gendarmes de Beaumont, le jour de son anniversaire. L’Etat, la gendarmerie, la « justice » et les médecins… tous vont nier le crime. Des mensonges sont créés pour faire passer le décès d’Adama Traoré pour une mort due à un problème médical, le procureur allant même jusqu’à déclarer que des « traces de cannabis » auraient pu jouer un rôle. Tout est fait pour transformer la victime, Adama Traoré, en coupable. Mais la famille Traoré s’est soulevée contre ces mensonges ! Elle a pu bénéficier de soutien de proches et amis, comme Dooums, ami d’Adama condamné pour sa lutte aux côtés des Traoré, dans leur combat très difficile face à l’Etat et aux fausses versions des gendarmes, soutenues par toutes les institutions : juristes, médecins, forces de l’ordre etc…

Depuis ces 3 ans, la répression judiciaire n’a pas cessé contre la famille Traoré, avec des condamnations pour Bagui, Youssouf, Cheikne, Yacouba Traoré… la liste est longue. La « justice » bourgeoise ne peut pas accepter cette lutte juste, menée avec détermination, alors elle attaque avec toute la force de son rouleau compresseur judiciaire celles et ceux qui osent relever la tête, comme Assa Traoré, la soeur d’Adama.

Le 12 mars 2019, plusieurs mois après le dernier rapport demandé par la justice, une contre-expertise réalisée à la demande de la famille Traoré a balayé les accusations de maladie à l’encontre d’Adama. Selon ces nouvelles informations, c’est clair : c’est l’arrestation qui a entraîné la mort, et pas un précédent médical d’Adama. Les médecins en charge du rapport ont remis en cause l’éthique médicale des experts de la justice, qui ont couvert pendant près de trois ans les gendarmes avec rapport sur rapport, les dédouanant de toute responsabilité.

A la lumière de ces nouvelles informations, l’avocat qui représente la famille a annoncé qu’il n’y aurait “pas d’autre solution que de poursuivre les gendarmes”. C’est une victoire, car depuis 2016, la famille d’Adama se bat sans répit et a réussi à mobiliser un mouvement de masse pour la vérité et la justice. A Beaumont-sur-Oise et ailleurs, plusieurs milliers de personnes marchent pour Adama, et luttent contre les violences policières. Cette lutte est juste pour l’ensemble des  victimes de violences policières. Rien que ces derniers mois, Lakhdar Bey, père de famille, est mort tué à Chambéry par la police en défendant son logement contre l’expulsion. Zineb Redouane à Marseille, Fatih et Adam à Grenoble, Steve à Nantes pour la Fête de la Musique… les exemples sont nombreux et passés sous silence. Ce sont les luttes de nombreuses familles qui sont ignorées par les médias et la justice lorsqu’elles ne soulèvent pas, comme la famille Traoré, de grands efforts. Dans tous ces meurtres, la police essaie évidemment de faire comme si elle n’avait pas de responsabilité.

Aujourd’hui, les gendarmes et la justice s’acharnent toujours sur Bagui Traoré, qui était avec son frère Adama au moment où les gendarmes l’ont interpellé. Traité comme un grand bandit, 60 gendarmes portent plainte contre lui pour des faits remontant à 2016, une situation absurde qui vise à isoler Bagui Traoré et à l’emprisonner sans preuve. Il suffit de comparer avec la situation des meurtriers d’Adama pour voir à quoi mène la « justice » bourgeoise. Pendant que Bagui est harcelé, le Tribunal de Paris étouffe l’affaire et laisse les gendarmes qui ont tué Adama vivre librement, sans mise en examen. Pas d’arrestation, pas de procès, pas d’enquête pour les meurtriers, mais bien l’acharnement contre les témoins qui osent se lever contre l’injustice.

La vie du quartier de Boyenval a été profondément impactée par le combat de la famille Traoré, et depuis des années la solidarité s’y exprime avec toutes les luttes légitimes des masses lors d’événements, de discussions, de matchs de foot, de rencontres avec des collectifs et personnes d’ailleurs. Tout ça montre aux masses qu’il ne faut pas plier face à la « justice » bourgeoise, qu’on a raison de relever la tête et de se battre, et que c’est en luttant qu’on trouve des frères et sœurs de lutte à nos côtés.

Cette Marche pour Adama du 20 juillet a un caractère particulier, car le Comité pour Adama avait appelé dés le 1er décembre 2018 à rejoindre le Mouvement des Gilets Jaunes. Depuis, la répression s’est abattue de manière considérable sur les participantes et participants du mouvement, comme nous en parlions ici. Par exemple Téo et Tristan, à Clermont-Ferrand, enfermés pour des peines de prison pour leur implication dans le mouvement. Le 20 juillet, c’est donc une marche pour Adama Traoré, mais aussi une marche pour toutes les victimes de violences policières, des violences systématiques dans les quartiers, qui sont principales, mais aussi des violences répressives que subissent les grands mouvements comme les Gilets Jaunes, des violences qui touchent d’un coup plusieurs milliers de personnes.

Nous appelons à rejoindre cette marche, à l’appuyer et à la renforcer, à montrer notre solidarité avec la famille Traoré et avec toutes les victimes des violences policières, des meurtres et des viols des criminels en uniforme. Les quartiers populaires sont la place forte du prolétariat. Il n’y a pas d’autre voie pour les communistes dans l’Etat français que celle qui consiste à axer notre travail sur les quartiers populaires, à lutter concrètement pour y servir le peuple dans tous les domaines, y compris le domaine très important du harcèlement policier et des violences des « forces de l’ordre » contre les masses. Les luttes justes des familles de victimes de violences policières nous montre bien l’appel criant parmi les masses pour une vie débarrassée du pouvoir d’Etat bourgeois, sa violence de classe et son isolation.

Le Parti Communiste, armé du marxisme-léninisme-maoïsme, a pour tâche l’organisation des masses les plus larges, et c’est seulement par cette voie que l’on pourra atteindre l’objectif le plus important de la lutte contre les violences policières, l’objectif de toutes les familles et proches en lutte, la fin de toutes les violences par le renversement de l’Etat bourgeois qui les dirige. Dans la construction des trois instruments de la révolution, le Parti, la Force Combattante et le Front Uni, le Parti Communiste agit pour la destruction totale de l’Etat bourgeois impérialiste français. A la fois, cette destruction est nécessaire pour la fin des violences au sein de l’Etat français, mais elle est aussi nécessaire pour la fin des violences impérialistes de l’Etat français dans ses colonies occupées (comme à la Réunion, où la répression a été extrême pour endiguer l’ouragan des Gilets Jaunes) et dans les semi-colonies qu’il exploite de par le monde, comme au Mali, au Burkina Faso, en Centrafrique, au Niger, et dans bien d’autres pays.

3 ans de combat, justice pour Adama !

Justice pour toutes les victimes des violences policières !

Arrêt de l’acharnement contre Bagui et tous les prisonniers politiques !

Unis contre la répression !

Force à la famille d’Adama et à toutes les autres familles des victimes !

Contre les violences policières, préparons l’autodéfense populaire !

Toutes et tous à la manifestation samedi 20 juillet, 14H30 à Beaumont-sur-Oise !