Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie III

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec la Guerre Populaire. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Au sujet de la police

Au sujet de la police

Assassinats impunis et racisme quotidien dans les quartiers, trafic organisé par des membres de la BAC, violences policières systématiques contre les Gilets Jaunes, viols et stockage d’images pédophiles par un officier de la DGSI, agression aux ciseaux d’un mineur, charge contre des fêtards lors de la Fête de la Musique ayant entrainé une disparition à Nantes… : la liste des crimes policiers s’allonge chaque jour, et chaque jour, de plus en plus de personnes perdent leurs illusions concernant les forces de l’ordre. A tel point que le slogan « tout le monde déteste la police » commence à décrire une réalité.

La question de la police est donc très importante sur le plan politique, mais souvent mal traitée. Il y a d’abord une ligne politique réformiste que l’on peut rapidement évacuer, qui consiste à dire que les policiers seraient des « travailleurs en uniforme », qu’il faudrait convaincre de nous rejoindre car « eux aussi, ils souffrent ». Il est vrai que le taux de suicide des policiers est extrêmement élevé (il reste cependant plus bas que celui des agriculteurs, par exemple). Qu’est-ce que cela nous apprend ? Cette profession est de plus en plus coupée de la vie du peuple. Les flics vivent entre eux, sortent entre eux, ne fréquentent plus que leurs collègues de travail, conscients de leur rôle social abject et de la juste haine qu’il provoque. Nous n’allons donc pas les plaindre, ni verser une larme sur les suicides de flics.

Croire qu’il est possible de travailler avec la police est une dangereuse illusion. Ce ne sont pas des camarades. Ni même des prolétaires. La police fait objectivement partie de l’encadrement du prolétariat : c’en est la partie la plus violente, qui apparaît historiquement non pas pour défendre la justice, mais pour protéger l’ordre dominant contre les rébellions. C’est le rôle des milices bourgeoises puis des différentes forces de maintien de l’ordre qui sont apparues dans l’Etat français, notamment sous Pétain (futurs CRS) et dans les colonies (futures BAC). Il n’y a rien à attendre de ces pourris qui ont participé avec enthousiasme à la déportation des Juifs, des Tsiganes et des communistes, qui ont massacré les colonisés comme en 1967 en Guadeloupe, qui ont noyé les Algériens, brisé les grèves, mutilé, tué, violé, et qui continuent à le faire.

La seconde position est une position opportuniste de gauche, dans sa variante anarchiste, consistant à faire de la police un ennemi principal. Elle apparait à première vue plus correcte que la précédente, mais cache des limites. On a souvent entendu des Gilets Jaunes dire que « la police on s’en fout, il faut viser le pouvoir ». C’est une position populaire qui exprime une idée juste. La police est effectivement un obstacle, un adversaire sur la route vers le pouvoir. Ce n’est pas en soi le principal ennemi des révolutionnaires. Elle personnalise l’ordre en place, c’est son rempart, mais il faut toujours être capable de voir à travers elle les cibles qui nous intéressent : les différentes composantes de la bourgeoisie. Se concentrer seulement sur une lutte « antipolice » ne peut pas permettre d’obtenir des victoires décisives dans la lutte de classe et à terme, la guerre de classe.

Nous comprenons la colère et la haine sans borne qui se développe contre les flics. C’est justement le travail des révolutionnaires d’organiser cette colère suivant un plan rationnel partant de la révolte spontanée des masses pour aboutir au renversement du système en place. La situation est à ce sujet excellente. Le mouvement des Gilets Jaunes a amené de grandes parties des masses populaires à se confronter à la police. Il y avait notamment parmi ces masses de nombreuses personnes qui ne subissaient pas les contrôles racistes au quotidien, qui ne participaient pas aux manifestations traditionnelles – bref, qui ne connaissaient ni la répression systématique du prolétariat (en partie issu des « ex »-colonies), ni la culture de « gauche » anti-police. Ceci est particulièrement vrai pour les prolétaires vivant dans les périphéries des métropoles, dans les pavillons et les villages dortoirs où domine la figure du gendarme qui ne s’occupe pas trop de politique. La dure répression du mouvement a conduit à montrer le vrai visage de la police : plus aucune personne en révolte ne sera épargnée, même si elle est blanche et qu’elle agite le drapeau tricolore, tandis que la violence systématique dans les quartiers continue.

La police tend d’ailleurs à s’autonomiser. Tous les indicateurs le montrent. L’IGPN et le gouvernement couvrent chaque crime policier sans même faire semblant de le condamner. Les critiques des instances internationales bourgeoises, pourtant très tolérantes avec le maintien de l’ordre dans leurs pays-membres, ne sont plus écoutées par les responsables politiques. Les pires attitudes de la police sont encouragées ou au moins tolérées. La bourgeoisie se sent en effet menacée, et le rapport de force entre la police et les donneurs d’ordre s’est inversé au profit de la flicaille.

Un exemple : deux syndicats représentant la majorité des policiers (Alliance et le SCPN) ont pu directement menacer le gouvernement et la justice. La raison de leur colère ? La simple perspective que la justice puisse sanctionner des crimes policiers. Ces syndicats peuvent donc se permettre ce qui serait considéré comme de la subversion dans un Etat de droit. Alliance parle dans un récent communiqué en termes très clairs : « si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… Et notre colère, personne ne pourra la contenir ». On parle bien d’une profession arrosée d’argent public, dont les membres rackettent sous prétexte d’outrages des personnes arrêtées, qui peut tout se permettre sans jamais être stoppée. Même des infractions aussi facilement contrôlables que l’absence de matricule, les insultes quotidiennes et les mensonges sont tolérés. En 2016 déjà des policiers masqués et armés manifestaient vers l’Elysée pour demander plus d’armes, plus d’argent. Et ce fut un succès. Ayant l’oreille du pouvoir, cette profession est la seule à obtenir des victoires syndicales… Mais qui vont toujours contre l’intérêt du peuple.

Car il s’agit par essence d’une profession parasitaire. Cela nous ramène à la question des suicides de policiers. Les flics ont de plus en plus conscience d’être des tiques posées sur le corps social. Ils n’empêchent ni les viols, ni le trafic de drogue, ni les meurtres. Pire, ils se rendent coupables de ces crimes. Leur vie ne vaut rien, leur activité est dénuée de sens, et ne profite qu’aux exploiteurs. D’où la dérive, la fuite en avant fasciste d’une police votant largement pour l’extrême droite (jusqu’à 40% selon les estimations lors des présidentielles). La police tend à s’autonomiser, à se politiser. Certains de ses membres et ex-membres vont jusqu’à rejoindre des groupes fascistes clandestins tels que l’Action des Forces Opérationnelles, inquiétant les services de renseignement. C’est une tendance de fond au fascisme. Rappelons que l’ex députée Marion Maréchal est aujourd’hui invitée à l’université d’été du principal syndicat patronal, le Medef – ce qui n’était jamais arrivé. L’autonomisation des forces de police s’inscrit dans cette tendance générée par la crise générale du système capitaliste.

Il est donc du devoir des révolutionnaires conséquents de mettre en lumière le rôle criminel de la police, d’informer et d’agiter autour de ses agissements, pour maintenir et accentuer une pression constante sur ses rangs et l’isoler toujours plus du peuple. Et cela, tout en gardant un cap clair, ne faisant pas de la police le seul ennemi mais une composante bien identifiée d’un ordre social intolérable dirigé par la classe bourgeoise dominante.

Flic, parasite, trouve toi un vrai métier !

Contre les ennemis du peuple, autodéfense populaire !

Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie II

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous continuons avec Sur le Parti. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Interview du Président Gonzalo par le Journal El Diario, Partie I

 

Nous republions une nouvelle traduction, revue et corrigée, de l’interview donnée par le Président Gonzalo au journal El Diario après 8 années de Guerre Populaire au Pérou. Cette interview est un texte didactique et très utile pour comprendre ce qu’est l’idéologie scientifique du prolétariat, le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous republierons tous les lundis une partie de ce texte sur notre site. Nous commençons par les Questions Idéologiques. Le texte complet est également disponible sur la Bibliothèque Marxiste.

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Battons-nous pour la solidarité de classe contre la répression !

La répression dans l’Etat français aujourd’hui

Après 6 mois de mouvement des Gilets Jaunes, l’appareil de répression de l’État bourgeois s’est considérablement étendu. Par des décrets et des lois, comme la loi « anti-casseurs », l’État a renforcé sa capacité à attaquer et emprisonner les masses vers un nouveau niveau. Toutes ces mesures sont en parallèle de la prétendue « reconquête républicaine » des banlieues, une formule qui cache un renforcement des équipes de la BAC et de la police en général dans les quartiers. Et pendant que les forces de l’ordre se victimisent, se plaignent du climat chaud dans les quartiers ou des arrêts de travail pendant les manifestations Gilets Jaunes, ce sont les masses populaires, les prolétaires, qui se prennent tout le poids de l’État bourgeois sur leur dos.

Comme Zineb Redouane, morte lors du premier week-end de décembre d’un tir de lacrymo à sa fenêtre. Comme les jeunes Adam et Fatih à Grenoble. Comme cet homme de Drancy, tué par une clé d’étranglement de la police alors que sa femme les avait appelé pour l’empêcher de prendre la route alcoolisé. Comme Adama Traoré, dont la famille lutte depuis des années pour la vérité. Comme les plus de 2000 blessés des manifestations Gilets Jaunes, et les presque 100 blessés graves, mutilés par la police pour s’être révoltés.

Et bien sûr, comme toutes celles et ceux qui subissent les arrestations, les contrôles, les interpellations sans raison, les pressions judiciaires et les jugements réactionnaires. Comme par exemple ce Gilet Jaune qui avait porté plainte au Mans, et qui se retrouve le 28 Mai en garde à vue pour avoir maintenu sa plainte contre les flics. Comme les lycéennes et lycéens de Mantes-la-Jolie, mis à terre les mains sur la tête et menacés par des policiers en armes, policiers qui ont été relaxés de tout mauvais comportement par l’IGPN. La même IGPN qui ferme en ce moment tous les dossiers contre les policiers ouverts depuis le début du mouvement de masse, en les classant sans suite.

Les masses répondent à la répression : solidarité de classe et autodéfense populaire contre la montée du fascisme

La répression n’est pas ignorée par les masses : par exemple à Clermont-Ferrand, deux jeunes Gilets Jaunes, Téo et Tristan, ont été condamnés à 1 an et 8 mois de prison, dont 10 avec sursis, et 18 mois de prison dont 10 avec sursis. Depuis leur arrestation et après cette condamnation, la solidarité s’est exprimée avec un mouvement réclamant leur libération, acclamé lors de la manifestation du 1er Mai à Clermont-Ferrand. Pour Téo et Tristan, comme pour des centaines d’autres, la solidarité de classe face à la répression de l’État bourgeois est une nécessité absolue que nous nous devons de porter ! Des événements sont organisés partout dans l’État français contre la répression, comme le concert de soutien qui aura lieu à Clermont-Ferrand le 29 juin pour les Gilets Jaunes.

Cette augmentation quantitative des violences de l’État bourgeois et de sa police montre bien la dynamique contemporaine du fascisme : la restructuration de l’État bourgeois face à la crise pour préparer un mode de gouvernement ouvertement dictatorial. Tout cela n’a pas besoin d’être mis en place par des fascistes, car les libéraux eux-mêmes, en tant que représentants de leur classe bourgeoise impérialiste, doivent serrer la vis et mettre les masses populaires au pas de peur que s’effondre leur pouvoir. Dans ce contexte, la crise dans l’État français s’accompagne d’une crise générale de l’impérialisme, et la bourgeoisie française essaie de se maintenir à flot en réprimant à l’intérieur, et en défendant farouchement ses marchés à l’extérieur, notamment en Afrique et dans ses colonies.

La répression policière prépare la violence révolutionnaire !

Pour les masses, la répression policière prépare la violence révolutionnaire. Car ce que ces 6 mois de lutte ont montré, ce que ces années de bataille contre l’augmentation des dispositifs de police et pour l’autodéfense contre leurs agressions ont montré, c’est qu’il n’y a pas de justice qui vaille en régime bourgeois. Aujourd’hui, l’État bourgeois pense stopper les cris de révolution et de révolte en les étouffant dans l’œuf, en arrêtant préventivement, en marquant, fichant, interpellant et surveillant.

Mais en faisant tout ça, il ne fait que créer les conditions où la nécessaire violence révolutionnaire apparaît clairement comme la seule solution viable pour gagner face à lui. Il accentue la situation de millions de prolétaires aujourd’hui dans laquelle, plutôt que d’être arrêté et condamné sans avoir rien fait, on se révolte réellement car on a rien d’autre à perdre qu’une vie de misère. Il pave la voie à la Guerre Populaire dans l’État français.